Contre la hausse, le ton monte

Héros de l’épopée rouge, sérigraphie H&C 2012

Plutôt que d’expliquer les motifs profonds de l’opposition à la hausse des frais de scolarité, la couverture médiatique du mouvement étudiant a tendance, jusqu’à maintenant du moins, à s’en tenir aux seuls rares débordements de l’action militante; c’est bien connu, quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage…

Il faut assurément préférer le dialogue à la violence et déplorer toutes les formes qu’elle peut prendre, qu’elle soit de nature militante, policière ou encore administrative, comme celle dont a fait preuve la direction du cégep du Vieux-Montréal en décrétant brutalement un lock-out suite au vote de la majorité des étudiants en faveur de la grève générale illimitée. Devenus personæ non gratæ dans leur propre collège, jetés à la rue parce qu’ils défendent une cause légitime, on peut comprendre l’action d’occupation entreprise alors par les étudiants en guise de réponse à cette provocation. Sans vouloir justifier les légers affrontements qui s’ensuivirent, on comprend néanmoins la grogne et la colère qui ont pu les motiver, surtout si on considère que le gouvernement ne demande rien de moins aux étudiants que de s’écraser et de se rendre à l’évidence, à savoir que le dossier de la hausse des frais de scolarité est clos pour de bon, qu’il a même toujours déjà été clos. Mais voilà, quand votre interlocuteur vous fait savoir qu’il avait d’avance mis fin à toutes discussions possibles et que de ce fait il s’estime en droit de bâillonner toute expression dissidente, il ne faudrait pas qu’il s’étonne trop qu’on puisse chercher à attirer son attention par d’autres moyens que ceux de la déférence qu’il vous refuse.  En page éditoriale du très sérieux journal Le Devoir on pouvait lire justement à cet effet que:

«La mobilisation étudiante qui prend forme au Québec autour d’une radicale hausse des droits n’a rien d’un caprice d’enfants-rois. L’appel à la grève générale illimitée n’est pas la reprise d’un classique pour abonnés au farniente. Il s’agit du seul moyen disponible pour ébranler un gouvernement acharné, intraitable et indifférent aux questions d’inégalités sociales.» Lire la suite ICI.

À défaut d’être écoutés, il se pourrait donc que les étudiants n’aient d’autre choix que celui de la grève pour au moins se faire entendre. Mais puisqu’il est question aujourd’hui de dénoncer la brutalité, la violence et le refus de dialoguer, que penser de cet autre coup de force, toujours en provenance de Québec:

«Le bureau de la sous-ministre à l’Éducation a envoyé une lettre aux directeurs des cégeps, rappelant les «droits et devoirs» des établissements et suggérant aux enseignants de continuer à «offrir la formation», même si les étudiants entament un mouvement de grève contre la hausse des droits de scolarité.» Le Devoir

Voyons ça, si vos professeurs devaient être forcés de continuer à «offrir la formation» en dépit de la grève votée par la majorité des étudiants, cela voudrait dire qu’ils trouveraient dans leurs classes des étudiants qui auraient décidé de ne pas respecter le résultat du vote, qui auraient donc forcé les lignes de piquetage dressées par la majorité en faveur de la grève, avec ce que cela peut entraîner de bousculades et de gestes disgracieux. Mais cela supposerait d’abord quelque chose de bien improbable, on imagine mal en effet vos professeurs acceptant de franchir de force ces éventuelles lignes de piquetage, comme s’il allait de soi que la relation pédagogique puisse impliquer un aussi ignoble grabuge. À moins que tout cela se déroule sous escorte policière. Bonjour l’ambiance!

Le député Jean-Martin Aussant, anciennement du PQ, a déposé hier à l’Assemblée une pétition contre la hausse des frais de scolarité. Pour signer la pétition, cliquez ICI.

BLx

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