Archives mensuelles : Mai 2012

Un oiseau contre la hausse

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Ce qui cherche à naître

Le Québec traverse à gué le fleuve de son destin et il hésite au beau milieu du cours d’eau. La moitié de la distance est parcourue et il serait de toute évidence plus pénible de faire demi-tour que de foncer, mais c’est dans ce moment même de l’hésitation à faire le pas le plus déterminant, celui qui décidera de la direction à prendre, que se trouve le plus haut niveau de difficulté. Nous y sommes.

Robert Laplante

La jeunesse étudiante a pris son Québec à bras-le-corps. Par dizaines de milliers, dans des manifestations, dans les interminables palabres à faire chauffer l’atmosphère des cafés, dans les gestes d’éclats et les heures de doute, ils ont commencé quelque chose qui les portera longtemps. À leur manière, dans leurs mots et avec les problèmes tels qu’ils les voient, ils ont entrepris dans un effort intensif de se rêver leur Québec. Il ne faut pas se leurrer, le débat sur les droits de scolarité les entraîne bien plus loin que ne le voudraient les idéologues du tout-au-marché et de l’éducation placement à haut rendement. Il faut s’en réjouir et continuer de les accompagner.

À l’heure où ces lignes sont écrites, rien n’est encore joué. La politique politicienne reste bien en deçà du registre où devraient se discuter les enjeux que porte cette jeunesse. Et en cela, le conflit est un véritable révélateur de l’état actuel de notre situation politique. Il n’y a pas plus assourdissant que le silence des élites en cette affaire. Les syndicats universitaires ne bougent guère, sinon du bout des lèvres, les cadres universitaires sont égaux à eux-mêmes, c’est-à-dire en dessous de tout, sauf peut-être de la morgue démissionnaire de la conférence des recteurs, les élites d’affaires restent engluées dans les lieux communs idéologiques qui leur font office de projet de société. Quant aux babillages médiatiques, ils ont été et restent médiocres, tout juste bons à distraire les navetteurs coincés dans les bouchons que la contestation empire…

Évidemment, les plus vieux, peut-être aussi les plus meurtris, ont déjà – peut-être depuis longtemps – commencé à s’attendre au pire. Les libéraux ont tant de fois démontré leur préférence pour la médiocrité. La culture du rabaissement de son peuple, de son arasement à l’insignifiance affairiste est si fortement ancrée dans sa représentation de nous-mêmes, qu’il y a toujours lieu de craindre non pas le pire, mais le plus moche. L’entêtement de ce gouvernement n’a rien à voir avec les finances publiques, c’est une manœuvre idéologique. Les uns pensent que Jean Charest se garde la possibilité de transformer l’affrontement en enjeu électoral, les autres y voient une diversion pour mieux brader les ressources naturelles et saccager l’héritage de la Révolution tranquille. D’autres encore le voient plutôt continuer son travail de sape de la cohésion nationale. D’autres enfin ne s’embarrassent guère de nuances et n’y voient qu’une trahison de plus, qu’une illustration supplémentaire du bri de loyauté de ce gouvernement et de ce parti à l’endroit de l’intérêt national. Au quizz de la veulerie, malheureusement, toutes ces réponses sont bonnes.

Le gouvernement de Jean Charest constitue l’ultime aboutissement de la politique post-référendaire. C’est le gouvernement de l’intériorisation des contraintes du régime, celui du consentement au ratatinement. Son recours à l’hyperbole et sa tendance malsaine à abuser du superlatif tout en brandissant les euphémismes le révèlent chaque jour davantage, le Parti libéral du Québec a franchi les seuils de l’impardonnable. Ce ne sont pas les pratiques de copinage, la corruption ou le laxisme qui sont ici les plus graves fautes. Ce parti n’a plus la moindre idée de ce que peut être l’intérêt national. Il n’a plus guère la moindre idée de ce que peut-être la fidélité à l’héritage et au sens de la continuité historique. C’est le parti de l’intérêt glouton. Il n’aura jamais si bien choisi son slogan, le Charest : le Plan Nord est bel et bien le projet d’une génération, le projet de cette cohorte de parvenus qui voudraient bien se goinfrer des acquis de sa propre génération, de celle-là même qui aurait dû se montrer à la hauteur des ambitions de celles qui l’ont porté jusqu’ici. La suite: L’Action nationale, 16/04/12

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La recherche fondamentale en péril

D’après des chercheurs reconnus, la hausse des frais de scolarité qui vient s’ajouter à la volonté de favoriser la recherche dite «utilitaire» et à retombées immédiates, tout cela risque d’entraver la recherche fondamentale.

«Dans une perspective de mise en place d’une société du savoir, la formation universitaire doit contribuer en premier lieu au développement de la société, plutôt que d’être perçue comme un mécanisme qui permet de favoriser le potentiel d’enrichissement financier individuel. C’est cette logique qui sous-tendrait, par exemple, une prise de position en faveur de la gratuité scolaire pour des études universitaires.

On pourrait ainsi mieux mettre l’accent sur la contribution sociale que sur l’intérêt individuel; et on permettrait à encore plus d’étudiants de choisir librement leurs domaines d’études, selon leur intérêt intellectuel, plutôt que de les encourager à choisir des domaines d’études selon un potentiel perceptible de la possibilité d’obtenir un travail payant. Pour les vocations scientifiques, encourager un libre choix des domaines d’études (sans contraintes de marché) est garant du développement d’une société riche culturellement. Par opposition, baser l’évolution du volet formation de notre système universitaire sur les lois du marché mène immanquablement à un appauvrissement de la culture scientifique fondamentale.» La suite: Le Devoir 7/05/12.

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Aux USA, les progressistes s’intéressent à la grève étudiante

Gabriel Nadeau-Dubois explique très bien, en anglais, les enjeux de la lutte étudiante au réseau progressiste américain Democracy NOW!

http://www.democracynow.org/embed/story/2012/5/7/on_strike_quebec_students_boycott_classes

Un reportage du réseau The Real News

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Le point tournant: « Un autre Québec est en marche »

Georges Leroux,  Professeur émérite, UQÀM

La politisation du conflit relatif aux frais de scolarité a franchi un nouveau cap avec la suggestion du ministre des finances d’en faire l’enjeu d’une prochaine élection. Non seulement cette suggestion est-elle irresponsable, en ce qu’elle déporte sine die le règlement du conflit, mais elle est également méprisante pour l’exercice même de la démocratie parlementaire et le devoir d’élaborer des consensus. Après avoir laissé pourrir le conflit jusqu’à un point de non retour, alors que toutes les solutions de règlement étaient disponibles dès le départ, y compris celle d’un moratoire et de la mise sur pied d’une commission sur le financement des universités qui sont évoquées après douze semaines d’inertie, le gouvernement a l’impudence de se réfugier derrière la mécanique électorale pour se dérober encore.

Où sont donc dans les cabinets de ces ministres les conseillers chargés d’évaluer l’application des politiques ? Qui peut encore avoir la mauvaise foi de blâmer le retrait des étudiants du forum de 2010, alors que le couloir de décision qui leur était prescrit leur interdisait de présenter leur conception de l’accessibilité et de formuler leurs demandes ? Dans le discours gouvernemental, rien n’est adressé aux étudiants selon le principe fondamental de la bonne volonté. Le think tank qui a décidé cette hausse, après l’avoir discutée en vase clos pendant dix ans, s’est aveuglé sur son interlocuteur, il en paie aujourd’hui lourdement le prix. La manœuvre de repli qui consiste à se laver les mains du désordre et à renvoyer la décision au choix des urnes ne fait illusion pour personne, même pour les économistes lucides appelés in extremis en renfort pour ajuster le couvercle sur une marmite qui bout un peu fort.

Il est pourtant clair que ce conflit n’est que l’épiphénomène de tout ce qui afflige une société qui marche actuellement sur l’abîme et lutte contre la dépression. Qui l’absorbe le plus durement, sinon les jeunes ? Qui se souvient des débats sur les clauses orphelines et qui parle encore de la précarité ? On ne se lève pas impunément tous les matins dans un pays dirigé par M. Harper et M. Charest. Les conséquences d’une double défaite référendaire commencent à peine d’apparaître, l’idée même de la liberté et de la souveraineté étant redécouverte, avec une ivresse dont la candeur émeut, par une génération qui n’était pas née lors de la crise d’Octobre, ni même un certain soir du printemps 1976. La vigueur d’un symbole, ce carré rouge superbement placé sur le mortier de diplômés dans une récente collation des grades, dit tout de ce que cette liberté attend de l’éducation et de la justice nécessaire pour y accéder.

La revendication étudiante a en effet entraîné au Québec une mobilisation sans précédent sur la plupart des enjeux sociaux, comme la justice sociale et la protection de l’environnement. Quelqu’un a-t-il pris la mesure de ce que signifient 300,000 personnes marchant vers le Mont-Royal pour y planter un arbre ? Cette mobilisation révèle aujourd’hui des clivages profonds, dont les lignes partagent deux conceptions opposées du bien commun : ceux qui favorisent un individualisme strict, aux yeux desquels l’éducation est un investissement individuel et une épreuve de sélection exigeant le paiement d’une juste part, et ceux qui favorisent une conception plus collective et égalitaire. Pour ces derniers, tous les motifs qui soulèvent actuellement la population contre un gouvernement corrompu et usé convergent dans le désir de vivre autrement ici et surtout de croire cela possible. Comment ne pas écouter cette demande ? Comment éviter de la traiter avec un paternalisme punitif et moralisateur ? De cet idéal qu’il est si facile de regarder avec mépris, on pouvait lire le résumé éloquent sur une bannière lors de la manifestation du 22 avril : « Un autre Québec est en marche ». Donnons à ceux qui ont le courage de l’envisager la chance de le penser. À défaut de l’avoir connu, comme nous ils l’auront au moins rêvé.

Si des élections ont lieu, c’est donc l’ensemble de ces questions qui doit être au cœur du choix des citoyens. Aux luttes étudiantes, la société doit aujourd’hui une prise de conscience aussi rare que nécessaire : accéder à la conscience que tous ces enjeux sont solidaires. La lutte contre l’exploitation incontrôlée des ressources naturelles, pour ne citer qu’un exemple, ne se comprend en effet que sur l’horizon d’une solidarité de toutes les causes citoyennes. La colère de la jeunesse est une libération pour tous ceux qui se sentent enfermés dans la fatalité des habitudes, ce ne sont pas des élections qui vont la calmer. Dans l’impasse actuelle, alors qu’il faut sauver la session de ces milliers d’étudiants, le premier devoir du gouvernement est d’entendre la revendication étudiante, de consentir comme tous les sages y invitent un moratoire pendant lequel une réflexion de fond pourra être menée en incluant tous les partenaires sociaux. Invités à la table, les étudiants examineront tout le dossier, y compris les récentes propositions de bonification des bourses et des prêts. Ceux qui se comportent en maîtres donneurs de leçon auront sans doute l’impression que quelque chose leur échappe, ils n’ont pas tort, une autre société est en marche.

Source: Profs contre la hausse

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France: Élection présidentielle

Victoire des socialistes, François Hollande remporte l’élection présidentielle

Incipit François Hollande.

Exit Nicolas Sarkozy. Bon débarras!

Vive la France!

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Une entente?

Sous toutes réserves, une version qui circule sur Twitter de l’entente intervenue entre les associations étudiantes et le gouvernement du Québec:

Cette entente ne semble pas être comprise de la même façon par les deux parties: tandis que les étudiants considèrent le gel temporaire des frais de scolarité comme un fait assuré (la hausse prévue étant annulée par la réduction des frais afférents), la ministre insiste plutôt sur le caractère hypothétique de cette baisse et le maintien intégral de la hausse annoncée.

La version étudiante de l’entente:

http://fr.video.canoe.tv/video/en-vedette/1623662664001

Explication Feuq-Fecq:

http://1625canepassepas.ca/2012/05/explication-de-loffre-gouvernementale-du-5-mai-2012/

Explication CLASSE:

http://www.bloquonslahausse.com/2012/05/resume-de-loffre-du-5-mai-2012/

La version ministérielle:

http://fr.video.canoe.tv/video/en-vedette/1623662664001#1623690216001

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Trois étudiants en colère

Trois étudiants en colère? Gabriel, Martine et Léo en 2012? Non, Jean-Pierre, Francine et Bruno en 1958! Un article d’Odile Tremblay paru dans Le Devoir, attire l’attention sur un documentaire de Jean-Claude Labrecque, L’histoire des trois:

«Le film nous replonge en 1958, avec de précieux documents d’archives et des interviews plus récentes à l’appui. Trois étudiants de l’Université de Montréal dans la vingtaine : Francine Laurendeau (notre ancienne critique de cinéma), Bruno Meloche (plus tard avocat) et Jean-Pierre Goyer (qui deviendra ministre sous Trudeau) avaient été mandatés par leur assemblée, au lendemain de grèves étudiantes dans les universités du Québec, pour livrer leurs griefs au premier ministre Maurice Duplessis. Ils réclamaient l’abolition des droits de scolarité afin de rendre l’enseignement supérieur accessible à tous. Transplantées dans la vieille rue Couillard durant trois mois, jour après jour, nos trois colombes allaient faire antichambre auprès du Chef, qui n’accepta jamais de les rencontrer. Faut dire qu’il regardait l’éducation de travers, Duplessis. Des Québécois instruits lui semblaient beaucoup moins malléables qu’un troupeau d’ignorants. « Pas de temps à perdre ! », disait-il en évinçant ces jeunots, toisés de haut. Jean Charest, qui envoya tant de fins de non-recevoir aux leaders étudiants, a de qui tenir…»

Pour voir le film: L’histoire des trois sur le site de l’ONF.

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Déclaration du 4 mai 2012

Appel à sortir du cirque et de l’encadrement du spectacle

Pendant que les médias québécois débattent de questions triviales – vote secret, indexation, position du PQ, « violence » – ce sont étrangement les journalistes étrangers qui semblent le mieux à même de saisir l’importance de la lutte que mènent les étudiant-e-s du Québec.

Selon le Guardian britannique : les étudiants du Québec sont « the most powerful challenge to neoliberalism on the continent» (le plus important défi pour le néolibéralisme du continent). Même Paris Match, le journal people français, s’interroge : « Le premier grand mouvement socio-écologique est-il en train de naître dans la Belle Province ? Rarement, en tout cas, revendications économiques, sociales et environnementales n’ont paru aussi imbriquées à une telle échelle et sur une telle durée. C’est sans doute l’un des aspects les plus novateurs de ce   « printemps érable » . Même si les chroniqueurs s’acharnent à faire passer le mouvement étudiant pour un mouvement particulariste, on doit constater que le printemps québécois, au même titre que le printemps arabe, est en lutte contre un système global et une élite détachée, mensongère et corrompue.

Que ce soit de la part des médias, du gouvernement et des soi-disant experts, nous avons affaire systématiquement à une entreprise de dépolitisation de la lutte étudiante. On ne veut pas, en effet, entendre la parole des étudiant-e-s, et l’on ramène toute l’affaire à une question procédurale et technique. Force est de constater que cette dépolitisation atteint un sommet lorsque par tous les moyens, le gouvernement oppose les droits prétendument individuels aux droits collectifs, alors que : l’individu ne peut exercer ses libertés que dans un monde commun et dans le cadre d’une communauté d’appartenance. Et deuxièmement, les droits confinés à l’individu accentuent l’isolement de cet individu et le réduisent à l’état de consommateur, lequel est par définition censé jouir de son acte solitaire. Jamais un individu seul ne peut faire société, c’est-à-dire agir politiquement dans et pour le commun.

À preuve, le pouvoir politique et médiatique impose une grille de lecture qui avance que la grève étudiante est un « boycott ».  La violence de l’État (matraquages, grenades, répression) se double d’une violence symbolique qui est d’autant plus pernicieuse qu’elle impose les cadres de pensée orwelliens avec lesquels il faut, selon elle, comprendre ce qui est en train d’arriver.  Alors que même le Guardian reconnaît que l’État ne cédera pas même un pouce sans qu’il y ait soulèvement populaire massif, nos propres journaux et télévisions déplorent le manque d’ordre et de sécurité. Mais le désordre n’est pas imposé par les étudiant-e-s : il est l’expression de la nature même du capitalisme financier, dont le modus operandi est la destruction du monde commun. Il est ainsi clair que la sécurité dont on nous rabat les oreilles est l’injonction de se taire et de s’adapter constamment à la fuite en avant d’un système qui ne répond plus qu’aux exigences de sa propre croissance infinie.

En ce moment où tous et toutes nous semblons perdre le contrôle et la mainmise sur ce qui advient de notre appartenance commune et de la maintenance de nos vies, il urgent de rappeler que la signification profonde du mouvement initié par les étudiant-e-s s’oppose à la fausse émancipation libérale qui pose la liberté personnelle comme seule réponse à la crise générale de la société. Cette pseudo-liberté est une fuite en avant vers la guerre de tous contre tous. Or, il n’y a véritablement de liberté individuelle que dans son incarnation et expression collectives. Ce que les étudiant-e-s expriment, c’est  le refus de la perte du monde commun. Les étudiant-e-s ont bien compris que le chantier de démolition qui tient lieu d’avenir qu’on leur offre est non seulement une insulte à l’intelligence, mais aussi une impasse de civilisation. Les étudiant-e-s n’ont rien à perdre que leurs dettes, ils ont un monde à se réapproprier.

Eric Martin, professeur, philosophie, Édouard-Montpetit
Benoît Coutu, chargé de cours, sociologie, UQAM
Nadine Lanouette, professeur, philosophie, Lionel-Groulx,
Maxime Ouellet, professeur associé, école des médias, UQAM
Jacques-Alexandre Mascotto, professeur associé, sociologie, UQAM

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L’École de la Montagne Rouge

Les membres du collectif l’École de la Montagne rouge dont la devise est hodie mihi, cras tibi

«Depuis le déclenchement de la grève, une poignée d’étudiants en design graphique de l’UQAM, inspirés par les affiches de Mai 68 et par les leçons du Black Mountain College des années 40, ont créé l’École de la Montagne rouge, un collectif subversif, créatif et bénévole qui a donné à la grève une étonnante signature visuelle.» Nathalie Petrowski, La Presse 5/5/12.

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Vendredi à Victoriaville

Nous avions l’impression d’être en guerre !

Louis-Philippe Blanchette

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Samedi: Bazar Festif pour les étudiants!

Grand Bazar Hommage à la persévérance étudiante, organisé par les professeurs du Cégep Marie-Victorin

Événement, Infos, Contacts: ICI

Touchés droit au cœur par la persévérance des étudiants affrontant une crise sans précédent dans l’histoire du Québec, les enseignants du Cegep Marie-Victorin, à Montréal, organisent un événement rassembleur inédit dont l’objectif est la création d’un fonds spécial de soutien à la vie étudiante.

Le Grand Bazar Hommage à la persévérance étudiante aura lieu le samedi 5 mai 2012, de 10 h à 16 h (En cas de pluie, l’événement est reporté au dimanche.), au cœur du Plateau Mont-Royal, sur la ruelle située entre la rue Laurier et le boulevard St-Joseph, à l’angle des rues Fabre et Garnier.

Sont conviés à ce grand happening festif, des gens de cœur, et de parole, unis par le même désir d’exprimer leur soutien moral et de donner leur appui aux étudiants qui persévèrent dans une lutte courageuse, depuis plus de douze semaines, pour une société plus juste et plus ouverte.

Une vente de débarras, de confiseries et de gourmandises maison, de bijoux engagés, se tiendra dans une ambiance conviviale. Musique, chiens chauds sur le grill… De tout pour tous, de 0,50$ à 1 625 $! Toutes les sommes recueillies seront remises au Syndicat des étudiants du Cegep Marie-Victorin.

Le Grand Bazar Hommage, on y participe de tout cœur, pour l’Avenir.

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Littérature en ligne : le cas énigmatique de l’hyperlittérature

Qu’est-ce que la littérature en ligne? La littérature en ligne réunit le concept de littérature, « les œuvres écrites, dans la mesure où elles portent la marque de préoccupations esthétiques. » (Dixel Dictionnaire), et le concept de publication en ligne, faisant étroitement référence à sa disponibilité sur le Web. À partir de cette définition, Oliver Gainon dresse une taxonomie en trois ramifications, illustrant que la littérature en ligne comporte :

«les œuvres imprimées sur papier, mais qui ne sont aujourd’hui accessibles que sur l’internet […], les œuvres dont la nature littéraire est traditionnelle (roman, essai, etc.) mais pour lesquelles le contenant n’est plus le papier […], et enfin les œuvres dont l’existence, la nature ou même la conception reposent sur une ou plusieurs caractéristiques du réseau : que ce soit l’interactivité, la dématérialisation, le caractère multimédia, etc. »(Gainon, 2001; p. 123)

Dans le cadre de ce court article, c’est précisément la troisième catégorie d’œuvres qui nous intéresse, car c’est au cœur de celle-ci que s’est forgé le concept d’hyperlittérature. Mais encore, qu’est-ce que l’hyperlittérature? Plus précisément au plan étymologique, le vocable hyperlittérature se compose du préfixe « hyper- », faisant certes référence à l’étymon grec Huper (au-dessus), mais qui, dans ce contexte, tire plutôt son inhérence du concept informatique nommé hypertexte : « Fonction permettant d’établir des liaisons entre les éléments (texte, image) de documents différents. » (Dixel Dictionnaire) À partir de ce préfixe apposé au substantif littérature, on voit naître le néologisme contemporain hyperlittérature, qui pourrait être défini d’un ordre générique comme une littérature parmi lesquelles gravite des liens hypertextuels hétéroclites.

Ces liens hypertextuels, se présentant dans un écrit et nous permettant de voyager d’un endroit à un autre sur le cyberespace, peuvent faire référence à plusieurs thématiques, desquelles peuvent surgir, par exemple, des liens vers les sources utilisées par l’auteur, une illustration visuelle de son idée, et cætera. Ce concept émergent permet ainsi d’enrichir et d’agrémenter le contenu d’un écrit littéraire avec plusieurs objets multimédias. En agissant en osmose avec l’échine du récit, lesdits objets multimédias permettent une grande flexibilité, voire une malléabilité, du produit final de l’œuvre réalisée par l’auteur, contribuant ainsi, dans certains cas, à la distorsion de la linéarité conventionnelle qu’offrent les récits littéraires dits classiques sur support analogique. Ladite éradication du concept de linéarité peut être illustrée avec l’aide d’une nouvelle création littéraire que l’hyperlittérature, dans l’univers interactionnel du Web 2.0, permet, c’est-à-dire une création littéraire hétérogène qui propose la collaboration de plusieurs auteurs sur un même écrit initial.

Afin d’illustrer ce concept de l’hyperlittérature par un exemple pragmatique, on vous suggère une explication appliquée à une situation fictive : un auteur X, conforme à ses lubies habituelles, décide de publier sur un site Wiki une histoire romanesque. Perturbé par une ellipse impertinente venant de l’auteur X, un auteur Y décide d’imaginer quelles auraient pu être les péripéties des protagonistes durant l’ellipse, et intègre un hyperlien à l’endroit même où l’ellipse se présente dans le texte de l’auteur X; on assiste alors, dans un contexte où plusieurs auteurs interviennent, que ce soit en amont ou en aval, sur un récit commun, à de l’hyperlittérature.

Ce concept rejoint également une idée semblable ayant pris son essor dans la littérature jeunesse au courant du XXe siècle, les «livres dont vous êtes le héros»;

«[La] notion d’hypertexte figurait déjà, avant le développement de l’internet, à une échelle évidemment moindre et avec des potentialités intrinsèquement limitées dans les « livres dont vous êtes le héros », dont le principe est d’être lu pas linéairement, mais en fonction d’un jeu d’embranchements et de choix renvoyant d’une page à l’autre […].» (Gainon, 2001; p. 130)

Bien que pour certains ce pan de l’hyperlittérature rejoint davantage un côté ludique de celle-ci, ces nouveaux styles de productions témoignent réellement d’un essor concret de la cyberculture. Parmi ces styles émergents prenant forme en symbiose avec les outils du Web 2.0, on compte la blogosphère, les sites Wikis, la musique construite en ligne, les expositions virtuelles, et cætera.

Par ailleurs, nous sommes également d’avis que l’opérationnalisation d’une littérature misant sur une stimulation active du spectateur est un reflet idoine de la société hypermoderne, où le paradigme préconisé tend vers une approche axée sur le divertissement, mais plus encore sur l’habitude des spectateurs à faire face à une stimulation constante. Afin d’expliquer plus clairement notre propos sur ce sujet, nous tenterons de l’expliciter à l’aide d’une analogie avec les œuvres cinématographiques actuelles; au XXIe siècle, tout se déroule vélocement, on peut même le constater avec la rapidité des changements de plans, d’angles de caméra, de champs/contrechamps et la présence des inlassables travellings que proposent la grande majorité des longs métrages présents dans nos salles de projection. On constate ainsi que le temps de quiétude, d’attente, voire de non-stimulation immédiate, a tendance à être radicalement élagué au profit d’une constante stimulation. Quel enfant peut, de nos jours, réellement prendre plaisir sans se fatiguer ou s’ennuyer devant une longue scène au cadre fixe digne d’un Chaplin?

Dans ce paradigme de la rapidité, où les jeux vidéo agissent également à titre de catalyseur dans cette ligne de pensée, on dirait que nous avons de plus en plus de difficulté à nous concentrer sur des passe-temps passifs, où la constante interactivité n’est plus au rendez-vous. En évitant l’écueil de sonner le tocsin prématurément, il nous semble que cette nouvelle méthode agressive pour accrocher l’attention des spectateurs se retrouve, en prémices, dans l’hyperlittérature; Ô horreur! Comment pourrais-je assumer de voir la littérature ainsi gangrenée? En lisant tranquillement mon Homère sous un tilleul, en prenant ici pour modèle Les Souffrances du jeune Werther de Goethe, croyez-moi, je ne veux pas de ces liens hypertextuels bizarroïdes! Mais, mes chers amis, en reprenant le bon mot d’Arthur Rimbaud : il faut et on se doit d’être absolument moderne!

Hugo Vaillancourt, étudiant au certificat en Archivistique : EBSI

Sources consultées :

Dacos, Marin et Pierre Mounier. 2010. L’édition électronique. Éditions La Découverte : Paris, 126 p.

Dixel Dictionnaire. 2010. Le Robert : Paris, 2100 p.

Fischer, Hervé. 2003. La planète hyper. Éditions vlb : Montréal, 304 p.

Gainon, Olivier. 2001. La littérature en ligne. In La publication en ligne, sous la dir. de Charlotte Nikitenko, Peter Stockinger et al., pp. 123-131. Mayenne (France) : Hermès Science Europe.

Patino, Bruno. 2008. Le devenir numérique de l’édition. La documentation française : Paris, 89 p.

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L’avenir leur appartient

Il n’y a qu’eux pour donner un sens à leur (notre) avenir. Maintenant 11 semaines que je suis le mouvement. Sur l’internet, dans les journaux, à la télé, au bureau, au supermarché, au café, dans l’autobus… dans la rue. Je suis troublée. Troublée par la beauté de ces jeunes, par autant de détermination de leur part. Par leur motivation, leur ténacité, leur courage et… leurs leaders si articulés. Ce sont des battants. Ils ne baissent pas les bras. Ils ont un objectif clair. Et ils l’atteindront. Toutes les caméras d’ici et du monde se tournent vers eux. Ils le méritent. Ils sont des exemples. Ils marchent en groupe, les coudes serrés. Ils me (nous) donnent des leçons. Des leçons de toutes sortes, mais surtout des leçons de vie.

Il y a 11 semaines, c’était moi qui leur donnais des leçons. Croyez-moi, ils en connaissent désormais plus que moi sur la vie, sur la manière d’envisager l’avenir. Le leur, mais aussi le nôtre. Car dans leur avenir, il y a le nôtre. N’est-ce pas? Ils sont nos enfants, notre relève, les partenaires de nos vieux jours. Avec eux, croyez-moi… on ne s’ennuiera pas!

J’ai beau creuser dans ma mémoire, de ma génération, je ne connais personne qui ait eu le courage d’autant de convictions. Avions-nous d’ailleurs des convictions? Peut-être aurions-nous dû nous poser la question. Et alors, nous lever, nous rassembler, nous mobiliser et… marcher en criant plus haut plus fort, pour que personne n’oublie que derrière nous, il y aurait nos (vos) enfants. Nous avons plutôt choisi de surfer sur ce que nous avions sans nous soucier ni du lendemain ni du voisin. Car dans cette bataille que livrent nos jeunes, il y a l’autre, le voisin. Celui qui marche avec eux, mais aussi celui qui est en classe alors que les autres manifestent pour ses droits également.

Je n’ai malheureusement pas eu la chance de mettre au monde des enfants. Si j’en avais eu, ce sont eux que j’aurais voulu avoir. Et depuis 11 semaines, je me plais à me dire que ces enfants, vos enfants, ceux-là mêmes qui se battent pour leur (notre) avenir, sont devenus les miens. Mais surtout que ce sont eux qui feront le monde de demain. Celui-là même dans lequel je (vous) vieillirai. Et croyez-moi, je n’ai aucune inquiétude à leur laisser la place qu’ils demandent et à leur donner les moyens qu’ils désirent pour mener à bien tous leurs projets les plus grands. Ils savent exprimer ce dont ils ont besoin pour arriver à leurs fins. Celles d’un monde meilleur pour eux et… pour nous!

Merci à vous de les avoir mis au monde et merci les jeunes d’être devenus ce que vous êtes.

Ne lâchez pas, nous sommes là.

Christine Levrot, enseignante, Cégep Marie-Victorin

Source: Journal Métro, 30/04/12

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Rhétorique de grève

Un article très intéressant paru dans Le Devoir se penche sur la «guerre des mots» dans le contexte de la grève étudiante, il en ressort ce que l’on sait depuis l’Antiquité et qui mérite de ne jamais être oublié, à savoir que la rhétorique est une arme redoutable qui confère un immense avantage à qui en a la maîtrise. En attestent l’éloquence et la force du verbe des leaders étudiants, tout comme la stratégie de communication du gouvernement.

La rhétorique est un art, une technique, qui enseigne comment user du langage de manière efficace. Elle apprend à mobiliser les ressources du langage pour produire des effets, dans le but de provoquer l’adhésion de l’auditeur. Mais indifférente à l’intention qui anime le discours, que celle-ci soit de dire la vérité ou de tromper, la rhétorique n’aura jamais qu’une fonction: persuader. L’appel senti à la justice, la démonstration objective de l’iniquité de la hausse des frais, c’est de la bonne rhétorique, mais suggérer à répétition que telle association encourage la violence ou le «50 cents par jour» de la ministre, c’est aussi de la bonne rhétorique.

C’est pourquoi la tradition philosophique, Platon en tête, enseigne qu’il est prudent de se méfier de la rhétorique; son rapport au langage n’étant pas exclusivement et résolument engagé dans la recherche de la vérité, elle est donc disponible pour qui veut déployer une logique de l’apparence: publicité, démagogie, et autres manipulations. Mais elle prêtera aussi main forte à qui voudra réfuter cette apparence. La rhétorique est ambigüe nous dit Platon, on la malmène alors qu’on ne peut s’en passer:

«N’aurions-nous pas, mon bon ami, maltraité la rhétorique un peu brutalement? Peut-être pourrait-elle nous dire: Qu’est-ce donc que vous débitez là? Vous êtes d’étranges raisonneurs. Je ne force personne à apprendre l’art de la parole sans connaître le vrai; mais, si mon avis a quelque valeur, qu’on s’assure d’abord la possession de la vérité, on viendra ensuite à moi; car j’affirme bien haut que sans moi on aura beau posséder la vérité, on n’en sera pas plus capable de persuader par les règles de l’art.» Platon, Phèdre, 260d.

BLx

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