«Mens-moi»: une expo à ne pas manquer!

Pour son 15è anniversaire, la galerie Art Mûr présente, sous le titre «Mens-moi», une formidable exposition; de quoi vraiment se consoler de la très décevante triennale du MAC. Tandis que la triennale donne l’impression de dissimuler à n’en plus finir la réalité sous une démarche conceptuelle, somme toute très académique, l’expo chez Art Mûr produit au contraire un effet de réalité qui surprend tout autant qu’il fait réfléchir, sans manquer de choquer parfois. Pour un aperçu, télécharger l’invitation en PDF ici.

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Filtres et algorithmes: danger!

Petit message reçu de Carolane Bilodeau: «Rester conscient» avec un lien vers la vidéo ci-dessous. Petit message, mais immense sujet qui rejoint la politique du web, politique de filtrage par laquelle des algorithmes sur Google et Facebook établissent sans même qu’on le sache ce qui est censé être «pertinent» pour chacun de nous. Sur la base des recherches que nous avons lancées sur Google, nous créons un «profil» pris en compte pour filtrer les résultats de toutes nos recherches futures. «Rester conscient», oui en effet.

Voir aussi Les filtres contrôlent le web. Les algorithmes contrôlent le monde.

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11/11/11

Journée du souvenir

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1625$ Ça ne passe pas!

1625$ Ça ne passe pas

Krishna va les aider à payer leurs frais de scolarité

On ne saurait mieux dire

Yes, indeed!

Karianne et Yasmine

Catherine et Sébastien

Jacynthe et Réjean, des anciens d’Histoire et Civilisation, toujours à l’avant-garde…

Jésus, c’est bien connu, a toujours été du côté des étudiants

Cela va sans dire (salut bro!)

Mais cette chair-là est triste

L’îlot Voyageur, un bel exemple de gestion des universités qui, à lui seul, justifie l’augmentation des frais de scolarité…

Début? D’un temps nouveau?

de construction massive

«Le fond de l’air est rouge», comme dirait Chris Marker

Hey! C’est JP!

Jean-Philippe (en movember, salut bro!)

Voilà Pascal (en movember, salut bro!) et Christiane

Jérémie (en movember, salut bro!)

Charles et toute une bande de Marie-Victorin

Cégep Marie-Victo(i)rin

Péripatéticien…

Petit rappel

But that flesh is sad

Au premier plan, une étude de Francis Bacon

Centre-ville

Point d’arrivée, devant les bureaux du Premier ministre Charest logés dans la tour de la Banque laurentienne (tiens donc)

Certains disent que ce n’est pas la fin et que l’hiver va être chaud…

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Êtes- vous un collaborateur ?

« Le collaborateur est atteint de cette maladie intellectuelle qu’on peut appeler l’historicité. L’histoire nous apprend en effet qu’un grand évènement collectif soulève, dès son apparition, des haines et des résistances, qui, pour êtres parfois fort belles, seront considérées plus tard comme inefficaces. » J-P Sartre, « Qu’est-ce qu’un collaborateur ? », Situations III, Paris, Gallimard, 1949, [1945], p. 52.

La collaboration en France, pendant la Deuxième guerre mondiale, est une problématique chère aux philosophes de l’époque. Si vous avez la chance de mettre la main sur le texte  »Qu’est-ce qu’un collaborateur ? » de Jean-Paul Sartre, je vous le suggère vivement. Mais pour l’instant …

Dans un contexte d’indignation générale (on pense au mouvement «Occupy»), et dans le contexte de la lutte contre la hausse des frais de scolarité qui sévit depuis plus d’un an maintenant, dont nous sommes tous victimes, je ne peux que remarquer l’incroyable désolidarisation entre les hommes, tous sexes confondus. Certes, ce n’est pas face à une guerre qu’on se retrouve… peut être est-ce pire ? Ce n’est pas des fusils qu’on pose sur nos tempes, mais peut-être que les gros banquiers et l’État prônant l’élitisme devrait commencer, pour nous dégrouiller un peu ?
Mais je m’écarte de mon sujet.

Sartre nous apprend comment certains hommes, pendant la guerre, ont pris pour acquis leur condition présente. Il ont pris pour acquis que l’Allemagne allait déferler sur la France. Même lorsque les Américains et les Russes sont arrivés, les collabos s’étaient tellement enfermés dans l’idée que les Allemands allaient vaincre, qu’ils ont pris cette « défense de la liberté » pour un obstacle à surmonter. Des Français, en France, ont pensés ainsi. Avant même que la guerre débute, leur idée était faite. Un collaborateur n’était pas nécessairement fasciste, mais certes, il devait adhérer à l’idéologie générale qu’est l’ordre qu’elle impose. Ainsi, avant la Guerre, la plupart des gens qui sont devenus collaborateurs étaient des gens qui, soit avaient une ambition sans scrupules d’adhérer à ce mouvement puissant qu’était le régime hitlérien, soit étaient-ils ardemment désireux de ne pas être quelconque en cette société égalitaire et démocratique. Enfin, ils prenaient pour acquis la victoire allemande, car le monde qui change pour un nouveau système, et qui, parce qu’il est le dernier phénomène historique, est bien le meilleur !  « Tout ce qui est est bien, et ce qui est bien c’est ce qui est. » (p.55)  Et c’est la force qui se pose à la base de ce qui est bien. Le collabo croit que la Résistance, c’est une bande gens qui s’attachent à un système mort, et qu’il est, lui, dans le droit chemin. Et sa motivation première, consciente pour quelques uns, mais inconsciente pour la plupart, ce ne peut être que la haine. La haine de lui en tant qu’homme, et ainsi, de l’humanité. Car sinon, comment approuvez un régime qui abolit les libertés d’autrui ? Qui restreint le droit de parole, l’expression de la liberté ? Selon Sartre, « l’avènement du fascisme correspond au suicide de l’humanité.  » (p.60)

Aujourd’hui

Le collaborateur est celui qui se dit qu’il doit payer ses impôts, que c’est dans l’ordre des choses de travailler, et que d’aller dans la rue est une perte de temps, car de toute façon, on ne l’écoute pas. Il fait ses études, paye le prix demandé, ne demande rien à personne, ne se renseigne sur rien, suit le courant du monde, et souhaite même probablement monter les échelons de l’entreprise qu’il sert assidument. Aujourd’hui, l’argent est ce qui le motive. Il sait que c’est ce qui témoignera de sa puissance aux yeux des autres. Il sait ainsi qu’il doit respecter ceux qui en possèdent plus que lui. Il doit donc suivre dans les pas de ces gens qui ont tant d’argent, peu importe leurs écarts de morale, ou peu importe comment ils opriment leur prochain.  »Ce n’est pas moi, ce n’est pas ma faute.  »

À jeudi, amis humanistes. À votre perte, larbins.

Jacynthe Fournier-Rémy

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Le diable dans les nuages?

Petite entrée rapide pour partager cette découverte: une fresque de Giotto en restauration dans laquelle on aurait découvert une figure du diable !

Carolane Bilodeau

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«Jaloux» au Ciné-Club

http://vimeo.com/19996249

Pour notre prochaine Ciné-Club, le cinéaste et monteur Patrick Demers nous présenter son tout premier film, « Jaloux », avec Sophie Cadieux, qui est sorti en salle en 2008. Le tout aura lieu le mercredi 9 novembre de 14h à 17h au E-310. Le futur aspirant cinéaste, le cinéphile chevronné et l’amateur de cinéma curieux sont conviés à venir assister avec nous à cet événement! Une fiche du film est disponible ici.

Au plaisir de vous y voir en grand nombre!

L’équipe du Ciné-Club du Cégep Marie-Victorin

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Promenade automnale

Faisceaux Lumineux

au centre ville

dans le cadre

de la (très décevante)

Triennale québécoise 2011 présentée au MAC

Drapeau syrien aux pieds du Mont Royal

Manifestation de soutien au président de la Syrie Bachar al-Assad (chacun a droit à son opinion, même les salauds…). Un avis contraire m’a été signifié par un chauffeur de taxi d’origine syrienne, un homme très distingué parlant très bien français, qui espérait plutôt qu’al-Assad crève comme Kadhafi.

Salut ! bois couronnés d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !

Salut, derniers beaux jours ! le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !
(Lamartine)

Salut! Petit écureuil noir!

La lumière

tombe vite en novembre.

Pas d’accord!

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Charia Hebdo

Les locaux parisiens de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo ont été détruits la nuit dernière par un incendie d’origine criminelle. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un acte de représailles perpétré par des extrémistes religieux réagissant à la dernière édition de la revue qui faisait de Mohamed son «rédacteur en chef spécial». Avec ce numéro l’équipe de Charlie Hebdo entendait marquer le coup en soulignant l’élection d’un gouvernement islamiste en Tunisie et l’annonce faite par le «gouvernement provisoire» en Libye de son intention d’instaurer la charia, la loi religieuse de l’Islam. Il y a là en effet matière à satire, n’est-ce pas? Le peuple tunisien, initiateur de «printemps arabe, épris de liberté, vient de porter au pouvoir un parti islamiste dont le programme prévoit la limitation de la liberté d’expression ( liberté dont l’exercice risquerait d’offenser le prophète) et la soumission des femmes! «Le «printemps arabe» n’aurait-il donc renversé les Ben Ali, Moubarak et Kadhafi que pour faire place à des régimes intégristes?», demande alors Jean-Claude Leclerc. Mais danger: qui se permettrait d’ironiser là-dessus court le risque de périr par le feu…

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Une histoire du monde en 100 objets

A History of the worl in 100 objects. Le British Museum, en collaboration avec la BBC, a monté une exposition accessible en ligne qui raconte l’histoire du monde en 100 objets. De la momie à la carte de crédit.

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Halloween

http://vimeo.com/31274591

Vu chez Alexander McQueen

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Lonely Boy

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Zizek: un philosophe occupe Wall street

La semaine dernière le philosophe d’origine slovène, Slavoj Zizek, s’est adressé à la foule des indignés installés à Zuccoti Park, les «99%», ceux-là qui, à New York, ont initié le mouvement «Occupy Wall street». Zizek a prononcé une harangue contre le capitalisme, signifié son appui à ceux qui le contestent, mais il a aussi lancé une mise en garde: «Il y a un danger. Ne tombez pas amoureux de vous-mêmes. Nous passons un bon moment ici. Mais rappelez-vous, les carnavals ne coûtent pas très cher. Ce qui compte, c’est le lendemain, lorsque nous serons tous retournés à nos vies quotidiennes. Est-ce que quelque chose aura changé ?» Voici l’intégralité de son discours, tel que traduit par Le Grand soir:

Ils disent que nous sommes des perdants, mais les véritables perdants sont là-bas à Wall Street. Ils ont été sauvés avec des milliards de notre argent. Ils nous appellent des socialistes, mais il y a toujours du socialisme pour les riches. Ils disent que nous ne respectons pas la propriété privée, mais lors de la crise financière de 2008, plus de propriété privée durement acquise a été détruite que tout ce que nous aurions pu détruire nous mêmes en nous y consacrant jour et nuit pendant des semaines. Ils disent que nous sommes des rêveurs. Mais les véritables rêveurs sont ceux qui pensent que les choses peuvent continuer ainsi indéfiniment. Nous ne sommes pas des rêveurs. Nous sommes en train de nous réveiller d’un rêve qui se transforme en cauchemar.

Nous ne détruisons rien. Nous ne faisons que constater comment le système se détruit lui-même. Nous connaissons tous cette scène classique dans les dessins animés. La chat arrive au bord d’un précipice mais continue de marcher, en ignorant qu’il n’y a rien en dessous. Ce n’est que lorsqu’il regarde vers le bas, et qu’il s’en rend compte, qu’il tombe. C’est ce qui nous arrive ici. Nous disons à ces types à Wall Street : « hé, regardez en bas ! »

Au milieu du mois d’avril 2011, le gouvernement chinois a interdit à la télé, au cinéma et dans les livres toutes les histoires qui parlent d’une réalité alternative ou de voyage dans le temps. C’est bon signe pour la Chine. Ces gens rêvent encore d’alternatives, alors il faut interdire ces rêves. Ici, nous n’avons pas besoin d’une prohibition parce que le système dirigeant a réprimé même notre capacité de rêver. Regardez ces films que nous voyons tout le temps. Il vous est facile d’imaginer la fin du monde. Une astéroïde détruit toute vie sur terre et ainsi de suite. Par contre, vous n’arrivez pas à imaginer la fin du capitalisme.

Alors que faisons-nous ici ? Laissez-moi vous raconter une merveilleuse vieille blague de l’époque communiste. Un Allemand de l’Est est envoyé travailler en Sibérie. Il sait que son courrier serait ouvert par les censeurs, alors il dit à ses amis : « Mettons-nous d’accord sur un code. Si ma lettre est rédigée à l’encre bleue, ce qu’elle raconte est vraie. Si elle est rédigée à l’encre rouge, elle est fausse. » Au bout d’un mois, ses amis reçoivent leur première lettre, écrite à l’encre bleue. La lettre dit ceci : « Tout est merveilleux ici. Les magasins sont pleins de bons produits. Les cinémas passent de bons films occidentaux. Les appartements sont grands et luxueux. La seule chose qui manque ici c’est l’encre rouge. » C’est ainsi que nous vivons. Nous avons toutes les libertés que nous voulons. Mais ce qui nous manque c’est l’encre rouge : le langage pour exprimer notre non-liberté. La manière que nous avons appris à parler de la liberté – la guerre contre le terrorisme et ainsi de suite – falsifie la liberté. Et c’est cela que vous êtes en train de faire ici. Vous nous donnez à tous de l’encre rouge.

Il y a un danger. Ne tombez pas amoureux de vous-mêmes. Nous passons un bon moment ici. Mais rappelez-vous, les carnavals ne coûtent pas très cher. Ce qui compte, c’est le lendemain, lorsque nous serons tous retournés à nos vies quotidiennes. Est-ce que quelque chose aura changé ? Je ne veux pas que vous-vous souveniez de ces journées comme, vous savez, du genre « Oh, nous étions jeunes et c’était merveilleux. » Souvenez-vous que notre message essentiel est « nous avons le droit de réfléchir aux alternatives. » Si la règle est brisée, nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes. Mais le chemin est long. Il a de véritables problèmes à résoudre. Nous savons ce que nous ne voulons pas. Mais que voulons-nous ? Quelle organisation sociale pourrait remplacer le capitalisme ? Quel genre de nouveaux dirigeants voulons-nous ?

Rappelez-vous : ce n’est pas la corruption ou la cupidité qui est le problème. C’est le système qui est le problème. C’est lui qui vous oblige à être corrompu. Méfiez-vous non seulement de vos ennemis, mais aussi de vos faux amis qui sont déjà à l’oeuvre pour diluer le processus en cours. De même qu’on vous offre du café sans caféine, de la bière sans alcool, de la crème glacée sans matière grasse, ils vont tenter de transformer ceci en une protestation inoffensive, morale. Une processus décaféiné. Mais la raison de notre présence ici est que nous en avons assez d’un monde où, pour recycler des cannettes de Coca, vous donnez quelques dollars à la charité, ou vous achetez un cappuccino à Starbucks où les 1% reversés à des enfants affamés du tiers-monde suffisent pour s’acheter une bonne conscience. Après avoir sous-traité le travail et la torture, et que nous sommes en train de sous-traiter nos vies amoureuses aux agences matrimoniales, nous avons sous-traité aussi notre engagement politique. Nous voulons le reprendre.

Nous ne sommes pas des Communistes si le communisme désigne un système qui s’est effondré en 1990. Rappelez-vous que ces communistes là sont aujourd’hui les capitalistes les plus efficaces et impitoyables. En Chine, il y a un capitalisme encore plus dynamique que votre capitalisme américain, et il n’a pas besoin de démocratie. Cela signifie que lorsque vous critiquez le capitalisme, ne cédez pas au chantage que vous seriez contre la démocratie. Le mariage entre démocratie et capitalisme est brisé Le changement est possible.

Qu’est-ce qui nous paraît possible, aujourd’hui ? Observez les médias. D’un côté, en matière de technologie et de sexualité, tout paraît possible. On peut aller sur la lune, devenir immortel grâce à la biogénétique, avoir du sexe avec n’importe qui et n’importe quoi. Mais regardez du côté de la société et de l’économie. Là, presque tout devient impossible. Vous voulez augmenter un peu les impôts pour les riches ? Ils vous répondent que c’est impossible, que nous perdrions notre compétitivité. Vous voulez plus d’argent pour la santé ? Ils répondent « impossible, cela nous entraînerait vers un état totalitaire. » Il y a quelque chose qui ne va pas dans le monde, où on nous promet l’immortalité mais où on vous interdit de dépenser plus pour la santé. Il faudrait peut-être redéfinir nos priorités. Nous ne voulons pas un meilleur niveau de vie, nous voulons une meilleure qualité de vie. Si nous sommes Communistes, c’est uniquement dans le sens que le peuple nous importe. Le peuple de la nature. Le peuple des privatisés par la propriété intellectuelle. Le peuple de la biogénétique. C’est pour cela, et uniquement pour cela, que nous devrions nous battre.

Le communisme a totalement échoué, mais les problèmes du peuple demeurent. Il nous disent que nous ne sommes pas des Américains. Mais il faut rappeler quelque chose à ces fondamentalistes conservateurs qui prétendent être les véritables Américains : qu’est-ce que Christianisme ? C’est le saint esprit. Qu’est-ce le saint esprit ? C’est une communauté égalitaire de croyants reliés par leur amour des uns pour les autres, et qui n’ont que leur liberté et leur responsabilité pour y parvenir. Dans ce sens, le saint esprit est présent ici. Et là-bas à Wall Street, ce sont des païens qui vénèrent leurs idoles blasphématoires.

Il vous suffit d’avoir de la patience. La seule chose que je crains, c’est qu’un jour nous rentrions tous chez nous pour nous réunir ensuite une fois par an, pour boire des bières et pour nous remémorer avec nostalgie « ah, quel bon moment nous avons passé là-bas ». Promettez-vous que ça ne sera pas le cas. Nous savons que souvent les gens désirent quelque chose sans vraiment le vouloir. N’ayez pas peur de vraiment vouloir ce que vous désirez.

Merci beaucoup.

Slavoj Žižek

Pour la version originale en anglais ainsi que plusieurs photos: Impose Magazine.

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Non à l’Impact: la lutte continue!

Le mercredi 26 octobre, devant le bureau de comté de la députée de Bourassa-Sauvé, Line Beauchamp Ministre de l’éducation du sport et du loisir, professeurs et étudiants du Cégep Marie-Victorin ont de nouveau manifesté leur opposition au projet de «partenariat» entre le cégep, institution publique qui poursuit une mission éducative, et le club de soccer l’Impact, entreprise privée qui poursuit son seul profit. Véritable marché de dupes en PPP où le cégep, bien public, cèderait à l’entreprise privée la quasi totalité de ses terrains en échange d’une seule bâtisse. Ce qui, à toutes fins utiles, viendrait sceller toutes possibilités de développement futurs pour le cégep, en plus de priver la communauté de Montréal nord de précieuses installations sportives, nos terrains offerts aux diverses organisations sportives publiques. Engager notre collège dans une telle transaction équivaut à dévoyer sa mission première: éduquer et servir le public qui en est le seul propriétaire légitime. Il faut donc s’opposer à ce projet, rendons-nous en grand nombre au conseil d’administration le 9 novembre!

BLx

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Jean Charest: «désastre moral»!

Jean-Claude Leclerc, journaliste émérite responsable au journal Le Devoir de la chronique «Éthique et Religion» et professeur en Journalisme à l’Université de Montréal, observe et analyse depuis plusieurs décennies la scène politique du Québec. Il en a donc vu des premiers ministres à l’oeuvre et, concernant Jean Charest, son jugement est sans appel: «Rarement a-t-on vu pareil cynisme d’un chef politique». À lire:

«Rarement au Québec un chef de gouvernement a-t-il fait montre, comme Jean Charest, d’autant de cynisme envers les institutions — y compris la justice — et les fournisseurs de l’État, voire son propre groupe politique. Chose non moins inquiétante, parmi ses mandarins, nul ne s’est opposé, quitte à démissionner, au simulacre d’enquête qu’il a jeté en pâture au peuple. Que reste-t-il donc, en haut lieu, de la conscience professionnelle, du respect du public et du souci de la réputation du Québec?

Quels conseillers, en effet, ont pris part à l’élaboration et à la validation du décret 1029 créant la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction? Fourberie, incompétence, pleutrerie? Comment a-t-on pensé leurrer les gens en inventant une formule qui, sous prétexte d’«enquêtes policières», n’allait ni blanchir les maires et entrepreneurs honnêtes ni démasquer les profiteurs des «stratagèmes» appréhendés?

Cour supérieure, Barreau du Québec, services de police ont failli tomber dans le piège. Mains juges n’ont pas été, il est vrai, dupes de la manoeuvre, mais leur devoir de réserve les empêchait de la fustiger. Heureusement, juge retraitée de la Cour d’appel, Louise Otis était libre de débusquer cette commission «sur mesure». Elle l’a fait en termes clairs, à l’honneur de la magistrature.

«Si on m’avait donné le décret 1029, a-t-elle commenté, j’aurais tout de suite dit « mais ce n’est pas une commission d’enquête! ». Les deux tiers des pouvoirs de la Loi sur les commissions d’enquête ont été émasculés.» Elle n’aurait pas présidé un «comité de recherche des faits». Car, dit-elle, il lui aurait été impossible d’accomplir la mission que les Québécois auraient attendue d’elle: «connaître le système qu’on dénonce et savoir s’il y a moyen de le démanteler».

Certes, devant l’ampleur de la crise, le juge en chef, François Rolland, et sa collègue, France Charbonneau, ont pu céder au plan du gouvernement, qui prétendait ajouter aux moyens d’y remédier. Le même jour, le bâtonnier, Louis Masson, dans un premier commentaire, s’était lui aussi laissé entraîner dans la logique «complexe» choisie par le chef du gouvernement. Il fallait, a-t-on cru, mettre en oeuvre «un ensemble de moyens».

«La commission d’enquête annoncée aujourd’hui, a d’abord déclaré Me Louis Masson, est l’un de ces moyens, mais il faut aussi compter sur le travail policier, sur de possibles révisions d’instrument juridiques, si ceux-ci s’avèrent nécessaires et sur la formation et la rétention des expertises dans le secteur public. Il n’y a pas de solution miracle, ajoutait-il. Éradiquer la collusion et la corruption demande la collaboration de tous.»

Or, deux jours après, le comité exécutif du Barreau rectifiait le tir.

«Au terme de notre première analyse, explique désormais son bâtonnier, nous ne pouvons avaliser complètement cette commission, puisque trop de questions demeurent en suspens. Le gouvernement a fait un pas important en acceptant de créer une commission d’enquête, il doit maintenant lui donner les moyens d’atteindre les résultats visés.» Ces précautions oratoires formulées, l’ordre des avocats attaque la principale mesure du décret 1029.

Il exprime de «vives inquiétudes» sur le fait que «cette commission ne puisse accorder d’immunités et qu’en conséquence, elle ne puisse contraindre à témoigner». Son communiqué en donne la raison: «Pour que les témoins n’aient pas peur de s’y présenter et de dire la vérité, il faut être en mesure de les contraindre à témoigner.» Qu’un premier ministre et un titulaire de la justice, avocats de surcroît, aient méconnu cette évidence en dit long sur la piètre conception qu’ils ont de leurs responsabilités.

La suspicion

Après avoir été contredit par la communauté juridique, puis par des organismes policiers, et avoir vu sa commission «sur mesure» rejetée par l’opinion publique, le chef libéral aura trouvé un ultime expédient. Devant 2000 congressistes libéraux auxquels lui-même et tout l’appareil du parti avaient invoqué l’empêchement juridique, le premier ministre promettait d’accorder à la commissaire France Charbonneau les pouvoirs qu’il lui interdisait la veille.

Ce développement aura été accueilli avec soulagement chez les militants libéraux. Mais entre-temps la suspicion du public à l’endroit du PLQ s’est répandue, tout comme s’est alourdie l’humiliation des maires, entrepreneurs, fonctionnaires, ingénieurs et autres professionnels, globalement suspects de complaisance ou de complicité avec des profiteurs aux moeurs mafieuses.

Ce désastre moral n’épargne presque aucun milieu, et de moins en moins d’institutions. Qu’un leadership aussi usé en soit à préparer des élections — plutôt que de laisser à d’autres Québécois la direction du gouvernement — dépasse l’entendement. Les libéraux ne comprennent-ils pas la réprobation sans appel, rarement vue au Québec, que les sondages laissent prévoir? Le PLQ craignait, dit-on, une enquête qui risquait d’entraîner sa disparition. Son sort paraît pourtant déjà scellé, avant même que la commission n’ait commencé.

Pire, le cabinet Charest a tellement laissé pourrir les choses qu’aucun autre parti politique n’est jugé capable, semble-t-il, de faire le nettoyage qui s’impose. La perte de confiance, en effet, n’épargne ni le Parti québécois, hier une équipe de gouvernement, ni Pauline Marois, sa chef. Quant au prochain parti censé naître de la Coalition pour l’avenir du Québec, en tête dans les sondages, il est loin encore d’obtenir l’appui d’une majorité.

Voilà le genre de crise qu’une société démocratique ne peut pas résoudre, sauf par des moyens exceptionnels. Ce remède ultime et douloureux, que la classe politicienne s’en accommode ou pas, porte un nom: commission d’enquête publique.»

Jean-Claude Leclerc, Le Devoir, le lundi 24 octobre 2011

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