Charia Hebdo

Les locaux parisiens de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo ont été détruits la nuit dernière par un incendie d’origine criminelle. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un acte de représailles perpétré par des extrémistes religieux réagissant à la dernière édition de la revue qui faisait de Mohamed son «rédacteur en chef spécial». Avec ce numéro l’équipe de Charlie Hebdo entendait marquer le coup en soulignant l’élection d’un gouvernement islamiste en Tunisie et l’annonce faite par le «gouvernement provisoire» en Libye de son intention d’instaurer la charia, la loi religieuse de l’Islam. Il y a là en effet matière à satire, n’est-ce pas? Le peuple tunisien, initiateur de «printemps arabe, épris de liberté, vient de porter au pouvoir un parti islamiste dont le programme prévoit la limitation de la liberté d’expression ( liberté dont l’exercice risquerait d’offenser le prophète) et la soumission des femmes! «Le «printemps arabe» n’aurait-il donc renversé les Ben Ali, Moubarak et Kadhafi que pour faire place à des régimes intégristes?», demande alors Jean-Claude Leclerc. Mais danger: qui se permettrait d’ironiser là-dessus court le risque de périr par le feu…

BLx

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2 Commentaires

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2 réponses à “Charia Hebdo

  1. Jacynthe

    je lisais un article sur un site arabe qui racontait que 42 des 49 femmes du parti Enhadha avait été élues, alors que 7 femmes dans tous les autres partis confondus ont été élues, ce qui fait que le parlement tunisien compte 22.5% de femmes, alors qu’en france, on compte seulement 18% de femmes au parlement. Ceci dit, j’y vois évidemment un sophisme, de nombreuses conditions peuvent faire que seulement 7 femmes ont été élues dans les partis plus libéraux, dont le fait que seulement 7 se sont présentées peut être ? etc, etc. Néanmoins, sur 90 ? 42 femmes ? Je sais pas c’est quoi leur problème…. C’est suréaliste. Mais je vois tant de gens agiter le drapeau de l’islamisme et de la charia, c’est un parti modéré quand même… spa comme ce qui s’est passé en Iran… On peut juste dire  »on verra », et certainement, critiquer de notre regard extérieur à travers la caricature. Je lisais autre chose sur ce site, le fait que bcp de musulmans sont outrés du traitement de l’islamophobie par rapport à l’antisémitisme. Je serais évidemment d’accord avec eux. Mais encore là, ce n’est pas une raison pour s’attaquer par la violence à un moyen d’expression. Le peuple arabe est l’un des peuples traités les plus injustement de la planète, les plaies sur 11 septembre saignent encore, et tout ça à cause de quelques imbéciles, et à cause de quelques imbéciles qui ont continuer sur ce chemin depuis 2001. Moi jaimerais bien que le monde tourne leurs yeux vers les États-unis et voit la grosse bande de mongoles qu’ils sont, religieusement je veux dire. 🙂 Plusieurs sont autant à blâmer que les islamistes radicaux, mais eux, ils ont le pouvoir… cest ridiiiiiiiicule.

  2. Déreck

    L’élection du parti Enhadha peut sembler catastrophique, absurde après des milliers de morts dans une guerre contre la dictature. Cependant, elle est l’indice qui démontre un changement nouveau dans le Volksgeist tunisien. Une révolution des mentalités s’est produite, voyons d’abord ce que cache un parti islamiste, avant de démontrer de quelle façon il représente l’évolution vers une démocratie saine.

    Ce parti peut bien sembler modéré, mais l’Histoire nous dit que les islamistes, avant d’avoir le pouvoir, paraissent plus socialistes que les partis démocrates ou même que l’extrême-gauche. Ils vont être d’accord avec le choix des femmes de porter le voile ou pas, (bien que ce soit peut être poussé par la culture islamique, donc il pourrait bien être une obligation cachée), ils vont souhaiter l’égalité entre tous, etc. Par contre, dès qu’on leur laisse une petite part, ils veulent tout le gâteau. On me parle d’un homme qui aurait dit à un syndicaliste de gauche qu’il souhaitait créer un parti « musulman-laïc ». Bon départ pour atteindre le coeur d’une multitude de gens, mais ce type de comportement a mené autrefois à un trop grand pouvoir de l’islam sur la politique. On leur permet de prier à leurs heures, ils vont vouloir que tout le monde prie. Ainsi de suite. Donc, le parti Enhadha peut bien dire qu’il est modéré, ça ne veut pas dire que ses intentions le sont.
    D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que la population s’est levée dès lendemain du scrutin (avec une participation historique de 90% de la population). Le parti a gagné plus de siège que les autres mais il reste très minoritaire. La population s’est déplacé pour leur rappeler que bien qu’ils soient au sommet de la pyramide hiérarchique, ils doivent faire attention à ce qu’ils font parce que le peuple les surveille. Donc, pas de débordement possible du côté de l’islamisme!

    Ensuite, il existe une analyse possible de l’élection d’un parti islamiste ou de la mise en place de la charia après une révolution contre un dictateur. Pendant le règne de Ben Ali et de Khadafi, les structures politiques étaient très faibles. Sans liberté d’expression, difficile de parler de socialisme, par exemple. Donc les organisations syndicales et/ou politiques sont quasi-inexistantes, faibles et pas très organisées. Toute cette place aux discours de développement et aux débats sur les grandes questions sociétales se retrouvent majoritairement à un endroit : la Mosquée. Bien sûr que la totalité de la population tunisienne n’est pas intégriste, ou même pratiquante. Le scrutin le démontre : la majorité a voté en faveur d’un état laïc. La structure la mieux organisée – parce qu’elle existe depuis des siècles – et la plus souvent écoutée – on va à la Mosquée plusieurs fois par semaine, reste le religieux. Pour la première fois dans la démocratie, le parti a bénéficié de toute cette visibilité indirecte.
    La situation est semblable en Lybie. Ce pays part de loin : il n’a aucune structure politique, ni de structure judiciaire. Dans ce chaos total, ils ont décidé d’implanter un système que tous connaissent. C’est la charia. Bien que ce soit un recul comparativement aux possibilités du temps de Khadafi, c’est le peuple qui a décidé de le mettre en place. J’ose croire que c’est pour avoir une base de départ et une route vers une meilleure gestion d’un État qui a tout à construire. Les femmes surtout devront prendre leur place dans ce nouveau système.

    En Tunisie, la victoire du parti Enhadha est la prémisce à la construction d’une structure politique riche. Les autres partis devront se rassembler, trouver des moyens d’atteindre une plateforme de visibilité grandissante, faire voir ce dont ils sont capables. Nous sommes à la naissance d’une santé démocratique saine. Le peuple surveille les moindres faits et gestes du parti minoritaire, en construisant de meilleurs choix.

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