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Boris Ignatovich
At an input in the Hermitage, 1930
Boris Ignatovich (1899-19760), étonnant photographe soviétique.
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Sutra
Antony Gormley, le sculpteur génial, a collaboré au spectacle de danse Sutra du chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui présenté à Londres en 2008. Les danseurs sont des moines bouddhistes qui viennent du Monastère Shaolin en Chine fondé en 495. Le terme «Shaolin» désigne à la fois le lieu et un style de Kung Fu chinois. «Shaolin», là où la dévotion religieuse se conjugue à un art martial.
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Que lit Stephen Harper?
Rien? Rien multiplié par cent! Et pour preuve le fait que Stephen Harper n’a répondu à aucune des cent lettres que lui a envoyées l’écrivain Yann Martel, le célèbre auteur de Histoire de Pi, chacune de ces lettres était accompagnée d’un livre, suggestions de lecture faites avec déférence au Premier ministre du Canada. Cette idée est venue à Yann Martel le 28 mars 2007 lors de la motion de reconnaissance à la Chambre des Communes à Ottawa pour souligner le cinquantième anniversaire du Conseil des arts du Canada, or Stephen Harper n’a pas daigné prendre la parole à cette occasion, il ne s’est même pas donné la peine de saluer les 50 artistes invités pour la célébration. D’où le projet de Yann Martel:
«Qui est cet homme? Qu’est-ce qui le mobilise? Il ne fait aucun doute qu’il est occupé. Aucun doute que cette activité débordante est porteuse pour lui de grandes illusions. Aucun doute que d’être Premier ministre accapare toute son attention et mousse à son comble son sens de l’importance de son activité. Aucun doute qu’il a l’air et qu’il gouverne comme quelqu’un qui se préoccupe peu ou prou des arts.
Mais il doit bien avoir des moments de quiétude. Alors voici ce que je propose: non pas de l’instruire—ce serait arrogant—mais moins que ça, de faire des suggestions à sa quiétude.
Tant que Stephen Harper sera Premier ministre du Canada, je promets de lui envoyer par la poste, un lundi matin tous les quinze jours, un livre réputé faire épanouir la quiétude. Ce livre sera dédicacé et accompagné d’une lettre que j’aurai écrite. Je ferai fidèlement rapport, sur le site www.quelitstephenharper.ca , de chacun des livres, de chaque dédicace, de chaque lettre, et de toute réponse que je pourrais recevoir du Premier ministre.»
Mais Stephen Harper n’a jamais répondu à ces envois, pire encore, il n’a pas même une seule fois personnellement accusé réception! Alors, le 30 janvier Yann Martel a décidé de mettre fin à cette correspondance à sens unique. Avec quel livre a-t-il pris congé du Premier ministre? Livre Numéro 100: Incendies de Wajdi Mouawad.
Extrait de la lettre manuscrite que Yann Martel a fait parvenir à Stephen Harper le 17 septembre 2007 depuis la ville de Oswiecim en Pologne, ville mieux connue sous son nom allemand: AUSCHWITZ. «Ce qui se trouve aussi à expliquer le choix de l’œuvre que je vous envoie: le roman illustré intitulé MAUS, de ART SPIEGELMAN. Ne vous laissez pas distraire par les apparences. Ce livre de bandes dessinées est de la vraie littérature.» Livre Numéro 12: Maus de Art Spiegelman.
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Le Portrait de Dorian Gray
Oscar Wilde était un auteur intense qui, pourrait-on dire, en est mort très jeune. Il est né en octobre 1854 à Dublin de parents plutôt intellectuels qui ont encouragé leur fils à développer diverses aptitudes très jeune, dont la connaissance du français. Après son fructueux passage à l’Université, il part pour Londres ou il s’intègre dans les cercles culturels et sociaux les plus réputés. Il était connu pour son affiliation à la philosophie montante de « l’aestheticism » qu’il tentait d’inclure dans plusieurs ouvrages de nature variée, des poèmes, des essais, des articles. Il devint rapidement une des personnalités les plus connues de son temps. On le connaissait aussi pour son conversation pétillante et son style flamboyant. Au tournant des années 1890, il a redéfini l’idée qu’il se faisait de la suprématie des arts dans son oeuvre Le Portrait de Dorian Gray, roman dans lequel on retrouve des thèmes choc. Il se lance ensuite dans le drame et écrit Salome en français alors qu’il se trouve à Paris. L’oeuvre fut refusée, mais Wilde ne se laissa pas déstabiliser et persista dans l’écriture théâtrale qui lui valut de devenir un des auteurs les plus appréciés du Londres victorien. Au plus haut de sa gloire, Wilde, parce qu’il l’accuse de grossière indécence, poursuit le marquis de Queensberry, le père de son amant lord Alfred Douglas, pour diffamation et s’engage dans une série de procès ruineux… Il sera emprisonné pour deux ans et forcé aux travaux lourds. Derrière les barreaux, il écrit De Profundis. À sa sortie, il part immédiatement pour la France et ne retournera jamais ni en Irlande, ni en Angleterre. Il écrit sa dernière oeuvre à Paris, The ballad of reading Gaol, et y meurt en 1900 à l’âge de 46 ans, complètement oublié…
L’œuvre la plus connue d’Oscar Wilde est Le Portrait de Dorian Gray, ce roman dont l’intrigue et le style m’ont constamment fait attendre la prochaine page, et qui fût d’ailleurs le seul jamais écrit par Wilde, a été mis sur mon chemin tout à fait par hasard; un inconnu me l’a donné dans un autobus. Je dois avouer que j’ai mis un certain temps avant d’y consacrer mon attention et, même une fois la lecture abordée, je ne savais que penser du récit qui s’installait. Mais cette étrange volonté de découvrir ce cadeau inattendu m’a toutefois menée à explorer l’univers beau et monstrueux de l’histoire de Dorian Gray. Vous avez probablement déjà tous entendu ceci : «Fais attention à ce que tu souhaites, cela pourrait se réaliser». Ce livre est l’illustration parfaite de cette idée ; un jeune homme séducteur, riche et mondain devient, malgré lui, l’inspiration artistique d’un peintre plus ou moins accompli qui voit ses tableaux s’illuminer lorsqu’il peint son indispensable modèle. Le portrait de Gray devient un projet tellement personnel et émotif aux yeux de l’artiste que celui-ci en refuse l’exposition malgré qu’il soit conscient qu’il s’agit de l’oeuvre de sa vie. Lord Henry, un ami de l’artiste, est tellement enthousiaste devant la réussite de l’artiste tandis que Dorian Gray s’apitoie à l’idée que cette image alors resplendissante qu’il voit de lui-même restera intact à travers le temps alors que lui vieillira et s’enlaidira. C’est alors qu’il formule le souhait que ce tableau qui le représente reçoive à sa place les marques de la déchéance. Je ne veux pas vous en révéler bien davantage parce que je veux réserver le plaisir de la découverte à ceux qui vont oser s’ouvrir aux images horribles et merveilleuses du roman. Vous pouvez déjà vous imaginer ce que subira cette image, de même que le pouvoir que la réalisation de ce souhait donnera au jeune Dorian Gray. Le récit, tout d’abord publié en 1890, puis en 1891 avec des chapitres supplémentaires et une préface, a été reçu comme immoral et obscène dans une société Londonienne à propos de laquelle Wilde émet quelques commentaires. Celui-ci est pourtant on ne peut plus moral, peu importe celle que l’on veut en dégager. Le nom du personnage qui est en soi un paradoxe, Dorian qui se rapporte à l’adjectif « dorien » pour apollon et la lumière et Gray pour « gris », reflète bien le style du livre qui est construit presque entièrement sur des jeux de contraire. Il ne me reste plus qu’à me demander si la personne qui m’a légué Le Portrait de Dorian Gray voulait me lancer un message ou simplement transmettre à quelqu’un d’autre un livre trop peu connu…
Carolane Bilodeau
P.S. J’en avais aucune idée mais une adaptation cinématographique récente a été faite, en voici la bande-annonce :
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Zombie boy
Voici Rick Genest, alias Zombie boy, un gars de Montréal qu’il m’a été donné de croiser à plusieurs reprises et dont j’ai souvent parlé. On se demandait alors comment pouvait-on, ainsi tatoué, s’insérer dans la société, gagner sa vie, etc. Voici la réponse: défiler comme mannequin pour Thierry Mugler.
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Le judo, la voie vers la souplesse
Le judo demeure un art martial très récent dans l’histoire du sport comparé à la natation qui elle fut pratiquée en Mésopotamie dès l’Antiquité. En effet, ce ne fut qu’en 1882 que pour la première fois le judo fit son apparition au Japon. Jigoro Kano, le père fondateur de la voie vers la souplesse (traduction française du judo), l’utilisa comme technique militaire. Ce n’est que quelques années plus tard que ce sport fut pratiqué comme une activité amicale, mais très compétitive. Le principe de cet art martial consiste à utiliser, avec des mouvements souples et dans un bon temps d’exécution, la force de notre adversaire. Aucun coup n’est donné dans la pratique de ce sport, c’est le contrôle du partenaire grâce à des projections, des immobilisations (au sol), des étranglements et des clefs de bras qui sont à la base du judo. Mise à part la discipline physique, «le judo reste une discipline intellectuelle et morale, on pourrait aller jusqu’à dire un philosophie» selon Jean Durry, un écrivain, directeur du Musée du sport français. Le judo n’est pas qu’un simple sport, car il nous apprend une hygiène de vie. En effet, ce sport nécessite une bonne préparation au niveau physique, c’est-à-dire qu’une bonne musculature est requise pour permettre au judoka[1] d’encaisser les chutes et prévoir les blessures. De plus, les catégories de poids doivent être respectés par les athlètes pour pouvoir participer aux compétitions. Par conséquent, les personnes ayant la même catégorie de poids, le même sexe et la même catégorie d’âge pourront combattre sur le tatami[2]. Chez les hommes le poids varie de -60 kilogrammes et +100 kilogrammes alors que chez les femmes celui-ci varie entre -48 kilogrammes et +78 kilogrammes. Outre la discipline physique, le judo affiche un code d’honneur que chaque judoka s’engage à respecter. La politesse, le courage, la sincérité, l’honneur, la modestie, le respect, le contrôle de soi et l’amitié sont tous des valeurs morales que chaque participant doit avoir en montant sur le tatami. Le salut en entrant sur la surface ainsi qu’envers sont sensei[3] et les adversaires montre bien toute l’importance accordée à ce code morale. En somme, la pratique du judo est un art qui nous permet de repousser ses limites physiques et psychologiques lors des entraînements, mais aussi ceux qui surviennent en dehors des tapis.
Carolanne Vadnais
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Jour 14 ou la douche qui fait déborder le vase
Comme quelques uns le savent déjà, j’avais décidé d’aller prendre ma douche dans le complexe sportif du cégep pour compenser la douche manquante chez moi. J’éprouvais un grand plaisir et une grande hâte au fait de me laver dans une douche bien que ce ne fut pas la douche rêvée… Eh bien non! Justement! Ce n’était surtout pas la douche rêvée! Je n’ai jamais, j’insiste sur le mot JAMAIS, pris une douche aussi froide et désagréable de toute ma vie! Ayant fait des années de camping, je peux affirmer que je préfère prendre ma douche avec 4 araignées qui menacent de me tomber sur la tête dans une douche payante de camping que de me relaver comme aujourd’hui! Les jets d’eau qui ne me laissaient pas grand place pour me savonner me pinçaient la peau qui était déjà à vif à cause de la froideur de l’eau. Bref! J’ai crié de joie quand je suis montée voir la progression des travaux en rentrant de l’école et que j’ai vu une pomme de douche, un robinet et une champlure qui se tenaient, l’air triomphant, sur le mur de la salle de bain! Le plombier était venu… Enfin! Mais ma mère à tout de suite « péter ma balloune » lorsqu’elle m’a dit qu’on ne pourrait l’utiliser que d’ici une ou deux semaines puisque les comptoirs et armoires seront livrés en retard, naturellement. Au moins, à partir de jeudi ou vendredi, nous allons pouvoir utiliser le bain, ce qui est déjà un avancement!
Myriam Le Lan
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Mourir ou ne pas mourir: telle est la question
Hans Baldung, Les sept âges de la vie (1544)
De nos jours, l’humain semble de plus en plus préoccupé par son vieillissement. Dans un effort pour masquer les effets du vieillissement, des gens dépensent en effet d’énormes sommes d’argent sur des crèmes antirides, où encore sur des pilules qui promettent des miracles pour les hommes qui sont en train de perdre leurs cheveux. Cette préoccupation de rajeunir est essentiellement esthétique mais paradoxalement, sur le plan scientifique, les différentes avancées en médecine ne font que prolonger notre espérance de vie de plus en plus. C’est justement cette opposition qui me fait réaliser pleinement que l’humain a peur de mourir et qu’il essaye à tout prix de repousser toutes les barrières naturelles en nourrissant l’illusion que la mort n’arrivera pas. Personnellement, pour ceux qui ont lu la série Harry Potter, je trouve que ça fait un peu Lord Voldemort/pierre philosophale. De plus, sur le même sujet, la BBC a effectué un sondage où elle a demandé aux participants s’ils désireraient vivre jusqu’à 1000 ans. À ma grande surprise, 70% des participants ont répondu «oui». Par ailleurs, des scientifiques qui travaillent à l’université Harvard ont déjà réussi à inverser de façon significative le processus de vieillissement chez quelques souris. Évidemment, l’application de ce rajeunissement à l’espèce humaine ne se produira pas avant longtemps. Pour d’autres, la conception d’un humain pratiquement immortel est mal vue, puisque sur le plan éthique, cette tentative de certains scientifiques de créer un humain meilleur et toujours plus fort ressemble à de l’eugénisme.
Paraskevi Athanasopoulos
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Andromaque à l’ESPACE GO
Anne Dorval joue le rôle d’Hermione
ORESTE
Que vois-je ? est-ce Hermione ? Et que viens-je d’entendre ?
Pour qui coule le sang que je viens de répandre ?
Je suis, si je l’en crois, un traître, un assassin.
Est-ce Pyrrhus qui meurt ? et suis-je Oreste enfin ?
Quoi ! J’étouffe en mon coeur la raison qui m’éclaire ;
J’assassine à regret un roi que je révère ;
Je viole en un jour les droits des souverains,
Ceux des ambassadeurs, et tous ceux des humains
Ceux-même des autels où ma fureur l’assiège :
Je deviens parricide, assassin, sacrilège.
Pour qui ? pour une ingrate à qui je le promets,
Qui même, s’il ne meurt, ne me verra jamais,
Dont j’épouse la rage. Et quand je l’ai servie,
Elle me redemande et son sang et sa vie !
Elle l’aime ! Et je suis un monstre furieux !
Je la vois pour jamais s’éloigner de mes yeux !
Et l’ingrate, en fuyant, me laisse pour salaire
Tous les noms odieux que j’ai pris pour lui plaire !
…
Mais quelle épaisse nuit tout à coup m’environne ?
De quel côté sortir ? D’où vient que je frissonne ?
Quelle horreur me saisit ? Grâce au Ciel, j’entrevoi…
Dieux ! Quels ruisseaux de sang coulent autour de moi !
Jean Racine, Adromaque, acte V
Lorsqu’il m’arrive de voir au théâtre une tragédie issue du répertoire antique (Eschyle, Sophocle, Euripide) ou classique (Shakespeare, Racine) et que la mise en scène est réussie, ce qui suppose que la mécanique tragique soit montrée sans détour et de façon convaincante et que le texte soit impeccablement dit et ressenti, comme c’est le cas pour PROJET ANDROMAQUE À l’ESPACE GO, la même pensée me revient et le même sentiment me saisit, à savoir que rien n’est aussi effroyable et vertigineux que l’abîme où conduit la démesure des passions humaines, abîme en regard duquel les niaiseries surnaturelles, gores, gothiques et autres fanfaronnades heavy métal que la culture populaire nous sert en guise d’épouvante apparaissent comme de l’enfantillage, certes divertissant, mais néanmoins puéril à la longue. Le vrai heavy, c’est la tragédie.
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Les Rénovations, jour 13
Je ne vois pas le bout! Les attaques qui ont été faites au cours des derniers jours ne se sont pas montrées efficaces. La pose des tuiles était déjà finie au jour 7, le coulis entre les tuiles à été fait au jour 9, la journée de la fête de ma mère. Ce coulis doit être, une fois séché, lavé par trois fois pour un beau résultat. J’ai donc passé la mope une fois à la grandeur de la maison avant d’aller manger au restaurant et, le lendemain, j’ai frotté 2 fois pour que tout le coulis étendu partout sur les tuiles disparaissent enfin. Au jour 11, nous avons, ma famille et moi, déplacé tous les meubles dans le centre des pièces suivantes : cuisine, salle à manger et salon; puisque la peinture devait être faite au jour 14. Aujourd’hui, nous avions demandé au plombier de venir pour au moins poser le robinet du bain, sans nécessairement poser la douche. Mon père était aux anges s’imaginant dans un bon bain chaud le soir en rentrant du travail et Ô! Surprise! Que voit-on en rentrant de l’école/travail? Un petit tuyau dépasser du mur… Le plombier n’est PAS venu. Par chance, effectuant ma première visite dans le nouveau complexe sportif à l’occasion de mon cours de cette après-midi, j’ai remarqué les douches pratiques avec une porte qui se barre. Donc, ne soyez pas surpris de me voir toute propre les cheveux mouillés avec un sac de produits cosmétiques!
Myriam Le Lan
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Maus, encore une histoire sur la Shoah?
J’ai terminé, il n’y a pas longtemps, la lecture de Maus, cette bande-dessinée d’Art Spiegelman publié en deux tomes aux éditions Flammarion dans leur version française: Mon père saigne l’histoire (1987) et Et c’est là que mes ennuis ont commencé (1992). Dans ces BD deux histoires se déroulent en parallèle, la première est celle d’Art Spiegelman qui prend contact avec son père afin de réaliser une BD qui montrerait comment ce dernier a survécu avec sa femme. La seconde histoire est justement celle de la survie de son père racontée par celui-ci. C’est ce parallèle entre les deux histoires qui rend cette BD aussi singulière puisque Maus ne fait pas que montrer les horreurs de la guerre comme tant de films et de livres l’ont déjà fait avant elle. En fait, toutes les parties qui ne traitent pas de la guerre montrent les difficultés que le père d’Art a eues après la guerre. De plus, le fait que l’auteur crée une rupture à l’intérieur de sa BD afin de mettre des scènes de vie qui ont probablement existé entre lui et son père, cela crée une histoire beaucoup plus humaine puisque nous ne parlons plus de gens sans nom avec des numéros tatoués sur le bras, mais bien de Vladek Spiegelman. Il s’agit de suivre spécifiquement une personne tout au long de la guerre et même après, plutôt que la traditionnelle masse qui est mise de l’avant, chose qui attire de façon presque spontanée la sympathie du public. Il reste à voir si certaines personnes verront cette mise en avant-plan d’une seule et même personne comme du nombrilisme qui enlève de l’importance à toutes les autres familles qui auront traversé la même situation.
Réjean Cormier
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Shary Boyle
«La chair et le sang»

Shary Boyle à la Galerie de l’UQAM jusqu’au 12 février. D’obscurs enchantements…
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