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La semaine dernière le philosophe d’origine slovène, Slavoj Zizek, s’est adressé à la foule des indignés installés à Zuccoti Park, les «99%», ceux-là qui, à New York, ont initié le mouvement «Occupy Wall street». Zizek a prononcé une harangue contre le capitalisme, signifié son appui à ceux qui le contestent, mais il a aussi lancé une mise en garde: «Il y a un danger. Ne tombez pas amoureux de vous-mêmes. Nous passons un bon moment ici. Mais rappelez-vous, les carnavals ne coûtent pas très cher. Ce qui compte, c’est le lendemain, lorsque nous serons tous retournés à nos vies quotidiennes. Est-ce que quelque chose aura changé ?» Voici l’intégralité de son discours, tel que traduit par Le Grand soir:
Ils disent que nous sommes des perdants, mais les véritables perdants sont là-bas à Wall Street. Ils ont été sauvés avec des milliards de notre argent. Ils nous appellent des socialistes, mais il y a toujours du socialisme pour les riches. Ils disent que nous ne respectons pas la propriété privée, mais lors de la crise financière de 2008, plus de propriété privée durement acquise a été détruite que tout ce que nous aurions pu détruire nous mêmes en nous y consacrant jour et nuit pendant des semaines. Ils disent que nous sommes des rêveurs. Mais les véritables rêveurs sont ceux qui pensent que les choses peuvent continuer ainsi indéfiniment. Nous ne sommes pas des rêveurs. Nous sommes en train de nous réveiller d’un rêve qui se transforme en cauchemar.
Nous ne détruisons rien. Nous ne faisons que constater comment le système se détruit lui-même. Nous connaissons tous cette scène classique dans les dessins animés. La chat arrive au bord d’un précipice mais continue de marcher, en ignorant qu’il n’y a rien en dessous. Ce n’est que lorsqu’il regarde vers le bas, et qu’il s’en rend compte, qu’il tombe. C’est ce qui nous arrive ici. Nous disons à ces types à Wall Street : « hé, regardez en bas ! »
Au milieu du mois d’avril 2011, le gouvernement chinois a interdit à la télé, au cinéma et dans les livres toutes les histoires qui parlent d’une réalité alternative ou de voyage dans le temps. C’est bon signe pour la Chine. Ces gens rêvent encore d’alternatives, alors il faut interdire ces rêves. Ici, nous n’avons pas besoin d’une prohibition parce que le système dirigeant a réprimé même notre capacité de rêver. Regardez ces films que nous voyons tout le temps. Il vous est facile d’imaginer la fin du monde. Une astéroïde détruit toute vie sur terre et ainsi de suite. Par contre, vous n’arrivez pas à imaginer la fin du capitalisme.
Alors que faisons-nous ici ? Laissez-moi vous raconter une merveilleuse vieille blague de l’époque communiste. Un Allemand de l’Est est envoyé travailler en Sibérie. Il sait que son courrier serait ouvert par les censeurs, alors il dit à ses amis : « Mettons-nous d’accord sur un code. Si ma lettre est rédigée à l’encre bleue, ce qu’elle raconte est vraie. Si elle est rédigée à l’encre rouge, elle est fausse. » Au bout d’un mois, ses amis reçoivent leur première lettre, écrite à l’encre bleue. La lettre dit ceci : « Tout est merveilleux ici. Les magasins sont pleins de bons produits. Les cinémas passent de bons films occidentaux. Les appartements sont grands et luxueux. La seule chose qui manque ici c’est l’encre rouge. » C’est ainsi que nous vivons. Nous avons toutes les libertés que nous voulons. Mais ce qui nous manque c’est l’encre rouge : le langage pour exprimer notre non-liberté. La manière que nous avons appris à parler de la liberté – la guerre contre le terrorisme et ainsi de suite – falsifie la liberté. Et c’est cela que vous êtes en train de faire ici. Vous nous donnez à tous de l’encre rouge.
Il y a un danger. Ne tombez pas amoureux de vous-mêmes. Nous passons un bon moment ici. Mais rappelez-vous, les carnavals ne coûtent pas très cher. Ce qui compte, c’est le lendemain, lorsque nous serons tous retournés à nos vies quotidiennes. Est-ce que quelque chose aura changé ? Je ne veux pas que vous-vous souveniez de ces journées comme, vous savez, du genre « Oh, nous étions jeunes et c’était merveilleux. » Souvenez-vous que notre message essentiel est « nous avons le droit de réfléchir aux alternatives. » Si la règle est brisée, nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes. Mais le chemin est long. Il a de véritables problèmes à résoudre. Nous savons ce que nous ne voulons pas. Mais que voulons-nous ? Quelle organisation sociale pourrait remplacer le capitalisme ? Quel genre de nouveaux dirigeants voulons-nous ?
Rappelez-vous : ce n’est pas la corruption ou la cupidité qui est le problème. C’est le système qui est le problème. C’est lui qui vous oblige à être corrompu. Méfiez-vous non seulement de vos ennemis, mais aussi de vos faux amis qui sont déjà à l’oeuvre pour diluer le processus en cours. De même qu’on vous offre du café sans caféine, de la bière sans alcool, de la crème glacée sans matière grasse, ils vont tenter de transformer ceci en une protestation inoffensive, morale. Une processus décaféiné. Mais la raison de notre présence ici est que nous en avons assez d’un monde où, pour recycler des cannettes de Coca, vous donnez quelques dollars à la charité, ou vous achetez un cappuccino à Starbucks où les 1% reversés à des enfants affamés du tiers-monde suffisent pour s’acheter une bonne conscience. Après avoir sous-traité le travail et la torture, et que nous sommes en train de sous-traiter nos vies amoureuses aux agences matrimoniales, nous avons sous-traité aussi notre engagement politique. Nous voulons le reprendre.
Nous ne sommes pas des Communistes si le communisme désigne un système qui s’est effondré en 1990. Rappelez-vous que ces communistes là sont aujourd’hui les capitalistes les plus efficaces et impitoyables. En Chine, il y a un capitalisme encore plus dynamique que votre capitalisme américain, et il n’a pas besoin de démocratie. Cela signifie que lorsque vous critiquez le capitalisme, ne cédez pas au chantage que vous seriez contre la démocratie. Le mariage entre démocratie et capitalisme est brisé Le changement est possible.
Qu’est-ce qui nous paraît possible, aujourd’hui ? Observez les médias. D’un côté, en matière de technologie et de sexualité, tout paraît possible. On peut aller sur la lune, devenir immortel grâce à la biogénétique, avoir du sexe avec n’importe qui et n’importe quoi. Mais regardez du côté de la société et de l’économie. Là, presque tout devient impossible. Vous voulez augmenter un peu les impôts pour les riches ? Ils vous répondent que c’est impossible, que nous perdrions notre compétitivité. Vous voulez plus d’argent pour la santé ? Ils répondent « impossible, cela nous entraînerait vers un état totalitaire. » Il y a quelque chose qui ne va pas dans le monde, où on nous promet l’immortalité mais où on vous interdit de dépenser plus pour la santé. Il faudrait peut-être redéfinir nos priorités. Nous ne voulons pas un meilleur niveau de vie, nous voulons une meilleure qualité de vie. Si nous sommes Communistes, c’est uniquement dans le sens que le peuple nous importe. Le peuple de la nature. Le peuple des privatisés par la propriété intellectuelle. Le peuple de la biogénétique. C’est pour cela, et uniquement pour cela, que nous devrions nous battre.
Le communisme a totalement échoué, mais les problèmes du peuple demeurent. Il nous disent que nous ne sommes pas des Américains. Mais il faut rappeler quelque chose à ces fondamentalistes conservateurs qui prétendent être les véritables Américains : qu’est-ce que Christianisme ? C’est le saint esprit. Qu’est-ce le saint esprit ? C’est une communauté égalitaire de croyants reliés par leur amour des uns pour les autres, et qui n’ont que leur liberté et leur responsabilité pour y parvenir. Dans ce sens, le saint esprit est présent ici. Et là-bas à Wall Street, ce sont des païens qui vénèrent leurs idoles blasphématoires.
Il vous suffit d’avoir de la patience. La seule chose que je crains, c’est qu’un jour nous rentrions tous chez nous pour nous réunir ensuite une fois par an, pour boire des bières et pour nous remémorer avec nostalgie « ah, quel bon moment nous avons passé là-bas ». Promettez-vous que ça ne sera pas le cas. Nous savons que souvent les gens désirent quelque chose sans vraiment le vouloir. N’ayez pas peur de vraiment vouloir ce que vous désirez.
Merci beaucoup.
Slavoj Žižek
Pour la version originale en anglais ainsi que plusieurs photos: Impose Magazine.
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Le mercredi 26 octobre, devant le bureau de comté de la députée de Bourassa-Sauvé, Line Beauchamp Ministre de l’éducation du sport et du loisir, professeurs et étudiants du Cégep Marie-Victorin ont de nouveau manifesté leur opposition au projet de «partenariat» entre le cégep, institution publique qui poursuit une mission éducative, et le club de soccer l’Impact, entreprise privée qui poursuit son seul profit. Véritable marché de dupes en PPP où le cégep, bien public, cèderait à l’entreprise privée la quasi totalité de ses terrains en échange d’une seule bâtisse. Ce qui, à toutes fins utiles, viendrait sceller toutes possibilités de développement futurs pour le cégep, en plus de priver la communauté de Montréal nord de précieuses installations sportives, nos terrains offerts aux diverses organisations sportives publiques. Engager notre collège dans une telle transaction équivaut à dévoyer sa mission première: éduquer et servir le public qui en est le seul propriétaire légitime. Il faut donc s’opposer à ce projet, rendons-nous en grand nombre au conseil d’administration le 9 novembre!
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Jean-Claude Leclerc, journaliste émérite responsable au journal Le Devoir de la chronique «Éthique et Religion» et professeur en Journalisme à l’Université de Montréal, observe et analyse depuis plusieurs décennies la scène politique du Québec. Il en a donc vu des premiers ministres à l’oeuvre et, concernant Jean Charest, son jugement est sans appel: «Rarement a-t-on vu pareil cynisme d’un chef politique». À lire:
«Rarement au Québec un chef de gouvernement a-t-il fait montre, comme Jean Charest, d’autant de cynisme envers les institutions — y compris la justice — et les fournisseurs de l’État, voire son propre groupe politique. Chose non moins inquiétante, parmi ses mandarins, nul ne s’est opposé, quitte à démissionner, au simulacre d’enquête qu’il a jeté en pâture au peuple. Que reste-t-il donc, en haut lieu, de la conscience professionnelle, du respect du public et du souci de la réputation du Québec?
Quels conseillers, en effet, ont pris part à l’élaboration et à la validation du décret 1029 créant la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction? Fourberie, incompétence, pleutrerie? Comment a-t-on pensé leurrer les gens en inventant une formule qui, sous prétexte d’«enquêtes policières», n’allait ni blanchir les maires et entrepreneurs honnêtes ni démasquer les profiteurs des «stratagèmes» appréhendés?
Cour supérieure, Barreau du Québec, services de police ont failli tomber dans le piège. Mains juges n’ont pas été, il est vrai, dupes de la manoeuvre, mais leur devoir de réserve les empêchait de la fustiger. Heureusement, juge retraitée de la Cour d’appel, Louise Otis était libre de débusquer cette commission «sur mesure». Elle l’a fait en termes clairs, à l’honneur de la magistrature.
«Si on m’avait donné le décret 1029, a-t-elle commenté, j’aurais tout de suite dit « mais ce n’est pas une commission d’enquête! ». Les deux tiers des pouvoirs de la Loi sur les commissions d’enquête ont été émasculés.» Elle n’aurait pas présidé un «comité de recherche des faits». Car, dit-elle, il lui aurait été impossible d’accomplir la mission que les Québécois auraient attendue d’elle: «connaître le système qu’on dénonce et savoir s’il y a moyen de le démanteler».
Certes, devant l’ampleur de la crise, le juge en chef, François Rolland, et sa collègue, France Charbonneau, ont pu céder au plan du gouvernement, qui prétendait ajouter aux moyens d’y remédier. Le même jour, le bâtonnier, Louis Masson, dans un premier commentaire, s’était lui aussi laissé entraîner dans la logique «complexe» choisie par le chef du gouvernement. Il fallait, a-t-on cru, mettre en oeuvre «un ensemble de moyens».
«La commission d’enquête annoncée aujourd’hui, a d’abord déclaré Me Louis Masson, est l’un de ces moyens, mais il faut aussi compter sur le travail policier, sur de possibles révisions d’instrument juridiques, si ceux-ci s’avèrent nécessaires et sur la formation et la rétention des expertises dans le secteur public. Il n’y a pas de solution miracle, ajoutait-il. Éradiquer la collusion et la corruption demande la collaboration de tous.»
Or, deux jours après, le comité exécutif du Barreau rectifiait le tir.
«Au terme de notre première analyse, explique désormais son bâtonnier, nous ne pouvons avaliser complètement cette commission, puisque trop de questions demeurent en suspens. Le gouvernement a fait un pas important en acceptant de créer une commission d’enquête, il doit maintenant lui donner les moyens d’atteindre les résultats visés.» Ces précautions oratoires formulées, l’ordre des avocats attaque la principale mesure du décret 1029.
Il exprime de «vives inquiétudes» sur le fait que «cette commission ne puisse accorder d’immunités et qu’en conséquence, elle ne puisse contraindre à témoigner». Son communiqué en donne la raison: «Pour que les témoins n’aient pas peur de s’y présenter et de dire la vérité, il faut être en mesure de les contraindre à témoigner.» Qu’un premier ministre et un titulaire de la justice, avocats de surcroît, aient méconnu cette évidence en dit long sur la piètre conception qu’ils ont de leurs responsabilités.
La suspicion
Après avoir été contredit par la communauté juridique, puis par des organismes policiers, et avoir vu sa commission «sur mesure» rejetée par l’opinion publique, le chef libéral aura trouvé un ultime expédient. Devant 2000 congressistes libéraux auxquels lui-même et tout l’appareil du parti avaient invoqué l’empêchement juridique, le premier ministre promettait d’accorder à la commissaire France Charbonneau les pouvoirs qu’il lui interdisait la veille.
Ce développement aura été accueilli avec soulagement chez les militants libéraux. Mais entre-temps la suspicion du public à l’endroit du PLQ s’est répandue, tout comme s’est alourdie l’humiliation des maires, entrepreneurs, fonctionnaires, ingénieurs et autres professionnels, globalement suspects de complaisance ou de complicité avec des profiteurs aux moeurs mafieuses.
Ce désastre moral n’épargne presque aucun milieu, et de moins en moins d’institutions. Qu’un leadership aussi usé en soit à préparer des élections — plutôt que de laisser à d’autres Québécois la direction du gouvernement — dépasse l’entendement. Les libéraux ne comprennent-ils pas la réprobation sans appel, rarement vue au Québec, que les sondages laissent prévoir? Le PLQ craignait, dit-on, une enquête qui risquait d’entraîner sa disparition. Son sort paraît pourtant déjà scellé, avant même que la commission n’ait commencé.
Pire, le cabinet Charest a tellement laissé pourrir les choses qu’aucun autre parti politique n’est jugé capable, semble-t-il, de faire le nettoyage qui s’impose. La perte de confiance, en effet, n’épargne ni le Parti québécois, hier une équipe de gouvernement, ni Pauline Marois, sa chef. Quant au prochain parti censé naître de la Coalition pour l’avenir du Québec, en tête dans les sondages, il est loin encore d’obtenir l’appui d’une majorité.
Voilà le genre de crise qu’une société démocratique ne peut pas résoudre, sauf par des moyens exceptionnels. Ce remède ultime et douloureux, que la classe politicienne s’en accommode ou pas, porte un nom: commission d’enquête publique.»
Jean-Claude Leclerc, Le Devoir, le lundi 24 octobre 2011
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Pour sa prochaine édition, le Ciné-Club sera spécialement dédié au court métrage québécois en particulier et au cinéma québécois en général, en compagnie de Dominique Dugas, directeur de la programmation aux Rendez-Vous du Cinéma Québécois(RVCQ).
Dominique viendra nous présenter sa propre sélection de « Grands Crus » des courts métrages québécois récents. Il nous parlera aussi des tendances du court métrage québécois, de la situation du cinéma québécois actuel et de son métier de programmateur de festival, qui est fascinant et qu’il adore.
Le tout aura lieu mercredi le 26 octobre au E-310 de 14h à 17h.
Le futur aspirant cinéaste, le cinéphile chevronné et l’amateur de cinéma curieux sont conviés à venir assister avec nous à cet événement!
Au plaisir de vous y voir en grand nombre!
L’équipe du Ciné-Club du Cégep Marie-Victorin
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Avec cet article, je partage avec vous une découverte qui s’est présentée sous une autre forme d’art, le cinéma. Je suis tombée cette semaine, tout à fait par hasard, sur un film troublant ; à la fois beau et terrible, The Bubble. Je ne sais pas si le film a été traduit complètement mais je vous recommande de l’écouter en version originale, en hébreu, avec les sous-titres. les dialogues sont parfois très saisissants.
The Bubble (en hébreu הבועה ou Ha-Buah, en français La Bulle, par référence au surnom donné à Tel-Aviv) est un film du réalisateur israélien Eytan Fox sorti en 2007 et co-écrit par Gal Uchovsky. Le film raconte une histoire d’amour entre deux jeunes hommes, l’un israélien et l’autre palestinien avec pour contexte la tragédie et les horreurs du conflit entre Israël et Palestine. À Tel-Aviv, le quartier de Sheikin Street, chic et branché, semble être sur une autre planète. Dans cette « bulle de paix », il y a Lulu, Noam et Yali. Tous les trois vivent le contexte de la guerre à leur façon et tentent pourtant, ensemble, de rallier les jeunes à la cause. Mais, la situation se complique le jour où Noam rencontre Ashraf, un palestinien, sur les lignes d’un barrage. Une relation forte et érotique commence entre les deux hommes. Ashraf s’installe peu à peu dans le groupe et tous l’aident à rester en Israël clandestinement. Le couple devient un symbole de paix et de compréhension mutuelle. Mais l’utopie de ces jeunes est vite rattrapée par la réalité politique et sociale et la violence atroce du quotidien…
Le film est disponible en hébreu sous-titré en français gratuitement jusqu’au 21 octobre sur http://www.tou.tv/the-bubble
Carolane Bilodeau
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François Legault s’administrant à lui-même un « face lift»
Dimanche le 16 octobre, François Legault annonçait en grande pompe que 40 jeunes professionnels se joignaient à sa Coalition pour l’Avenir du Québec (CAQ). Pourquoi présenter la nouvelle en insistant à ce point sur le bas âge de ses nouvelles recrues? Poser la question, c’est y répondre! Évidemment, le clan de Legault semble tomber dans le même piège populiste que tous les vieux partis politiques: celui de présenter ses idées comme celles qui incarnent le mieux le «changement» que tout le monde attend depuis si longtemps. Sa stratégie est simple : en s’associant à un groupe de « jeunes professionnels », Legault cherche à faire la démonstration qu’il apporte avec lui un nouveau vent de fraicheur qui soufflera prochainement sur nos institutions politiques. Que la météo annonce de forts vents pour les jours à venir, je ne doute pas de cette prédiction. Cependant, il y a lieu de se questionner sur la prétendue « fraicheur » de ces vents.
Contrairement au message qu’il tente d’envoyer à la population, le mouvement de Legault n’apporte aucune nouveauté dans le paysage politique québécois. À l’heure où son parti n’est pas encore né, celui-ci est déjà habité par une vieille âme. Toutes les sorties publiques de la CAQ viennent démontrer que ce mouvement n’a rien de nouveau à proposer aux Québécois. En encourageant la désillusion indépendantiste, la CAQ ne fait qu’encourager le statu quo fédéraliste. En parlant d’abolition des Cégeps, le groupe de Legault nous invite à remonter le temps jusqu’aux années 60, avant le rapport Parent, qui donna lieu à la création du ministère de l’Éducation et du réseau collégial. En parlant de l’évaluation de la performance des enseignants, il ne fait qu’appliquer la vieille logique marchande à nos institutions publiques. À l’écoute de sa rhétorique antisyndicale, on croirait entendre le monologue d’Yvon Deschamps sur les « unions ».
La population a déjà donné sa chance à un parti tel que celui qui nous est proposé par Legault. En votant massivement pour l’ADQ, celle-ci a cru pendant un certain temps que le Québec prendrait une nouvelle direction. Nous connaissons la suite… Dans un tel contexte, la dernière chose que les Québécois souhaitent, c’est de revivre la débandade de l’ADQ sous la nouvelle appellation de la CAQ. Or, il y a lieu de s’inquiéter en constatant l’énergie avec laquelle Legault cherche à récupérer les idées et les militants des vieux partis auxquels les Québécois tournent maintenant le dos.
Les « jeunes professionnels » que Legault vient de recruter, ne sont jeunes qu’en apparence. Ils sont moins grisonnants, ils paraissent bien, mais les idées qui les animent sont dépassées. Comme eux, j’appartiens moi aussi à cette catégorie de jeunes professionnels. Mais contrairement à eux, je m’intéresse à une nouvelle vision pour l’avenir du Québec: une vision égalitaire, respectueuse de l’environnement et résolument indépendantiste. Pour ces raisons, vous ne me trouverez pas parmi les rangs de la CAQ. Vous aurez plus de chance de me retrouver parmi le mouvement d’indignation contre les injustices orchestrées par la classe politique et économique. Le mérite de ces jeunes qu’on retrouve parmi les « indignés », c’est qu’ils refusent de servir de crème pour masquer les rides des vieux partis comme celui que Legault s’apprête à former.
Jean-Philippe Martin
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Le mouvement de lutte contre le capitalisme «Occupy Wall street» traverse la frontière, plus encore, il se répand à la planète entière!
L’Occupation de Montréal débute le 15 octobre au Carré-Victoria, devant le Centre de Commerce Mondial, la Bourse de Montréal, Power Corporation, Québécor, Scotia Bank, TD.
Tant que nous nous rassemblons en solidarité pour exprimer un sentiment d’injustice de masse, nous ne devons pas perdre de vue ce qui nous a réunis. Nous écrivons pour que tous les gens qui se sentent lésés par les forces des entreprises du monde sachent que nous sommes vos alliés.
Comme un seul homme, autrefois divisé par la couleur de notre peau, sexe, orientation sexuelle, religion, ou l’absence de celle-ci, de parti politique ou de contexte culturel, nous reconnaissons la réalité : il n’y a qu’une seule race, la race humaine, et que notre survie exige la coopération de ses membres.
Notre système doit protéger nos droits, mais également contre sa propre corruption, il appartient aux individus de protéger leurs propres droits et ceux de leurs frères; qu’un gouvernement démocratique ne tire sa puissance que de la population, mais les sociétés ne cherchent aucun consentement à extraire la richesse du peuple et de la Terre, ainsi aucune véritable démocratie n’est réalisable lorsque le processus est déterminé par la puissance économique.
Nous venons à vous à un moment où les entreprises qui placent le profit au dessus des gens, l’intérêt personnel au dessus de la justice, et l’oppression au dessus de l’égalité, dirigent nos gouvernements. Nous nous réunissons ici en paix, comme c’est notre droit, pour que ces faits soient connus.
Pour les gens du monde,
Nous, l’ Assemblée générale d’occupation de Wall Street à New York City, dans Liberty Square, vous exhortons d’affirmer votre pouvoir.
Exercez votre droit de s’assembler paisiblement, d’occuper l’espace public, de créer un processus pour résoudre les problèmes auxquels nous faisons face, et de générer des solutions accessibles à tous.
Pour toutes les communautés qui prennent des mesures et qui forment des groupes dans l’esprit direct de la démocratie, nous vous offrons un soutien, de la documentation et toutes les ressources à notre disposition.
Rejoignez-nous et faites entendre votre voix!
Ici pour lire la version originale en anglais. Ici pour entendre la lecture qu’en a faite Keith Olbermann.
Et le discours toujours très inspirant de Charlie Chaplin dans Le grand dictateur…
Dérek Lévesque et BLx
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Le 9 octobre, John Lennon aurait eu 71 ans. Né en 1940 à Liverpool, il est mort assassiné à New York le 8 décembre 1980 à l’âge de 40 ans. Aurait-il vécu plus longtemps, serait-il encore vivant aujourd’hui, il aurait, n’en doutons pas, composé d’autres chansons, au moins aussi belles que celles qu’il nous a laissées. Une bonne compilation ici préparée par Huffington Post.
L’une des plus belles composées avec les Beatles
L’une des premières composées en carrière solo
Celle-là pour la beauté des images, tirées du film d’animation Yellow Submarine
Et, probablement, la plus connue.
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«DHC/ART a le plaisir de présenter deux expositions solo simultanées, l’une de la célèbre sculpteure belge Berlinde De Bruyckere, et l’autre, du peintre américain John Currin — deux artistes figuratifs internationaux de premier plan œuvrant dans la tradition virtuose des grands maîtres et qui explorent toujours les paramètres de leurs disciplines respectives tout en les élargissant.»
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Au Musée d’art contemporain de Montréal, la Triennale québécoise 2011, Le travail qui nous attend.
«Cette exposition triennale, dont nous présenterons la deuxième édition, est la plus grande manifestation d’art contemporain québécois. Elle est l’occasion pour le Musée de montrer son engagement envers sa communauté immédiate, de rendre compte de la vitalité de la production artistique actuelle au Québec et de proposer un regard neuf sur le présent.»
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À l’UQAM, le 13 octobre à 19h une conférence de Randall White
«Quand les humains ont-ils commencé à peindre, à sculpter la pierre ou à fabriquer des bijoux? Et quelle importance cette apparition de l’art a-t-elle eue sur l’organisation et l’expansion géographique de l’homme moderne? De grotte en grotte, de fouille en fouille, les archéologues remontent pas à pas la piste des origines de l’art. Venez découvrir les derniers faits de cette enquête en terre préhistorique.
La conférence sera donnée en français.
Chercheur de réputation internationale dans le domaine de la préhistoire, Randall White enseigne l’anthropologie à l’Université de New York, en plus d’être membre du Center for the Study of Human Origins. Randall White est également associé à l’Unité mixte internationale du CNRS basée à New York. Il est l’auteur de plusieurs livres de vulgarisation : L’Art préhistorique dans le monde (Éditions de la Moulinière, 2003); La Naissance de l’art (Éditions Tallandier, 2006) et L’Affaire de l’abri du poisson : patrie et préhistoire (Éditions Fanlac, 2007).»
Informations et Inscriptions ici.
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