Archives mensuelles : juin 2012

Québec: la démocratie en crise

Après l’échec des négociations, la crise sociale s’enlise et s’envenime au Québec. Selon Christian Nadeau, professeur à l’Université de Montréal, le conflit dépasse le champ universitaire : il met en jeu un véritable choix de société et bouleverse en profondeur la vie politique québécoise. Les mesures d’exception promulguées par le gouvernement révèlent les pressions qui pèsent aujourd’hui sur la social-démocratie et la nécessité de la défendre. Source: La vie des idées.fr

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Un entretien à propos de la désobéissance civile

Pour sa dernière livraison de la saison, Le Devoir de philo présente un entretien mené par Antoine Robitaille avec Guy Durand, professeur émérite de l’Université de Montréal

La notion de désobéissance civile a beaucoup été utilisée récemment dans le conflit étudiant. Comment la définissez-vous ?    

Je partirais d’une courte définition, celle qu’a formulée en 1982 le juris te québécois Yves de Montigny : « On qualifie généralement de désobéissance civile tout acte de défi à la loi ou, pour être plus précis, toute transgression d’un texte législatif ou réglementaire basée sur des motifs moraux, religieux, politiques ou philosophiques. »

Une définition plus complète pourrait s’énoncer ainsi : la désobéissance civile désigne une violation publique, pacifique et conséquente d’une loi, d’un ordre de cour, d’une règle institutionnelle ou d’un ordre d’une personne en autorité, violation qui heurte des convictions profondes d’ordre religieux, éthique ou politique de la personne, dans le but de respecter la priorité de sa conscience et éventuellement de contribuer à changer la loi, la règle ou l’ordre social.

Il y a là quelques critères importants.

Oui, trois caractéristiques, en fait, qu’il faut selon moi retenir : publique et non pas secrète ; pacifique, soit non violente, et conséquente, c’est-à-dire que la personne qui l’invoque est prête à accepter les conséquences de sa désobéissance (prison, amende). Elle est une forme d’objection de conscience.

D’ailleurs, l’exemple classique de la désobéissance civile concerne le service militaire : on peut s’y opposer en général par objection de conscience et faire le service civil prévu pour les objecteurs.

Mais là où le service militaire est obligatoire, le refus de répondre à l’avis de convocation peut constituer une désobéissance civile.

Celle-ci consiste à retourner l’avis reçu ou à le brûler en public, sans violence, en étant prêt à accepter la peine de prison éventuelle.

Quand, aux États-Unis, entre 1964 et 1973, les opposants à la guerre au Vietnam ont brûlé en public leur avis de convocation au service militaire, on a parlé de désobéissance civile ; lorsque certains ont saccagé les bureaux de recrutement, ce terme ne convenait plus.

Vous avez évoqué le critère de la non-violence. Dans le débat sur la désobéissance civile au cours du printemps érable, la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a tenu à faire une distinction entre la violence à l’endroit des personnes et la violence envers les biens. Qu’en pensez-vous ?

Depuis quelque temps, en effet, particulièrement depuis que le militant écologiste français José Bové a détruit un champ de maïs génétiquement modifié (OGM), on a fait cette distinction entre la violence envers les personnes et les dommages faits aux biens.

Selon certains, les dommages faits aux biens entreraient dans la définition de la désobéissance civile et seraient justifiés. Pour moi, c’est contraire à toute la tradition éthique sur la désobéissance civile. Celle-ci doit être non violente, tout court.

Un autre qui a invoqué la notion de désobéissance civile est le député de Mercier, Amir Khadir. Dans son fameux point de presse de mercredi, au lendemain de son arrestation, a-t-il bien argumenté son utilisation de la désobéissance civile, selon vous ?

Avant de répondre, laissez-moi revenir à la définition. Comme il s’agit d’un acte potentiellement dérangeant, perturbateur, les auteurs formulent généralement trois conditions à respecter pour que l’acte de désobéissance soit éthique et légitime. D’abord, il faut démontrer qu’il y a atteinte importante aux convictions personnelles.

Ensuite, il doit exister une certaine proportionnalité entre les conséquences de la désobéissance et celles du respect de la loi ou de l’ordre.

Enfin, il doit s’agir d’une mesure de dernier recours, c’est-à-dire qu’il faut avoir épuisé les autres moyens de faire respecter ses convictions.

Bien, mais revenons à M. Khadir. D’après vous, son argumentation respecte-t-elle ces critères ?

Globalement, oui, mais on doit apporter certaines précisions. Les trois caractéristiques de la définition (publique, pacifique, conséquente) me semblent être là. Les trois conditions ne sont pas évoquées dans les termes que j’ai utilisés, mais elles sont implicitement présentes.

À propos des justifications éthiques, il a insisté sur la désobéissance au service du bien commun. Il refuse, avec raison selon moi, une désobéissance qui répondrait seulement à un intérêt purement individuel, comme de ne pas payer ses impôts tout simplement parce qu’on n’aime pas ça.

Mais il semble exclure le motif personnel de respect de la conscience et exige que le mouvement soit massif pour être légitime. J’avoue que cela ne fait pas partie de la doctrine reconnue.

Une question, au fond, demeure : est-ce que l’augmentation des droits de scolarité et l’adoption de la loi 78 sont vraiment des raisons suffisantes pour justifier la désobéissance civile ?

Je répondrais que c’est à chacun d’en juger, en conscience, tenant compte des éléments énumérés précédemment. Prenons Henry David Thoreau. On sait qu’il fut arrêté et emprisonné, en 1846, pour refus de payer l’impôt à l’État du Massachusetts, auquel il reprochait de commercer avec les États esclavagistes du Sud.

Dans son célèbre Discours de la désobéissance civile (1849), il a exposé clairement le débat et a justifié sa conduite en ces termes : « La soumission aux lois iniques peut constituer un crime ; la désobéissance devient alors un devoir envers soi-même, en même temps qu’un devoir civique. Le citoyen doit-il un seul instant, dans quelque mesure que ce soit, abandonner sa conscience au législateur ? Pourquoi alors chacun aurait-il une conscience ? Je pense que nous devons d’abord être des hommes, et sujets ensuite. Le respect de la loi vient après celui du droit. »

Ainsi, plusieurs auteurs fondent la désobéissance civile sur la « primauté de la conscience sur la loi ». Gandhi et Luther King – et j’ajouterais Tolstoï – ont justifié leurs actes de cette façon.

Justement, on a reproché à Khadir de se comparer trop facilement à ces héros.

À mon avis, le reproche est injustifié. Il ne s’agit pas de se comparer à eux – Kadhir s’en défend bien -, mais de profiter de leurs exemples et de leurs réflexions.

Peut-être, mais lorsqu’on entre dans cette logique, comment tracer une ligne ? N’y a-t-il pas une « pente savonneuse » qui peut conduire à légitimer toute violation de la loi ?

Il y a effectivement lieu de tenir compte de cet élément. Il entre dans les trois conditions d’éthicité dont j’ai parlé. Mais il n’est pas concluant en lui-même.

Nous sommes devant une sorte de dilemme moral, de conflit de devoirs (éthiques) : d’un côté, respect de la conscience et souci de justice sociale ou de réforme sociale ; de l’autre, respect des lois et de la démocratie.

La désobéissance civile s’avère un exemple paradigmatique du respect de la conscience personnelle. Elle constitue indéniablement un hommage rendu à cette conscience, éventuellement un éloge de l’héroïsme.

Conscience, conscience, comment juger qu’un tel la suit et qu’un autre n’y obéit pas authentiquement ?

C’est vrai, le jugement de conscience n’est pas toujours facile. La situation comporte souvent du bien et du mal. Il est difficile d’évaluer ce qui doit prédominer.

La conscience peut alors admettre des dérogations face à ses convictions propres, à savoir des compromis. En somme, la désobéissance civile n’est pas une solution de facilité.

On ne fait pas un tel choix en cachette, sans témoigner dans l’ensemble de sa vie de l’attachement aux principes en jeu. Par exemple, on ne s’oppose pas au service militaire sans témoigner globalement du respect de la vie, du refus de la violence.

En son fond, l’objection de conscience n’est pas négative : elle n’est ni abstention, ni passivité ; elle doit, par sa force d’interpellation, témoigner des valeurs mêmes qui sont à sa source.

D’ailleurs, les témoins les plus typiques de la désobéissance civile, Gandhi et Luther King, ont précisément eu des vies d’un grand héroïsme, marquées par le souci de la paix, de la justice, de l’égalité et de la dignité.

J’irais même jusqu’à dire qu’une société et un État démocratique (gouvernement, tribunaux et police) devraient reconnaître explicitement la légitimité de la désobéissance civile. Même si l’application en serait complexe et dérangeante pour les autorités. Et la pratique, délicate et exigeante pour l’objecteur.

***

Guy Durand est professeur émérite de l’Université de Montréal. Théologien et juriste, spécialisé en éthique, il a publié en 2004 Pour une éthique de la dissidence. Liberté de conscience, objection de conscience et désobéissance civile (Montréal, Liber, 151 pages).

***

Source: Le Devoir 09/06/12

Voir aussi: De la désobéissance civile et Résister à la loi 78 en 15 points

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

L’enjeu philosophique mondial du conflit étudiant

« Ayons toujours un oeil sur le Québec », conseille Alain Badiou

Alain Badiou est professeur émérite de l’Université Paris-VIII Saint-Denis et auteur entre autres de L’être et l’événement (Seuil, 1988), Logiques des mondes (Seuil, 2006), Circonstances, 4. De quoi Sarkozy est-il le nom ? (Nouvelles Éditions Lignes, 2007) et Circonstances, 6. Le réveil de l’Histoire (Nouvelles Éditions Lignes, 2007).

Le Québec et sa crise actuelle pourraient-ils servir à mieux penser le monde ? Oui, assure Alain Badiou, ancien leader de Mai 68 qui ne renie pas son passé maoïste. Rencontre avec un des philosophes français les plus connus et controversés de l’heure.

Que pensez-vous du conflit étudiant au Québec ?

Ce qui m’intéresse d’abord, c’est l’amplitude et la détermination du phénomène. Au fond, ce qui se passe chez vous, c’est une résistance brutale et étendue à un phénomène mondial, qui veut que le modèle de l’entreprise s’applique à toutes les activités humaines, quelles qu’elles soient. Comme l’entreprise, l’université devrait s’autofinancer, alors qu’historiquement, elle s’est édifiée selon des règles toutes différentes. Évidemment, le conflit prend la forme particulière et très localisée d’un combat contre le programme d’augmentation des droits de scolarité universitaire, qui s’est ensuite étendu à une opposition contre la gestion gouvernementale de la crise. Mais on sent bien au coeur de ce soulèvement une subjectivité révoltée contre l’idée que le paradigme de toute chose est l’entreprise. Et ce point de résistance mobilise, pour l’instant, un débat de grande ampleur, qui nous concerne tous, et dont la fin n’est pas prédictible.

Feriez-vous un rapprochement avec la révolte étudiante de Mai 68, alors que, dirigeant maoïste, vous appeliez à la révolution ?

Oui, par ses manières de faire, ses allures, son inventivité. C’est la première évocation de Mai 68, le premier grand écho d’une subjectivité active, joyeuse, ne rechignant pas au combat quand il le faut. Et bénéficiant de toute évidence d’une sympathie au sein de la population. Même si elle divise la société québécoise. Exactement comme en 1968. Les étudiants s’attiraient une sympathie, mais on a bien vu aux élections législatives de juin 1968, favorables au parti du général de Gaulle, que la société française était complètement divisée.

Votre rencontre du Québec remonte à ces années-là.

En effet. Juste après Mai 68, je suis allé en mission à Montréal comme observateur des droits de l’homme au procès de Pierre Vallières et Charles Gagnon du Front de libération du Québec (FLQ). C’était mon premier contact concret, ma première immersion dans la singularité du Québec, qui m’a vivement frappé.

Depuis, vous avez consacré à la société québécoise un chapitre entier de votre maître-livre Logiques des mondes. Le Québec vous sert-il de stimulant pour penser le monde ?

Dans la démonstration générale du livre, le Québec a d’abord une fonction d’exemple. Mais vous avez raison de parler de stimulant. L’histoire québécoise résume beaucoup de traits de l’histoire mondiale depuis des siècles : une colonisation européenne ancienne, la présence exceptionnelle de deux grandes puissances mondiales, l’anglaise et la française, etc. Il n’y a d’équivalent nulle part ailleurs. Et cela a créé une société, une subjectivité, qui a combiné des termes qui ne le sont pas normalement. Et c’est donc pour moi ce que j’appelle un « monde », vraiment. L’histoire du Québec est marquée par des phénomènes à la fois irréductiblement particuliers et ayant quand même un aspect novateur universel. C’est encore le cas aujourd’hui. Je dirais : ayons toujours un oeil sur le Québec.

Vous dites du Québec qu’il est un « devenir-monde ». Mais pour vous, qu’est-ce qu’un monde ?

De façon très générale, un monde est un régime de rapports d’identités et de différences. Pour dire ce qu’est singulièrement ce monde-là, pour simplifier, prenons un monde humain, il faut des identités – nationales, linguistiques, la conscience commune d’appartenir à ce monde, etc. – et des différences. Dans le cas du Québec, bien sûr, la langue française est un élément identitaire, mais elle est nécessairement en relation avec l’anglophonie omniprésente et avec le fait qu’il y a eu et qu’il y a encore des Amérindiens qui ne sont pas immédiatement de cette identité, et ainsi de suite. De ce point de vue, le Québec a une histoire absolument singulière. J’en parle comme d’un « faire-monde » encore ouvert. Car je ne suis pas sûr que le Québec ait encore réellement résolu le problème du monde qu’il est en train de devenir. L’épisode actuel de révolte fait partie de cela, du faire-monde québécois, et de son intérêt pour tous.

Mais toute société n’est-elle pas un faire-monde ? La France, par exemple.

Les identités sont ici plus figées. C’est un pays en crise latente, une ancienne grande puissance planétaire, détentrice d’une universalité particulière, qui ne sait pas quoi faire de sa grandeur perdue. De ce point de vue, la France est au moins autant un monde qui se défait qu’un faire-monde. Ma thèse est qu’il faut mettre fin à la France.

Pardon ?

Je pense depuis longtemps que la France doit fusionner avec l’Allemagne. Je suis d’ailleurs très content que d’autres, comme Michel Serres, soient aujourd’hui de mon avis. La France seule n’a plus d’avenir. L’Europe est un attelage qui bringuebale, on l’a vu avec la Grèce, et tout le monde reconnaît que la France et l’Allemagne forment le noyau dur de l’Europe. La fusion permettrait de faire face aux autres grandes puissances économiques, ce dont n’est capable aujourd’hui ni la France, ni l’Allemagne, ni l’Europe. Les économies française et allemande sont déjà imbriquées, autant que ce noyau se réalise politiquement ! Ce pourrait être sous la forme souple d’un État fédéral, comme c’est déjà le cas de l’Allemagne.

Et du Canada… Mais les indépendantistes espèrent que les manifestations de solidarité suscitées par la crise serviront leur cause. Début d’une nouvelle histoire ?

Je ne connais sans doute pas assez de l’intérieur la situation du Québec pour le dire. Mais j’ai une certaine méfiance envers les indépendantismes. Depuis vingt ou trente ans, on assiste à l’éclatement d’entités nationales, et quelques fois à leur pulvérisation. La Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, la Somalie, le Congo… Il faut être très vigilant sur la portée réelle des désintégrations étatiques. Ce sont des phénomènes négatifs de l’historicité contemporaine, souvent responsables de situations humaines tragiques. Alors, vous me direz : « Mais le Québec n’est pas comme cela ! »

Vous m’enlevez les mots de la bouche…

Je ne serais pas spontanément pour une sécession du Québec, sans arguments vraiment puissants. Je ne suis pas sûr que la voie du faire-monde québécois ait absolument besoin d’un séparatisme étatique. Je crois qu’on peut négocier des fédéralismes conséquents, et que c’est une meilleure formule.

***

François Gauvin est docteur de philosophie et collaborateur régulier au magazine Le Point.

Source: Le Devoir 11/06/12

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Au Québec, les raisons d’un soulèvement

Le journal Le Monde consacre toutes les pages de sa section Débats à la crise sociale et politique provoquée par la grève étudiante au Québec. On lira, entre autres, avec intérêt le texte de Richard Desjardins: On prend aux jeunes l’argent nécessaire à la « conquête » du Nord.

Le « printemps érable » tourne à la crise politique. Le projet gouvernemental d’augmenter les droits d’inscription à l’université révèle le mal-être de la société et son attachement à son modèle social. Le boycottage des cours, écrit Jean Charest, le premier ministre du Québec, n’est suivi que par une minorité d’étudiants. Faux, répond l’un des leaders de la contestation, Gabriel Nadeau-Dubois, nous sommes des centaines de milliers à défendre la justice sociale contre un système de privilièges et corrompu. Cette révolution étudiante rompt la routine d’une société devenue ennuyeuse, insiste François Ricard. Car on prend aux jeunes l’argent nécessaire à la « conquête du Nord », pousse Richard Desjardins. Les acquis en matière d’accès à l’éducation sont fragiles et menacés, écrit Normand Baillargeon, il faut donc l’élargir. Mais au-delà du mouvement et des bruits de casseroles, la voix de l’indépendance se fait entendre, analyse Louise Beaudoin, ancienne ministre, députée du Parti québecois.

Source: Au Québec, les raisons d’un soulèvement, Le Monde, 07/06/12

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

«Difficile de ne pas être optimiste»

Au Québec, « le pouvoir libéral de Jean Charest est usé »

Le dictionnaire des synonyme a déjà été retourné plusieurs fois pour décrire la mobilisation ayant actuellement cours au Québec. Une grève étudiante sans précédent, qui s’est transformée au fil des semaines en mobilisation citoyenne historique, en grande partie grâce à l’intransigeance du gouvernement de Jean Charest. Depuis les dernières semaines, les médias internationaux se sont emparés de l’affaire. Les images de manifestations et d’affrontements font les manchettes partout à travers le monde. Que se passe-t-il au Québec ?

Les premières traces de la lutte actuelle sont à rechercher dès 2010. À la fin mars, le ministre des Finances du Québec Raymond Bachand dépose un budget qu’il qualifie lui-même dans les journaux de « révolution culturelle ». Il n’aurait pas pu mieux dire: le budget est historique. Il contient une série de mesures de tarification et de privatisation des services publics : la hausse des frais d’inscription à l’université y est annoncée (75% en 5 ans), ainsi que l’instauration d’une « taxe-santé » annuelle de 200 dollars pour avoir accès au système de santé public et universel québécois et une augmentation de 30% des tarifs d’électricité. Déjà, on le voit: la hausse des frais de scolarité s’inscrit dans une vague beaucoup plus large de mesures d’austérité néolibérales.

C’est à partir du dépôt de ce budget incendiaire que la mobilisation s’ébranle, en crescendo jusqu’au 13 février dernier, où 11 000 étudiants et étudiantes déclenchent une grève générale illimitée. Rapidement, ce nombre gonflera, pour atteindre 300 000 grévistes le 22 mars, dont au moins 200 000 dans les rues de Montréal. Un moment clé de la grève : les étudiants et les étudiantes prennent conscience de l’ampleur et du potentiel de leur propre mobilisation. La lutte commence à s’élargir : les expressions « Printemps québécois » et « Printemps érable » naissent sur la bouche des manifestants. Cela se traduit aussi dans la rue. Les citoyens sont de plus en plus nombreux dans les rues. Des collectifs de poésie apparaissent. De nombreux événements de prise de parole sont organisés. Un mois plus tard, au jour de la Terre, les Québécois sont 250 000 dans les rues pour défendre le bien commun. L’ébullition politique est sociale est à son maximum. Chaque soir, des milliers de personnes descendent dans les rues, majoritairement les étudiants et les étudiantes.

Lorsque le gouvernement de Jean Charest adopte sous bâillon parlementaire la loi spéciale 78 qui suspend les sessions universitaires et encadre sévèrement le droit de manifester. C’en était trop : la marmite saute. La colère accumulée contre le gouvernement Charest en plus de 10 ans se traduit enfin dans la rue. Par dizaines de milliers, des familles québécoises descendent spontanément dans les rues casseroles à la main, et plus seulement à Montréal. Depuis, le tintamarre se fait entendre chaque soir, à 20 heures dans toutes les villes du Québec.

Le pouvoir libéral est usé. La montée de lait actuelle s’inscrit dans une escalade de l’insatisfaction qui s’étire sur plusieurs années : corruption, scandale des gaz de schiste, favoritisme envers le milieu des affaires, saccage de l’héritage social-démocrate du Québec, gestion déficiente des ressources naturelles. Quelle que soit l’issue de la grève étudiante, la vague de changement qui s’est ébranlé ce printemps ne s’arrêtera pas de si tôt. Contre tout les préjugés, la jeunesse québécoise a accepté de jouer son rôle historique : défendre la justice sociale. Et nous sommes des centaines de milliers. Difficile de ne pas être optimiste.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la CLASSE

Source: Le Monde, 7/06/12

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Il faut s’unir pour battre Charest!

«Les effets du mode de scrutin actuel sont bien connus. D’une élection à l’autre, le quasi-monopole que le PLQ exerce sur l’électorat non francophone lui garantit un plancher d’une quarantaine de circonscriptions. Dans les autres, la division du vote francophone peut lui permettre de se faufiler dans suffisamment de comtés pour atteindre le chiffre magique de 63, qui assure une majorité à l’Assemblée nationale.»

Dans sa chronique Michel David fait état du malaise grandissant au sein des forces souverainistes, conscientes qu’elles sont que que leur division risque très sérieusement de contribuer à la réélection de Jean Charest. En témoigne l’Appel à la nation québécoise lancé par Pierre Curzi.

Tout sauf Charest

Michel David   5 juin 2012  Québec

«La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse », dit la Bible. Ces jours-ci, c’est plutôt la crainte de Jean Charest qui en fait réfléchir plusieurs.

En faisant resurgir le spectre d’une victoire libérale qu’on avait crue impensable, la crise étudiante a eu pour effet de relancer le débat sur la nécessité d’un front commun des forces souverainistes, dont l’idée semblait définitivement enterrée.

Après le Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ), c’est au tour du député indépendant de Borduas, Pierre Curzi, de lancer un appel à l’unité. « La nation ne peut plus se payer le luxe d’un autre gouvernement libéral », écrit M. Curzi dans une lettre publiée aujourd’hui dans Le Devoir.

Certes, il n’est le seul à penser que l’intérêt supérieur du Québec commande maintenant de barrer la route aux libéraux et que cet impératif devrait primer toute considération de nature partisane. Option nationale (ON) est actuellement aux prises avec le même débat. Dans une lettre qu’on peut lire sur le site Internet du Devoir, les dirigeants du SPQ Libre, Marc Laviolette et Pierre Dubuc, proposent également une « large coalition autour du PQ ».

Les effets du mode de scrutin actuel sont bien connus. D’une élection à l’autre, le quasi-monopole que le PLQ exerce sur l’électorat non francophone lui garantit un plancher d’une quarantaine de circonscriptions. Dans les autres, la division du vote francophone peut lui permettre de se faufiler dans suffisamment de comtés pour atteindre le chiffre magique de 63, qui assure une majorité à l’Assemblée nationale.

C’est la conjoncture qui a complètement changé au cours des derniers mois. Au début de l’année, la soudaine popularité de la « dame de béton » et la dégringolade de la CAQ, qui semblaient ouvrir la voie à une victoire péquiste, avaient permis à Pauline Marois de couper court à toute discussion sur une éventuelle alliance électorale avec Québec solidaire, mais la situation n’est plus du tout la même. Son rêve de devenir la première femme à diriger le Québec pourrait bien lui échapper.

***

Aussi bien au PQ qu’à QS, et maintenant à ON, l’idée d’une alliance se heurte à des oppositions d’ordre idéologique que certains n’arriveront sans doute jamais à surmonter. Jusqu’à présent, la principale pierre d’achoppement a cependant été l’impossibilité de s’entendre sur un partage des comtés entre les partis.

Le candidat péquiste dans Sainte-Marie -Saint-Jacques, Daniel Breton, a raison : dans cette affaire, la mauvaise foi est également partagée entre libéraux et solidaires. Le SPQ Libre propose encore une fois que le PQ abandonne Rosemont à Françoise David, qui pourrait laisser le champ libre à Nicolas Girard dans Gouin, mais rien n’indique que Mme David serait maintenant prête à accepter un arrangement qu’elle a toujours refusé.

Pour contourner la difficulté, M. Curzi propose la tenue de primaires auxquelles pourraient participer les membres en règle de tous les partis faisant partie de l’alliance. Le vainqueur serait le candidat unique de tous les souverainistes. Le député de Borduas suggère que des indépendants puissent également être sur les rangs, ce qui laisse croire qu’il n’a pas renoncé définitivement à la politique.

Le PQ comptant plus de membres, son candidat l’emporterait dans la quasi-totalité des circonscriptions où des primaires auraient lieu. Outre M. Curzi, une des rares exceptions pourrait être le chef de l’ON, Jean-Martin Aussant, dans Nicolet-Bécancour. Cela ferait grimacer certains péquistes, mais l’élection d’un caquiste serait-elle préférable ?

***

Il est vrai que le PQ, QS et ON ont des positions qui ne sont pas inconciliables sur des questions comme la langue, l’environnement ou les ressources naturelles, mais il est illusoire de penser qu’ils pourraient s’entendre sur une « proposition principale commune » qui irait au-delà du « tout-sauf-Charest », comme le voudrait le fondateur du NMQ, Jocelyn Desjardins.

Qui trop embrasse mal étreint. M. Curzi se verrait bien ministre responsable de la loi 101 dans un cabinet Marois, mais il est totalement irréaliste de penser à un « gouvernement de coalition » qui inclurait des représentants de QS. La majorité des péquistes ne sont pas davantage disposés à passer de l’axe souveraineté-fédéralisme à un axe gauche-droite que les solidaires sont prêts à faire l’inverse. Avec Amir Khadir dans son cabinet, Pauline Marois deviendrait folle au bout de deux jours. Pour le moment, il vaut mieux s’en tenir à une simple alliance électorale.

Des candidatures souverainistes uniques ne garantiraient cependant pas l’élection d’un gouvernement péquiste majoritaire. Si déprimante que puisse être la perspective d’une victoire libérale, celle de devoir former un gouvernement minoritaire soumis au bon vouloir des libéraux et des caquistes ne l’est guère moins.

Déjà, le PQ hériterait d’une situation financière très difficile qui lui laisserait très peu de marge de manoeuvre. Sans majorité à l’Assemblée nationale, il faudrait également renoncer à la « nouvelle loi 101 », à la citoyenneté québécoise et, bien entendu, à toute initiative de nature constitutionnelle. Les tensions internes qui ont failli provoquer le départ de Pauline Marois cet hiver ne tarderaient pas à réapparaître. Au moins, pour ce qui est de détester Jean Charest, tout le monde s’entend. Le Devoir 5/06/12

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Une messe pour régler le conflit étudiant!

«Convaincu que la prière peut avoir raison des pires mésententes, un prêtre de Québec a décidé d’organiser une messe spéciale pour résoudre le conflit étudiant.

La « messe pour la paix sociale et le dialogue sincère » devait avoir lieu hier soir à l’église Saint-Sacrement.

Dans un communiqué diffusé par le diocèse, les organisateurs soulignent que le conflit « polarise la population » et que les croyants allaient prier « pour qu’une solution adéquate à tous les partis en cause puisse voir le jour rapidement ».

« C’est notre façon de contribuer à la solution », a expliqué hier l’initiateur du projet, le père Gérard Busque. « On est convaincus que notre Dieu peut changer les coeurs, ouvrir les coeurs aux uns et aux autres pour arriver au dialogue ».

C’est à la demande d’un étudiant de la paroisse que le père Busque a pris cette initiative. « C’est un étudiant très croyant qui vient à l’Église très régulièrement », a-t-il indiqué.

Invité à dire si ses prières allaient viser davantage les étudiants ou le gouvernement, le prêtre a lancé en riant que « dans un dialogue, les deux sont concernés » et que « pour qu’il y ait un dialogue, il faut être deux ».

Selon le porte-parole du Diocèse, ce genre de messe est plutôt « inusité ». Des messes spéciales ont souvent été organisées à la suite de catastrophes naturelles, comme le séisme en Haïti ou le tsunami au Japon. Toutefois, il est plutôt rare qu’on organise des célébrations pour des sujets « si près de nous », a expliqué Jasmin Lemieux-Lefebvre.» Le Devoir 5/06/12

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Bilan du PLQ

Parti Libéral du Québec: L’indignation en chiffres et en aberrations

Un document qui dresse en 76 articles le bilan du PLQ: un désastre! Téléchargez et faites circuler, il y a péril en la demeure: liberaux.net

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

«Spécial Étudiant»

Source: Journal de Montréal 2/06/12

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Hausse des droits de scolarité: «injuste» et «violente»

L’ancien ministre français de l’Éducation et de la Culture Jack Lang a dénoncé hier la hausse des droits de scolarité et apporté son soutien au combat des étudiants québécois. Selon l’ancien ministre de François Mitterrand, qui demeure l’une des personnalités politiques les plus populaires de France, cette hausse est une mesure injuste et violente.

« J’aime beaucoup le Québec. C’est un pays qui a fait tellement de choses pour la langue française et pour la culture. Pour moi, c’est un pays de grande civilisation. Je suis d’autant plus étonné que le gouvernement du Québec ait pris une décision aussi injuste à l’égard des étudiants. Imposer des droits d’inscription aussi élevés, c’est une mesure presque violente. » Le Devoir 2/06/12

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Dans le ciel du Québec

Sous le ciel de Paris

Source: Vladimir De Thézier

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Elizabeth regina

Pour le «patriote ambivalent», le célèbre, mais toujours incognito, artiste de rue Banksy, propose cette oeuvre pour le Jubilé de diamant de la reine Élizabeth 2. Téléchargez le fichier en très haute résolution ICI.

Pour se mettre dans l’ambiance du Jubilé, il n’y a pas mieux que le God Save the Queen, celui des Sex Pistols évidemment.

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Pour la suite des choses

Pour la suite des choses, on prendra acte.

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Le Parkour

L’art du déplacement

«La philosophie de cette discipline sportive, qui gagne en popularité, rappelle celle des arts martiaux que Vincent Thibault a pratiqués pendant dix ans. « N’importe quelle tradition un peu spirituelle enseigne que le secret dans la vie est de voir des opportunités dans les obstacles. Je ne connais aucune autre discipline qui montre un enseignement de la vie aussi tangible que le parkour. » Le Devoir, 1/06/12

Parkour pour débutant…

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized