Internet: piège à cons ou à cancres?

Des étudiants du Lycée Chaptal à Paris sont tombés dans un piège, un piège internet qui leur a été tendu par leur prof de Lettres Loys Bonod, alias Lucas Ciarlatano. Le prof donne à ses étudiants un travail à faire à la maison, un travail qui consiste à rédiger un commentaire de texte portant sur un poème de Charles de Vion d’Alibray. Un poème baroque du XVIIè siècle, assez rare pour qu’on ne puisse pas le trouver facilement sur internet. Mais bien à l’avance, le prof avait donc pris soin de préparer sur internet le terrain de recherche que ses étudiants allaient très certainement investir: il a ainsi modifié légèrement l’article de Wikipédia consacré au poète en y ajoutant un détail biographique inventé de toutes pièces, il s’est également fait passer pour un étudiant sur différents forums où il a posé diverses questions sur l’interprétation de ce poème, questions auxquelles il a lui-même répondu sous la forme de lamentables commentaires de texte que n’importe quel étudiant médiocre aurait pu écrire et, enfin, il s’est inscrit comme auteur, sous le nom de Lucas Ciarlatano (!), à deux sites proposant des corrigés de commentaires et de dissertations payants qui ont tous les deux publié les commentaires, encore lamentables, qu’il leur a soumis. Le résultat de cette manoeuvre?

«Sur 65 élèves de Première, 51 élèves – soit plus des trois-quart – ont recopié à des degrés divers ce qu’ils trouvaient sur internet, sans recouper ou vérifier les informations ou réfléchir un tant soit peu aux éléments d’analyses trouvés, croyaient-ils, au hasard du net. Je rappelle qu’ils n’avaient pour cet exercice aucune recherche à faire : le commentaire composé est un exercice de réflexion personnelle.»

Les étudiants ou les élèves, comme on dit en France, de M. Bonod n’ont rien d’extraordinaire. La pratique du plagiat sur internet n’est pas exclusivement parisienne, n’est-ce pas? Pour ma part, ce qui me frappe le plus là-dedans, ce qui me choque par- dessus tout dans ces histoires d’inconduite intellectuelle, ce n’est pas tant que des étudiants bâclent un travail de recherche en ne vérifiant pas la validité de leurs sources, ce qui me semble beaucoup plus grave c’est le recours au plagiat qui consiste à s’approprier le premier commentaire venu pour en faire l’expression d’une pseudo «réflexion personnelle». Dans le premier cas, on fait preuve de paresse et la vigueur nous fait défaut; dans le second cas c’est le sens de l’honneur qui nous fait défaut: ce que «moi» je pense? n’importe quoi qui traîne sur internet fera l’affaire et en tiendra lieu!

Voici donc la conclusion que Loys Bonod tire de cette expérience pédagogique:

«Les élèves au lycée n’ont pas la maturité nécessaire pour tirer un quelconque profit du numérique. Leur servitude à l’égard d’internet va même à l’encontre de l’autonomie de pensée et de la culture personnelle que l’école est supposée leur donner.»

Pour connaître le détail de cette expérience, voir le blogue de Loys Bonod, pour en avoir un résumé, voir l’article de Christian Rioux paru dans Le Devoir.

BLx

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