Kadhafi: Deux poids, deux mesures

Récemment nous avons été témoins de soulèvements monstres chez les peuples du Maghreb et d’Égypte en quête d’une liberté qui ne pouvait s’acquérir qu’avec la légitimité du dirigeant. De la Tunisie à la Lybie, en passant par l’Égypte, cette révolution a certes causé de nombreux remous au sein de ces populations, mais aussi au sein de la communauté internationale. En Lybie, le peuple s’est soulevé contre le fameux dictateur Mouammar Kadhafi ; une révolte qui servira de prétexte à la présence d’armées étrangères. Après tout, cette région du monde contient dans son sous-sol une grande quantité de pétrole et de gaz naturel. Mais ça c’est une autre laborieuse histoire. Le fait est qu’à la mort violente du tyran, nous avons jeté son cadavre ensanglanté en pâture à la plèbe. Cette humiliation, compréhensible dans la mesure où il existe en chaque révolution une dimension émotionnelle, n’aurait pas du avoir lieu. Il est aussi certain que l’objectivité et le rationalisme ne sont pas maîtres de la réaction commune à la mort du tyran, et ce, particulièrement quand une société est rongée par la haine, la pauvreté, la peur, la censure et tous les autres fléaux présents dans la plupart des états totalitaires. Seulement, le caractère catégorique qu’implique la charte des droits de l’Homme ne permet en aucun cas cet acte de profanation animé par la colère d’un peuple désabusé. Je comprends de même que l’idée de profanation du cadavre relève de principes métaphysiques; principes que nos sociétés à tendance séculaire négligent de plus en plus. Le pire c’est qu’Al-Jazzera, une sommité dans le monde des médias d’informations, a publié la photographie du cadavre de Kadhafi, spectacle qui ne serait pas admis si nous faisions la même chose avec celui qui est, selon moi, un autre tyran belliqueux et subtil, un tyran encore plus dangereux : Georges. W. Bush. En effet, Georges. W. Bush qui se voit aujourd’hui inculpé de crimes de guerres, ne serait jamais l’objet d’une humiliation comme celle qu’a vécue l’ancien chef Libyen. Il est donc question ici du « deux poids, deux mesures ». Il est inadmissible qu’il y ait ainsi une forme de hiérarchisation de la valeur de la vie et de la mort entre les individus. Je n’excuse en rien les agissements de Kadhafi. Au contraire, de par son illégitimité, il a ouvert la porte aux pays importateurs de pétrole, mais en tant que détenteurs et protecteurs des idées humanistes de liberté, d’égalité et de dignité, nous nous devons de remédier à ce genre de problème. Un problème que quelques lignes ne sauraient expliquer. Mais encore une fois, je ne parle qu’en tant que « révolutionnaire de salon », soit un garçon qui vit une belle vie et qui parle de tempérance quand la colère ronge ces pays. Je fais alors abstraction de la dimension émotive qui caractérise en grande partie cette révolution dont l’issue reste à découvrir.

Mazigh Serkhane

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