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John Rawls contre la conception entrepreneuriale de l’université

Pour Le Devoir de philo, Michel Seymour, professeur de philosophie à l’Université de Montréal, s’appuie sur la pensée du philosophe américain John Rawls, l’auteur de la célèbre Théorie de la justice, pour défendre la mission éducative de l’université  contre la volonté des gens d’affaires qui veulent la réduire à n’être qu’un instrument au service des entreprises.

Selon le philosophe américain John Rawls (1921-2002), la justice distributive requiert que les avantages soient attachés à des positions sociales auxquelles tous peuvent parvenir s’ils ont les talents requis. Chaque personne qui a un talent et qui veut le développer doit être en mesure de le faire.

C’est le principe de la juste égalité des chances (equality of fair opportunity). Il ne s’agit pas seulement d’assurer une égalité de droit, garantie par la loi, mais de parvenir à institutionnaliser une égalité de fait : le système scolaire doit effectivement permettre à un enfant issu d’une classe défavorisée d’accéder à une carrière adaptée à son talent.

Dans son maître livre Théorie de la justice, John Rawls écrit qu’« une juste égalité des chances […] signifie que le gouvernement […] essaie de procurer des chances égales d’éducation et de culture à ceux qui ont des dons et des motivations semblables, soit en subventionnant des écoles privées, soit en créant un système scolaire public ».

Il faut préciser que, selon Rawls, le système d’éducation incarne le principe d’égalité des chances. Non seulement affirme-t-il qu’une éducation universellement accessible peut avoir un effet favorable à l’égalité des chances, il va plus loin en soutenant qu’il ne peut y avoir d’égalité des chances sans une éducation universellement accessible.

D’ailleurs, remarquons que le principe d’accessibilité universelle est tellement partagé dans notre société que même ceux se disant favorables à la hausse des droits de scolarité tentent de montrer que celle-ci ne nuirait pas à son application.

La pointe de l’iceberg

Ce débat sur l’accessibilité n’est pourtant que la pointe de l’iceberg. Il en cache un autre, encore plus important, qui concerne la conception même de l’université, un débat qui dépasse la question de savoir si celle-ci doit être publique ou privée.

En réalité, comme l’indique Rawls cité plus haut, l’université peut incarner l’idéal de l’égalité des chances tout en étant une institution privée. Elle serait alors semblable à un organisme sans but lucratif financièrement appuyé en partie par l’État, par des mécènes et par un fonds de souscription.

Quelle est donc, dans une perspective rawlsienne, la bonne conception de l’université ? Si le système d’éducation incarne le principe de l’égalité des chances, l’université doit alors être considérée comme une institution servant la cause du bien commun.

Il s’agit, autrement dit, d’un bien mis au service de la collectivité dans son ensemble. Elle doit en ce sens ressembler à une institution publique et ne pas se modeler sur l’entreprise privée. Elle doit honorer sa vocation éducative offerte à tous.

On a donc, d’une part, une conception selon laquelle l’université constitue une institution ayant une vocation éducative, servant l’intérêt collectif et incarnant le principe de l’égalité des chances entendu au sens de Rawls ; et, d’autre part, une conception entrepreneuriale concevant l’éducation comme un produit de luxe réservé à ceux qui sont engagés, en tant que consommateurs de ce produit, dans la poursuite de leurs intérêts personnels de carrière.

Comme l’a bien plaidé le philosophe de l’éducation Denis Meuret en 1999, le rawlsien se méfiera du modèle selon lequel les individus s’endettent pour acheter des services éducatifs sur le marché, services qu’ils rembourseront grâce à leur rémunération future.

Un rouage de l’économie du savoir

Malheureusement, depuis qu’elle s’est muée en un rouage essentiel de ce qu’il est conve nu d’appeler « l’économie du savoir », l’université se trouve poussée à évoluer vers une conception entrepreneuriale. C’est un phénomène mondial qui donne lieu à des prises de conscience critiques de plus en plus nombreuses. Nous ne sommes pas les seuls, au Québec, à vivre ces tensions.

Soulignons, avant d’aller plus loin, qu’il ne faut pas confondre le principe de l’égalité des chances avec l’« égalitarisme » en matière de justice distributive. S’il souscrit à l’égalité des chances, Rawls rejette l’égalitarisme en ces matières au profit du principe de différence (difference principle). Celui-ci autorise par exemple les différences de position sociale et de rémunération, pourvu qu’elles servent à améliorer le sort des plus démunis.

La pensée de Rawls peut alimenter nos réflexions critiques à l’égard des modèles de l’université mis en avant par le gouvernement Charest. Mais peut-on confirmer l’hypothèse selon laquelle les universités québécoises ressemblent de plus en plus à des entreprises privées ? Selon moi, cette orientation est malheureusement bel et bien réelle.

1. Les universités sont de plus en plus souvent gérées par des personnes n’ayant pas fait une carrière de chercheur. À l’Université de Montréal, par exemple, cinq des six membres du comité exécutif sont des gestionnaires qui n’ont pas touché à la recherche.

2. Les salaires des dirigeants universitaires québécois ressemblent de plus en plus à ceux des dirigeants d’entreprise. À l’Université Concordia, on est même allé jusqu’à accorder des primes de départ qui frisaient l’indécence.

3. On entend souvent dire de la part de certains recteurs que les membres du corps enseignant ne sont que des « employés ». Sous prétexte de refuser la cogestion, on est prêt à aller totalement à l’encontre du principe de collégialité. Et pourtant, puisque les professeurs-chercheurs, les chargés de cours et les étudiants constituent la véritable force créative de l’université, cela commanderait une gestion collégiale.

Pour donner un exemple qui ne correspond pas nécessairement à mes préférences en matière musicale, c’est René Angélil qui dirige la carrière de Céline Dion. Mais Céline n’est pas l’employée de René Angélil ! Ce dernier n’a d’autre choix que de faire une gestion collégiale.

Malheureusement, comme l’indiquait le projet de loi 38 du gouvernement libéral sur la gouvernance des universités (déposé en 2009, mais toujours au feuilleton, maintenant sous le numéro 44), on envisageait de concentrer les pouvoirs dans les conseils d’administration universitaires et de faire en sorte que les deux tiers de leurs membres proviennent de l’extérieur de l’université.

4. Les effectifs étudiants apparaissent de plus en plus comme une « clientèle » à attirer. Les développements immobiliers effectués sur le territoire des universités « concurren tes », au cours des dix dernières années, visaient à s’arracher ladite « clientèle » étudiante, un peu comme le font les entreprises qui cherchent à se concurrencer pour occuper une plus grande part du marché. L’Université de Montréal s’est installée à Laval, l’Université de Sherbrooke a construit un campus à Longueuil, tandis que l’Université du Québec à Trois-Rivières souhaite s’implanter à Drummondville.

Près de la moitié de la « clientèle » (temps plein) de l’Université du Québec à Rimouski étudie au campus de Lévis, tandis que près du quart des étudiants de l’Université du Québec en Outaouais se trouvent à Saint-Jérôme, indiquent les plus récentes données de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).

En outre, les universités dépensent des millions en publicité pour se mettre en valeur auprès de la « clientèle » étudiante.

5. Le principe de la péréquation interfacultaire, qui permet de faire fonctionner des unités non rentables avec les revenus des unités plus rentables, est de plus en plus souvent remis en question. Il a été mis en cause à l’Université de Sherbrooke autour des années 2000. On a aussi voulu le remettre en question en 2007-2008 à l’Université de Montréal.

En vertu de la nouvelle politique que l’UdeM cherchait à implanter, chaque unité devait viser l’équilibre budgétaire sur une période de cinq ans et celles qui n’y parviendraient pas allaient devoir démontrer comment elles feraient pour y parvenir.

6. L’ouverture d’un poste à l’Université de Montréal doit être accompagnée d’un « plan d’affaires » (cela ne s’invente pas !) qui montre la rentabilité de cette stratégie d’embauche.

7. Aux yeux du recteur de l’Université de Montréal, l’université sert à produire des diplômés qui pourront, grâce à leur diplôme, décrocher des postes dans une entreprise. Il peut s’agir d’une entreprise privée ou d’une entreprise publique, mais la raison d’être de l’université est d’abord et avant tout de produire des travailleurs pour les entreprises.

Cette idée est l’expression même d’une université fonctionnellement engagée exclusivement dans l’économie du savoir. C’est dans cet esprit que les universités se sont associées au Plan Nord.

8. Sur quinze pavillons portant le nom d’une personne à l’UdeM, sept ont reçu celui d’un donateur issu du milieu des affaires plutôt que d’un scientifique célèbre. Les doctorats honoris causa sont de plus en plus souvent décernés à ceux qui ont réussi dans une entreprise.

Ainsi, à l’Université de Montréal, on a décerné des doctorats honoris causa aux deux fils Desmarais, puis au beau-père de l’un d’entre eux, le très honorable Jean Chrétien, ainsi qu’à Mme Desmarais, épouse de Paul Desmarais. Mais on repousse du même coup la suggestion de décerner un doctorat honoris causa à une personne comme Luc Brisson, chercheur québécois qui oeuvre depuis des dizaines d’années au CNRS et qui est l’un des plus grands experts mondiaux de l’oeuvre de Platon.

9. La recherche libre constitue une part sans cesse décroissante au sein des organismes subventionnaires. Des chaires industrielles sont créées. Les chercheurs doivent rester discrets dans leurs critiques s’ils ne veulent pas faire l’objet d’une poursuite-bâillon. Les chercheurs et les centres de recherche sont naturellement enclins à s’autocensurer par rapport aux organismes qui les financent car, comme chacun le sait,«on ne mord pas la main qui nous nourrit».

Ainsi en est-il du Munk Center, grand centre d’études internationales de l’Université de Toronto financé en grande partie par Peter Munk, président de Barrick Gold. Les chercheurs se bousculent-ils au portillon pour formuler quelque critique que ce soit à l’endroit de l’entreprise minière ?

10. On remarque de plus en plus la présence d’entreprises dans les conseils d’administration des universités. Ainsi, Power Corporation est présente dans l’administration de l’Université de Montréal. Hélène Desmarais est présidente du conseil d’administration de HEC et siège à celui du CHUM. Deux membres sur six au sein du comité exécutif de l’Université de Montréal siègent au conseil d’administration de Power Corporation.

C’est dans ce contexte que la hausse des droits de scolarité doit être comprise. L’éducation supérieure est souvent conçue comme un produit de luxe qui permet à la clientèle qui achète du savoir de se dénicher ensuite un poste dans une entreprise. Les étudiants doivent donc payer pour ce produit en raison des avantages personnels qu’ils pourront en retirer.

Comme on le voit, et cela est en partie dû à la contribution de Rawls, le débat qui est le nôtre va bien au-delà de l’accessibilité et du caractère privé ou public du système d’éducation universitaire. Il concerne la conception même de l’université.

La hausse vertigineuse des droits de scolarité préconisée par le gouvernement libéral actuel est étrangère à l’idée de l’université comprise comme un bien public contribuant à incarner le principe de l’égalité des chances; elle est plutôt le résultat d’une conception entrepreneuriale qu’il faut dénoncer non seulement le 22 de chaque mois, mais tous les jours de l’année.

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Nuits blanches à Montréal

Dans un très beau texte paru dans Le Monde, la romancière québécoise Perrine Leblanc explique aux Français ce qu’elle comprend de la crise actuelle. Voici un extrait:

«La voix des étudiants porte et nous sommes maintenant des centaines de milliers à être de tout coeur avec eux. La colère de cette génération est saine et plus éloquente que le discours terne que lui oppose le gouvernement dans sa novlangue libérale. La colère des étudiants m’a gagnée lorsque les affrontements violents entre les manifestants et les forces de l’ordre se sont intensifiés à un point tel que la brutalité policière m’a rappelé la violence qui détruit les pays et celle que je décris dans la fiction romanesque. On charge les manifestants, on les matraque, on les asperge de poivre de Cayenne ; on lance dans la foule des balles de caoutchouc et des bombes de gaz irritant.

Il y a des blessés, mais heureusement personne n’a été tué. Les étudiants qui marchent, manifestent pacifiquement et défient l’autorité du gouvernement et des policiers avec humour ont bouleversé l’image que je me faisais du Québec. Ils ont été brutalisés de manière révoltante dans un pays inaccoutumé à de tels débordements. C’est arrivé chez moi, chez nous ? Cette violence qui pour moi appartenait au domaine de la fiction est possible chez moi, dans ma cour, dans mon quartier ?

J’ai compris qu’il se passait quelque chose de plus important encore que l’affrontement entre deux générations, entre un gouvernement obstiné et des étudiants mobilisés. Le Québec a un devoir, celui d’évoluer dans le respect de la social-démocratie qu’il a construite. Il l’a oublié, ce devoir. La devise qu’on peut lire sur les plaques d’immatriculation québécoises dit le contraire : « Je me souviens. »» Lire tout l’article ICI.

Voir aussi: «Printemps érable»: Cent jours de grève étudiante au Québec, l’infographie préparée par Le Monde.

BLx

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Hey! On fait la une de «Libé»!

L’un des plus importants quotidiens français, le journal Libération, consacre la une de son édition de fin de semaine à la dénonciation de l’infâme loi 78, une loi qui fait insulte à la tradition démocratique du Québec et qui déshonore le Parti Libéral du Québec et son chef Jean Charest. Merci à Libération!

BLx

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Pour comprendre ce qui se passe

À MM. Pratte, Dubuc, Facal et à tous les autres qui ne comprennent pas

Normand Baillargeon

Bon nombre de commentateurs avouent avoir du mal à comprendre ce qui se passe actuellement au Québec ou démontrent carrément, par leurs commentaires et leurs analyses, qu’ils ne comprennent pas tout à fait. Très candidement Joseph Facal avouait ainsi hier, dans le Journal de Montréal: «Un des aspects les plus frappants de la crise actuelle est le profond décalage qu’elle révèle entre la mentalité de beaucoup de manifestants et la tournure d’esprit de gens comme moi. J’avoue très honnêtement que je ne l’avais pas vu venir.»

Je ne jette pas la pierre à ces gens et moi-même j’avoue sans gêne que je ne comprends pas très bien certains aspects de la crise qui secoue le Québec. Il faudra qu’elle se termine et que du temps passe avant que l’on puisse faire un bilan serein et synthétique des événements et de leur signification: la Chouette de Minerve, c’est bien connu, ne prend son envol que le soir venu, après le tumulte de la journée.

Mais ceci dit, et en tout respect, je pense comprendre au moins en partie pourquoi certains ne comprennent pas — et parmi ceux-là, je range non seulement des commentateurs, mais aussi une part du mouvement syndical et le Gouvernement. Quant à la population en général, souvent, sans connaître le détail de l’explication de la crise, elle en pressent souvent, me semble-t-il, l’essentiel.

La crise en cours est — entre autres choses, j’en suis conscient — l’ expression d’une critique radicale et pour cela inhabituelle  de nos institutions, de notre société, une critique radicale que nombre de gens ignorent peu ou prou mais qui s’est articulée depuis plusieurs années et qui débouche aujourd’hui sur des revendications inédites présentées selon des modalités elles aussi inédites.

 Que dit cette critique radicale?

Permettez-moi d’essayer d’aller rapidement — et j’espère, sans trop caricaturer — à ce qui me paraît être essentiel.

Voici donc. Une profonde mutation de civilisation est survenue à l’échelle planétaire vers 1970. Un de ses éléments centraux a été le démantèlement des fameux Accords de Bretton Woods, qui avaient été conclu au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale pour relancer et encadrer l’économie mondiale.

Ces accords favorisaient les échanges dans l’économie réelle, mais ils mettaient aussi un frein majeur aux flux de capitaux de l’économie virtuelle, jugés dangereux pour cette économie réelle faite de biens et de services. Les flux de capitaux étaient considérés, avec raison, comme concédant un pouvoir immense et injustifiable et qu’il fallait donc  refuser aux détenteurs de capitaux: ceux-ci, dès lors qu’ils pouvaient sanctionner positivement ou négativement des décisions politiques (en allant là où ils le désiraient) se seraient vu concéder ce que Keynes (il me semble que c’est lui, on me corrigera …) appelait un «sénat virtuel», et donc un pouvoir illégitime et dangereux pour le politique, voire démocraticide: si une loi, disons de travail, devait leur déplaire, les détenteurs de capitaux auraient pu voter contre elle en retirant leurs billes.

On voulait donc éviter tout cela et on y est relativement bien parvenu … jusqu’au début des années 70, et donc durant ce que l’Histoire appelle les Trente glorieuses. Les Trente glorieuses, car ce furent en effet des années de forte croissance économique, sans crises majeures et durant lesquelles furent poursuivies des politiques économiques et fiscales qui ont maintenu vivant un idéal égalitaire. Pour en donner un exemple frappant, il était fréquent, durant ces années, que des pays appliquent des taux d’imposition maximaux de 90 % environ — et les entreprises payaient leurs impôts. Pour en donner un autre exemple, l’économie durant ces années était, en gros, à 95% composée d’échanges réalisés dans l’économie réelle et à 5 % d’échanges dans l’économie virtuelle.

Vers 1970, c’est ce système qui a été démantelé. On libéralise notamment les flux de capitaux, ouvrant ainsi la voie, comme le  prédit aussitôt l’économiste James Tobin, à de nombreuses et graves  crises financières et économiques: pour y pallier, il propose une taxe sur les flux de capitaux, la fameuse taxe Tobin, qui ne sera pas adoptée mais que d’aucuns, comme le Groupe ATTAC, défendent encore.

Les changements qui s’ensuivent sont profonds et radicaux.

Les échanges économiques, pour commencer, changent profondément de nature: ils deviennent, en gros, désormais virtuels à 95%. Le redouté  sénat virtuel existe et il est très puissant. Les banques changent alors  profondément de nature: ce ne sont plus des institutions prêteuses comme celles que nos grands-parents ont connu, mais des acteurs majeurs dans des jeux spéculatifs à haut risque, capable de perturber et même de saccager  l’économie réelle. La concentration de la richesse dans le secteur financier qui en découle est proprement phénoménale. Nuisible à l’économie réelle, elle enrichit hors de tout bon sens des gens qui se livrent, au sens strict et fort du terme, à des activités antisociales et qui brisent d’innombrables vies. Et pendant ce temps, les salaires et revenus des gens ordinaires, des salariés,  stagnent depuis des décennies. La suite: Voir/Blogues/Normand Baillargeon, 24/05/12

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Grand tintamarre rue Masson

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Nous, les irréductibles québécois!

Nous sommes en 2012 ; toute l’Amérique est occupée par les néo-libéraux … Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Québécois résiste!

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La manif du 22 mai à New York

Manif de jour

Album photos ICI

Manif de soir

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La manif du 22 mai à Paris

Album photos ICI

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La maniff du 22 mai à Montréal

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Grande manifestation du 22 mai

À MONTRÉAL:

14h Place des Festivals

À NEW YORK:

14h 1, Rockerfeller Plaza (Wear red)

Occupy Cuny News

À PARIS:

18h, fontaine Saint Michel

Le 22 mai à Paris

Avant de participer à une manifestation, il faut s’assurer qu’elle est bien légale.

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Résister à la loi 78 en 15 points

Par Daniel Weinstock – Devant la nouvelle noirceur qui s’abat sur le Québec, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de tenter de résumer aussi simplement que possible les raisons qui me font penser qu’il faut résister à la loi 78.

  1. Les droits individuels sont un rempart institutionnel fondamental protégeant les citoyens contre les abus de pouvoir de l’État.
  2. Même des représentant élus démocratiquement peuvent abuser de leurs pouvoirs.
  3. En démocratie, les droits de s’associer, de s’exprimer, de protester, revêtent un caractère tout à fait fondamental.
  4. Ces droits doivent être reconnus à tous, surtout à ceux qui défendent dans le respect des normes démocratiques et libérales des points de vue dissidents et impopulaires.
  5. Le caractère fondamental de ces droits fait qu’ils ne peuvent être circonscrits qu’avec la plus grande parcimonie.
  6. La situation actuelle au Québec n’appelle pas une limitation aussi draconienne que celle qui a été posée par le gouvernement du Parti Libéral par son odieuse et honteuse Loi 78. Le gouvernement par son refus d’engagement démocratique avec le mouvement étudiant a contribué à la dégradation du climat social. Les dérives qui se font sentir dans ce climat, engendré en partie par le gouvernement, peuvent par ailleurs être régies par les dispositifs juridiques existant, dont ceux du code criminel.
  7. Que l’on soit d’accord avec eux ou pas sur la question de la hausse des frais, les étudiants posent des questions qui sont légitimes, et qui méritent une réponse respectueuse.
  8. Ils n’ont reçu pour réponses de la part du gouvernement que mépris, bastonnades, injonctions, et maintenant, répression.
  9. Les tribunaux sont chargés de faire respecter les droits des citoyens contre les dérives autoritaires des gouvernements. On peut penser qu’ils ne feront qu’une bouchée de la loi 78.
  10. Les tribunaux ne peuvent cependant pas être les seuls remparts contre les abus de pouvoir et les dérives autoritaires des gouvernements. Les contestations juridiques sont longues et coûteuses, et les lois liberticides peuvent causer beaucoup de dégats avant qu’elles ne soient annulées par les tribunaux.
  11. Il faut également que les représentants démocratiquement élus, par delà leurs loyautés partisanes, s’érigent en défenseurs des principes et des institutions les plus fondamentaux de la démocratie, et refusent de voter des lois liberticides.
  12. Il faut également des citoyens qui sont disposés à user de leurs droits civils et démocratiques. Sinon, ces droits ne sont plus que des paroles creuses. Nous devons savoir gré au mouvement étudiant d’avoir été à la hauteur de cette responsabilité citoyenne.
  13. Il s’agit d’une conception bien anémique de la démocratie que celle selon laquelle ce n’est qu’au moment de voter tous les 4 ans que l’on exerce des droits démocratiques, la responsabilité du citoyen à tout autre moment n’étant que d’obéir. Cela ressemble plutôt à la « douce tyrannie » dont parlait Tocqueville. Or, c’est cette conception de la démocratie qui semble être mise de l’avant par ceux — chroniqueurs, politiciens — qui défendent cette odieuse loi.
  14. Il est souvent arrivé, dans l’histoire récente, que des limitations importantes de droits individuels imposées au nom de l’ordre public aient initialement été applaudies par une majorité de la population des États concernés. Ces populations ont vite appris que les droits ne sont gagnés qu’au terme de longues luttes, mais ils peuvent être perdus en un clin d’oeil. Et une fois perdus, ils le sont pour TOUS les citoyens.
  15. La désobéissance civile est parfois apparue dans de tels contextes comme un puissant instrument de contestation. Elle a été théorisée par des philosophes aussi importants pour la tradition de la démocratie libérale que le sont Thoreau et Rawls, et elle a été mise en oeuvre par Martin Luther King et par Gandhi, pour ne nommer qu’eux.

Daniel Weinstock est professeur de philosophie à l’Université de Montréal.

Source:

Profs contre la hausse

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Un grand tonnerre

«Chères étudiantes, chers étudiants, vous nous avez montré la voie. On dit de vous que vous exigez l’impossible. Au contraire, vous ouvrez les possibles. C’est la raison pour laquelle nous serons nombreux à vous accompagner lors de la grande manifestation du 22 mai, en marchant avec vous ou en formant une grande haie d’honneur pour saluer votre détermination, en vous saluant de toutes les fenêtres. Nous formerons ensemble un grand tonnerre, oui, un très grand tonnerre d’applaudissements, une ovation dont l’écho se fera entendre encore et encore, pour que dure la lutte et l’espoir.» Christian Nadeau, Un grand tonnerre, Lettre ouverte aux étudiants et étudiantes en grève.

La lettre lue et mise en images:

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Anarchopanda fait des câlins

Guy Bourbonnais

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Bon dimanche!

«Le moment idéal réside justement dans cette licence exempte de soucis : c’est le dimanche de la vie, qui nivelle tout et éloigne tout ce qui est mauvais» Hegel

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Carrés rouges à New York

Samedi soir, en direct de New York, à l’émission Saturday Night Live, devant des millions de téléspectateurs,

Mick Jagger a chanté, habillé d’une belle chemise… rouge,

avec le groupe montréalais Arcade Fire

dont les membres arboraient tous

le carré rouge… ICI pour voir la prestation avec Aarcade Fire et ICI pour voir celle avec Foo Fighters

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