Achetez maintenant, payez plus tard!

Pour la plupart des gens l’acquisition de biens de consommation est facilitée par un recours au crédit: «Achetez maintenant, payez plus tard!» Alors, si on est prêt à s’endetter pour se procurer ce que l’on désire, pourquoi refuserait-on de s’endetter pour aller à l’université? D’autant plus qu’il ne s’agirait pas vraiment d’un endettement, dit-on, mais plutôt d’un investissement dont les dividendes suffiront largement à couvrir la dette contractée. C’est à cette logique marchande que l’éducation est livrée dès lors qu’elle cesse d’être comprise comme un droit et qu’elle est mise en vente comme un bien.

Mais les effets de cette logique marchande sont catastrophiques, notamment aux États-Unis où l’on parle de l’endettement étudiant comme d’une bombe à retardement»:

«Aux États-Unis, modèle souvent évoqué par ceux qui veulent augmenter les droits de scolarité, l’endettement des étudiants est en train de devenir une bombe à retardement sociale et financière.

Le total des dettes contractées pour financer des études a récemment dépassé le millier de milliards de dollars (one trillion en anglais). Au même moment, Barack Obama lançait sa campagne en abordant le sujet dans les universités.

On commence à parler d’une bulle comparable à celle des subprimes, ces prêts hypothécaires à risque, dont l’éclatement avait plongé les États-Unis et le monde dans une grave récession en 2008. Plus du tiers des dettes d’étudiants sont « titrisées », c’est-à-dire regroupées puis cédées à des investisseurs sous forme de produits dérivés. Il y a pour 400 milliards de dollars de SLABS en circulation chez nos voisins du Sud : il s’agit de papiers commerciaux appuyés sur des actifs (PCAA), en l’occurrence des prêts étudiants.» La suite: Le Devoir 14/05/12

Dans un long article du New York Times, paru la fin de semaine dernière, on prend la mesure du poids de la dette étudiante sur toute une génération, au moins 5 faits troublants en ressortent:

1) Pour obtenir un BAC, le pourcentage d’étudiants ayant dû s’endetter est passé de 45% en 1993 à 94% aujourd’hui;

2) La dette étudiante aux États-Unis s’élève à plus de 1000 milliards de dollars (un montant plus élevé que la totalité de la dette sur cartes de crédits);

3) Ces 10 dernières années, les frais de scolarité ont augmenté de 72%;

4) À la fin des années 70, l’État de l’Ohio, par exemple, consacrait 17% de son budget à l’éducation supérieure et 4% aux prisons. Aujourd’hui l’Ohio consacre 11% à l’éducation supérieure et 8% aux prisons;

5) En 2012, le financement public de l’éducation est au plus bas depuis 25 ans.

Voilà le péril auquel le Québec doit échapper.

BLx

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