MANIFESTE POUR UN QUÉBEC ÉDUQUÉ

Depuis une vingtaine d’années, les collèges mettent en place un nombre incalculable de mesures pour favoriser la réussite du plus grand nombre d’étudiants : centre d’aide, cours de mise à niveau, session d’accueil et intégration. Dernière trouvaille : pour accueillir les étudiants de la réforme, nous devons maintenant développer une pédagogie universelle de la première session. Des illuminés de la pédagogie s’évertuent à nous prouver, à nous qui avons fait nos classes, qu’en allant reconduire les étudiants à la porte de leur cours, en leur donnant d’avance les questions d’examen, en leur donnant des points pour être venus s’asseoir devant nous, en les tenant par la main, en les mouchant, en écoutant leurs jérémiades, nous, les professeurs, permettrons aux étudiants d’avoir de meilleures chances de réussite. Nous demandons aujourd’hui à ces pédadingos et aux patrons qui les engagent pour nous abreuver de leur illustre savoir, que vaudront ces diplômes de pacotille?
Nous, professeurs du collégial, en avons ras le bol, et nous disons :
NON à la nouvelle religion des cégeps qui s’agenouille devant la réussite à tout prix!
NON à des diplômes décoratifs!
NON aux patrons qui ferment les yeux sur la normalisation des moyennes!
NON à la pédagogie universelle qui dénigre l’acquisition des connaissances disciplinaires!
NON à la quantité de diplômés au détriment de la qualité des diplômes!
NON à la pression sur les professeurs pour gonfler le taux de réussite!
NON à une éducation fast-food!

Faut-il réellement baisser nos exigences pour favoriser l’émission de diplômes à rabais et consacrer plus de temps à la pédagogie bidon qu’à faire comprendre et aimer notre matière? Nous croyons qu’il est bon que les étudiants soient valorisés pour les efforts qu’ils fournissent, car ce qui est acquis avec effort est plus durable que ce qui est donné tout cuit dans le bec. Nous pensons que les étudiants doivent s’investir dans leurs études, puisque c’est de là que découleront leur motivation et leur travail. Il nous semble normal que les étudiants qui arrivent au cégep vivent une période d’adaptation et nous, comme professeurs, sommes prêts à les aider sans pour autant les infantiliser. Nous voulons former des citoyens autonomes et responsables qui façonneront la société de demain.
Nous voulons que les cégeps soient fiers des diplômes qu’ils émettent, car ils sont gage de qualité.

OUI à l’enseignement collégial qui doit réellement être un enseignement supérieur!
OUI aux étudiants qui sont au centre de notre travail!
OUI aux étudiants qui bénéficient de la reconnaissance de nos compétences et de notre autonomie professionnelle!
OUI à la confiance et à l’appui de nos dirigeants et de la population!
OUI à une véritable pédagogie qui s’incarne dans la connaissance!
OUI à la soif de savoir des étudiants qui demandent à être traités comme des êtres pensants!

Que ceux tentés par une éducation supérieure se joignent à nous en signant cette pétition:

http://www.ipetitions.com/petition/manifeste_pour_un_quebec_eduque/

Voir aussi Le Devoir Des enseignants dénoncent l’octroi de diplômes au rabais

BLx

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1 commentaire

Classé dans Uncategorized

Une réponse à “MANIFESTE POUR UN QUÉBEC ÉDUQUÉ

  1. Bruno Lacroix

    Je ne pense pas avoir contribué, et surtout pas cette session, à l’émission de «diplômes de pacotilles». Cela fait plus de 20 ans que j’enseigne et je n’ai jamais subi, de près ou de loin, quelque pression que ce soit pour faire passer un étudiant qui ne le méritait pas. Réforme ou pas. En revanche, ce que j’ai eu à subir durant ces années c’est toute une ribambelle de «pédagogues» plus ou moins «pédadingos» ou «pédagogos», agitant colifichets et amulettes magiques du genre «approche par compétences» ou «socioconstructivisme». On comprendra bien entendu que la «Pédagogie» qui se drape, non sans un effet comique, du nom pompeux de «Science de l’éducation», est à la fois responsable de la dite réforme et, sans farce, des injonctions lancées pour corriger les erreurs de la réforme, injonctions du genre «pédagogie de la première session» que dénoncent à juste titre les signataires du «Manifeste pour un Québec éduqué». Mes collègues de Saint-Hyacinthe me semblent cependant encore un peu novices en ces matières de magie blanche, mais qu’ils se rassurent car ce type de discours pédagogique, certes dommageable, n’aura pas d’importance tant et aussi longtemps que ceux à qui il est destiné, les professeurs, continueront de l’ignorer superbement.

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