Archives mensuelles : mars 2011

Fire in my belly: une oeuvre censurée

Invoquant le fait que The National portrait gallery de Washington recevait des fonds publics, un groupe religieux, the Catholic League, ainsi que plusieurs membres républicains du Congrès, ont fait pression pour que l’oeuvre d’art vidéo Fire in my belly de l’artiste David Wojnarowicz (1954-1992) soit retirée de l’exposition HIDE/SEEK Difference and Desire in the American Portraiture, une exposition consacrée à la représentation de la différence sexuelle dans l’art américain. Le motif justifiant la censure? Ces bonnes gens ont trouvé offensante l’image d’un crucifix recouvert de fourmis…

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La fin de l’université

La fin, le but, le télos, la raison d’être de l’université moderne, coïncide en bonne part avec le projet des Lumières: assurer grâce au progrès continu des connaissances et au moyen de leur diffusion,  l’émancipation de l’individu, la justice sociale et le bien être généralisé de l’humanité. Or les dispositions prévues pour les universités dans le dernier budget du gouvernement du Québec, en plus de compromettre pour plusieurs l’accès aux établissements d’enseignement supérieurs par le rehaussement des droits de scolarité, détournent l’université de sa mission héritée des Lumières en la subordonnant plutôt à des finalités bassement commerciales. Ainsi, peut-on lire dans le budget du ministre Bachand que désormais: «le gouvernement s’attend à ce que les universités obtiennent davantage de contrats privés de recherche et qu’elles commercialisent dans de meilleures conditions les résultats de leurs recherches». Un collectif d’auteurs voit dans la hausse annoncée des droits de scolarité le «symptôme d’une dérive plus profonde».

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«Le gouvernement du Québec prévoit hausser les droits de scolarité: il en coûtera 3793 $ par année pour étudier, une augmentation de près de 75 % (soit 1625 $) sur cinq ans. Cette hausse participe d’une logique plus générale de privatisation du financement et des finalités des institutions d’enseignement. La logique du champ économique colonise ainsi les milieux d’enseignements: plutôt que de former des têtes, on demande maintenant aux universités d’alimenter le développement et la croissance économique.

Privatiser le financement

Les hausses ne visent pas tant à renflouer les coffres des universités qu’à changer la façon dont on les finance. L’objectif est de faire reposer de plus en plus le financement universitaire sur les individus et sur le secteur privé. Selon le dernier budget, après ces hausses, la part du financement payée par les étudiants augmentera de 12,7 % à 16,9 %. Celle du gouvernement du Québec baissera de 54 % à 51,4 % et celle du fédéral diminuera de 14 % à 12 %. Québec veut aussi augmenter de 50 % les dons faits par des entreprises privées.

Le gouvernement cite favorablement l’exemple du financement privé en Ontario: «Une entreprise peut associer sa marque de commerce avec l’Université York pour la production de matériel promotionnel ou de campagnes marketing.» Autant dire que l’Université collabore avec l’industrie jusqu’à se fondre avec elle, jusqu’à devenir elle-même une marque commerciale.

Des laboratoires de recherche commercialisable?

Toujours dans son budget, «le gouvernement s’attend à ce que les universités obtiennent davantage de contrats privés de recherche et qu’elles commercialisent dans de meilleures conditions les résultats de leurs recherches». On voit se dessiner une université à deux vitesses. Au premier cycle, des formations techniques dispensées par des chargés de cours précaires, le tout financé par des frais de scolarité élevés.

Les étudiants paieront cher pour une formation superficielle, une «pensée» PowerPoint utilitaire qui ne cherche pas à les faire réfléchir, mais à les mouler aux besoins de l’économie. Au deuxième cycle, des professeurs accaparés par la course aux subventions et des doctorants employés dans des projets de recherche financés par et pour des entreprises à «haute valeur ajoutée», développant des «innovations» brevetables en biotechnologie ou en télécommunication. Les universités se transforment ainsi progressivement en laboratoires de recherche commercialisable, en sous-traitant de l’entreprise privée.

Cela détourne quantité de ressources qui ne sont plus destinées à l’enseignement. L’université n’est pas «sous-financée», elle est mal financée. Le montant des subventions et des contrats de recherche alloués aux universités a plus que doublé en dix ans, le plus souvent dans des secteurs à vocation technique ou appliquée. Quant aux autres secteurs, les Arts ou les humanités, ils doivent s’adapter aux critères de performance ou disparaître. Il en va de même pour l’université elle-même: l’élite ne s’y intéresse que dans la mesure où elle peut augmenter la productivité et la compétitivité de l’économie québécoise.

La philosophe Hannah Arendt nous enjoignait de «penser ce que nous faisons». C’était bien la moindre des choses. Pourtant, quand sonnent les tambours de la «guerre économique» mondiale, nous exigeons des institutions d’enseignement qu’elles s’enrôlent docilement, oubliant — parce que nous le savons! — que le parcours de notre économie productiviste est jonché d’inégalités, de catastrophes humaines, culturelles et écologiques.

Détournement de mission

On demande aux universitaires de trouver des façons de marchandiser ce qui ne l’est pas encore. L’opposition à une telle instrumentalisation économique de l’université ne concerne pas uniquement les intellectuels et universitaires: il s’agit d’un enjeu beaucoup plus large, qui touche à la façon dont nous pouvons collectivement penser la société et son avenir. À moins de refuser cette conscription de la pensée, le Québec et sa culture auront tôt fait de disparaître dans quelque colonne comptable.

Qu’enseignerons-nous alors, sinon l’histoire de la dissolution du monde dans les rapports marchands? Nous nous opposons à ces hausses et au détournement de la mission fondamentale des universités. Le patrimoine humain de connaissances scientifiques, de culture et de métiers dont l’université assure la garde doit être transmis aux individus pour servir de base à leur jugement et donner un sens à leur liberté, plutôt que d’être cédé aux entreprises pour maximiser des profits qui minent déjà le bien commun, politique et naturel.»

Ont signé ce texte: Yves-Marie Abraham Montréal, Normand Baillargeon, Benoît Coutu, Marc-André Cyr, Olivier Clain, Daniel Dagenais, Amélie Descheneau-Guay, Rémi De Villeneuve, Jean-François Filion, Gilles Gagné, Gilles Labelle, François L’Italien, Louis Marion, Jacques Mascotto, Éric Martin, Minh Quang Nguyen, Maxime Ouellet, Jacques Pelletier, Jean Pichette, Rolande Pinard, Éric Pineault, Camille Robert.

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Harper ou le mépris de la démocratie

Une leçon de science politique. Il faut lire cet article de Manon Cornellier qui explique clairement les raisons pour lesquelles Stephen Harper ne mérite pas la confiance des électeurs. Ne se contentant pas de la pratique du mensonge ordinaire en politique, le chef du Parti Conservateur a plus d’une fois fait preuve d’un mépris sans précédent dans l’histoire du Cananda pour l’institution parlementaire. Prorogation, définition arbitraire des règles du jeu, mépris de la coutume et de la noble règle de la confiance accordée, autant de raisons pour chasser cet imposteur de la Chambre des communes.

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«Stephen Harper est catégorique. Seul le parti qui obtient le plus de sièges a la légitimité pour gouverner. Il l’a dit en sortant de chez le gouverneur général et l’a répété hier, lors de son passage à Brampton. «Pour former le gouvernement de ce pays, on doit avoir gagné une élection», a-t-il affirmé.
Et le voilà qui récidive puisqu’il disait la même chose en 2008 au moment où il demandait la prorogation du Parlement, niant aux élus le pouvoir de choisir à qui ils accordaient leur confiance, une règle centrale de la démocratie parlementaire canadienne. «Si le public donne un mandat, même un mandat minoritaire à un parti, ce n’est pas légitime de former un gouvernement pour donner le pouvoir aux autres partis. Si on veut faire ça, on doit avoir un mandat clair des électeurs», a-t-il dit samedi.
Il n’y a pourtant rien de plus faux (voir «Les coalitions sont-elles légitimes», page A 3). En régime parlementaire de type britannique, les électeurs élisent un Parlement qui décide à qui ensuite il donne sa confiance. Évidemment, un parti qui fait élire une majorité de députés n’aura pas de difficulté à obtenir cette confiance et la tradition veut qu’on fasse appel à lui pour former le gouvernement. Mais en situation minoritaire, tout est possible. Si le parti ayant le plus de sièges est incapable d’obtenir la confiance de la Chambre, un autre peut être appelé à former le gouvernement, comme cela s’est vu en Ontario en 1985.
Tout cela peut paraître bien théorique, mais il s’agit d’un fondement de notre système démocratique, à savoir que le Parlement a le pouvoir de choisir à qui il accorde sa confiance. Si ce n’était pas le cas, nous ne serions pas en élections aujourd’hui.
Le plus préoccupant dans cette affaire est de voir M. Harper, le chef de gouvernement du pays, faire comme si ce principe était accessoire, comme si on pouvait en déformer le sens à sa guise, imposer une interprétation qui sert mieux ses fins et, pour y parvenir, miser sur l’ignorance des citoyens. (Un sondage Ipsos Reid, réalisé durant la crise de 2008, montrait que 51 % des Canadiens croyaient que le premier ministre était élu au suffrage universel direct et ne pouvait être remplacé sans procéder à une élection.)

Le peu de cas que M. Harper fait de la suprématie du Parlement est manifeste quand il affirme que la motion qui a mené à sa chute — non pas celle sur le budget, mais bien celle déclarant son gouvernement coupable d’outrage au Parlement — n’est qu’une «motion de l’opposition» sur une question qui n’est pas au coeur de cette élection et dont les Canadiens se fichent.

Les partis d’opposition ont fait front commun, c’est vrai, mais le résultat est que la majorité des parlementaires a retiré sa confiance au gouvernement et, dans notre régime parlementaire, cela veut dire la fin de sa légitimité.
Si ce principe central de notre parlementarisme échappe à Stephen Harper ou lui importe si peu, qu’en est-il des autres? Il y a de quoi raviver l’inquiétude provoquée en 2008, lors de la crise de la prorogation. La démocratie canadienne s’appuie sur une foule de règles, conventions et pratiques non écrites dont le respect dépend de la bonne foi des parlementaires.
La vulnérabilité de ce système est apparue dans toute sa splendeur en 2008, et c’est pour éviter une reprise de cette saga qu’à l’instigation du politologue Peter Russell, un groupe d’experts et de juristes travaillent actuellement à un guide d’interprétation des grands principes parlementaires. Ce genre de guide existe déjà en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Nouvelle-Zélande. En Allemagne, par exemple, la motion de censure doit suggérer au chef de l’État vers qui il peut se tourner pour former un autre gouvernement.
Là comme ici, ce n’est pas le fait d’être arrivé premier aux élections qui donne le droit de gouverner, mais la capacité de conserver la confiance de la Chambre. Et quand personne ne détient la majorité des sièges, c’est le parti capable d’obtenir la confiance de ses pairs, à travers un arrangement formel ou non, qui a le pouvoir.

Une coalition n’est qu’un moyen parmi d’autres pour permettre à un Parlement de fonctionner et à un parti de gouverner avec une certaine stabilité. Si ce n’est pas une coalition, ce peut être une entente formelle de coopération sans pour autant offrir des sièges au conseil des ministres. Ce peut aussi être un accord informel ou des arrangements au cas par cas. Ce que toutes ces situations ont en commun est d’exiger un esprit de compromis.
Le Canada vient de connaître trois gouvernements minoritaires consécutifs, et il est possible qu’il se retrouve dirigé par un autre le 2 mai prochain. Si cela se produit, la question n’est pas tant de savoir s’il y aura coalition ou non, mais bien ce que chaque parti entend faire pour donner aux Canadiens un gouvernement stable et un Parlement fonctionnel. Tous les chefs ont le devoir de répondre à cette question. Et encore plus M. Harper, dont le gouvernement vient d’être condamné pour outrage au Parlement, une première dans l’histoire canadienne.
Le professeur Russell a déjà dit au Devoir que «le bon fonctionnement d’un gouvernement minoritaire dépend beaucoup de la personnalité et de l’attitude du premier ministre et de sa capacité de trouver des alliés à la Chambre des communes». De toute évidence, M. Harper a échoué à ce test, et il lui revient de nous dire ce qu’il ferait de différent à l’avenir.»

Manon Cornellier, Le Devoir, le lundi 28 mars 2011

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Japon: l’après séisme

11 mars 2011, 14h46 (heure locale), le Japon s’est arrêté. La troisième économie mondiale et un des pays les plus évolués en matière de technologie est touché par un séisme de 9,0; le plus important de l’histoire du pays. Même si ce dernier sait faire face à ce genre de catastrophe et est mieux préparé que n’importe quel autre pays face aux tremblements de terre, celui du 11 mars dernier dépasse tout ce qu’ils ont vu.

Mais ce n’est pas tout. À peine remis de ces violents tremblements, voilà qu’un tsunami de plusieurs dizaines de mètres de hauteur s’abat sur la côte est du pays. L’immense vague, qui a ravagé plus de 200 km de côtes, est entrée jusqu’à 5 km de profondeur à l’intérieur des terres. Plusieurs villages ont été gravement touchés et certains d’entre eux n’existent même plus, car il ne reste pratiquement plus rien.

Comme si ce n’était pas assez, les Japonais doivent maintenant faire face à une troisième catastrophe : les accidents nucléaires à Fukushima Daiichi. En effet, depuis le séisme et le tsunami qui l’a suivi, les systèmes de refroidissement des réacteurs 1 à 4 de la centrale sont hors service et à cause de cela, les réacteurs ont été brièvement exposés à l’air libre, ce qui fait en sorte que trois des quatre réacteurs ont subi une fusion partielle de leur coeur. Depuis quelques jours, les techniciens de la centrale essaient de refroidir les réacteurs avec de l’eau de mer et ils ont rétabli une ligne électrique afin de remettre les systèmes de refroidissement en marche. Cependant, le mal est fait, car cette catastrophe est maintenant considérée comme le 2e plus grave accident nucléaire après Tchernobyl et, une fois la centrale hors de danger, il faudra la condamner.

Les Japonais ne sont donc pas au bout de leur peine et ils devront malgré tout se relever de ces catastrophes et tout reconstruire. En espérant seulement un dénouement positif pour la catastrophe de Fukushima, même si elle est déjà assurée d’une sombre place dans l’histoire…

Simon Renaud

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Libye: les rebelles gagnent du terrain

AFP

Les rebelles avancent vers Tripoli (avec l’aide de l’OTAN…).

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Warhol, 10 Lizes

Elizabeth Taylor (27/02/1932 – 23/03/2011)

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NYC 2011, quelques rencontres

Holbein

Zurbaran

Alyson Williams

El Greco

Goya

???

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nothingtoodooterencekoh

NYC, 15/03/11

NYT

NYC, 16/03/11

À la galerie Mary Boone à New York, du 15 février au 19 mars, Terence Koh s’est livré à une performance dont le titre est «nothingtoodoo» et qui consiste à tourner autour d’un cône de sel solaire, à genoux, durant les heures d’ouverture de la galerie (10h à 18h, du mardi au jeudi). L’artiste peut, à l’occasion, s’étendre à plat ventre pour se reposer. Pour la durée de de l’exposition l’artiste a fait voeu de silence.

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Je coeur NY

Tel que vu au MoMA 14/03/11

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Jolis, compacts, féminins…

De plus en plus d’états aux USA permettant le port d’armes, les fabricants de pistolets cherchent à s’attirer une nouvelle clientèle féminine en lui proposant de plus petits modèles aux couleurs attrayantes qui se glissent aisément dans le sac à main. Mais vraiment ces «Purse guns» sont d’un chic fou, n’est-ce pas?

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Tsunami

Daniel Freitag JAPAN TSUNAMI APPEAL

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Rythme urbain

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Guerre civile en Côte d’Ivoire?


Laurent Gbagbo

Depuis déjà la mi-février 2011, le pays est instable et sombre tranquillement dans une guerre civile. On peut tenir responsable le président sortant Laurent Gbagbo qui refuse de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara qui a légitimement gagné les élections. L’Union africaine se donne un mois à partir d’aujourd’hui pour régler l’élection controversée en Côte d’Ivoire. La communauté internationale et la Comission électorale indépendante restent fermes, elles assurent que la présidence revient de droit à Alassane Ouattara et impose à Laurant Gbagbo de partir. Or, Gbagbo continue de nier que la présidence revient à Outtara et insiste sur le fait qu’il aurait été un acteur important dans l’ex-rébellion du Nord. Les affrontements sont encore intenses entre les partisans d’Ouattara et ceux qui soutiennent Gbagbo. On note même que certains quotidiens ont cessé de publier par peur pour leurs journalistes. Les affrontements ne tarderont pas à virer en guerre civile, puisque la FDS(Forces de Défense et de Sécurité) est plutôt en faveur de Gbagbo et n’a aucun remords à ouvrir le feu. Les insurgés ne se laissent pas intimider non plus, les médias dévoilent des morts des deux côtés. Si la communauté internationale ne se penche pas vite sur la crise ivoirienne, il est catégorique, selon moi, que la guerre civile va éclater, mais attentez voyons voir la définition de guerre civile : « Lutte armée opposant des citoyens d’un même État », il s’agit déjà d’une guerre civile en Côte d’Ivoire! Il faut que la communauté internationale intervienne, n’attendons pas un autre génocide comparable à celui de 1994 au Rwanda! Par contre, comment la communauté internationale pourrait-elle intervenir? Les Casques bleus sont déjà présents dans le pays, mais réussissent difficilement à imposer la démission de Gbagbo.

 

 

 

 

 

 

Alassane Ouattara

Hugo Vaillancourt C.

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New York, mars 2010

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Des nouvelles de Zombie boy

Carolane Bilodeau

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