Réjean et moi, eh bien, nous avons planifiés de devenir des super héros.
Enfin, des justiciers de la rue, en quelque sorte.
Motivés principalement par des œuvres telles que Watchmen et Kick Ass, il est éventuellement prévu qu’on apprennent divers arts martiaux afin de faire régner la justice.
Mais alors que je suis plongée dans un travail de fin de session laborieux sur mon œuvre adorée qu’est la bande dessinée de Watchmen, je réalise plusieurs choses auxquelles je n’avais pas pensé alors que j’exprimais mon aveugle euphorie envers les supers héros de bd : du genre, quelle justice?
Des hommes normaux, sans pouvoirs magiques, paranormaux, et certainement pas judiciaires, se proclamant alors « défenseurs de la justice ». Admirable à première vue, mas un citoyen n’est pas supposé en théorie appliquer sa propre justice et sa propre moralité à autrui. La seule justice qui peut prévaloir est celle de l’État, assurée par la police. D’accord dirons certains, mais la police ne peut être partout à la fois. Reste qu’en théorie, il faut appeler les secours avant d’agir, car nous ne sommes pas en droit d’imposer notre morale par nos actes. Seuls les policiers sont officiellement reconnus juges de la vie d’autrui et du recours à la violence afin de protéger la loi.
Toutefois, pendant mes recherches pour mon travail, j’ai trouvé à ma très grande surprise que les justiciers existent, et qu’ils sont américains ! (Pour reprendre et légèrement transformer la célèbre phrase qu’on retrouve dans Watchmen !)
Je vous présente The Alliance of Guardian Angels, fondé par Curtis Sliwa dans les années 70 à Brooklyn, New York.

Motivés par la montée de la peur ressentie par la population dans les rues qui ne leurs semblaient plus sûres, une alliance de bénévoles se forme afin de réagir à la violence qu’on retrouve dans les rues de New York. Recevant entre autres des cours d’auto défense, les Anges Gardiens patrouillent le jour, mais surtout la nuit, et viennent en aide aux gens qui ne sont pas entendus de la police, qui ne peut en effet être partout à la fois.
Étiez-vous au courant ? Pas moi, et je suis fascinée.
Ils font face au danger constamment, et sont conscients qu’ils n’ont que leurs poings pour se défendre contre les armes à feu ou les armes blanches qu’ils peuvent rencontrer ! Mais, pour le bien de leur communauté, ils continuent, nuit après nuit, et sont maintenant étendus dans 15 pays différents, Canada compris !
La question de la morale revient néanmoins. C’est gens sont partiellement acceptés, quelques fois arrêtés, justement s’il est décidé qu’ils ont exercé trop de pouvoir en dehors de leur juridiction qui est celle de citoyens normaux, bien qu’ils soient une alliance. Ils ne sont pas jugés en tant que justiciers, car l’État ne leur a conféré en aucun cas le droit d’appliquer leur propre justice.
Dans une entrevue que l’on peut retrouver dans les Special Features du DVD de Watchmen, Curtis Sliwa confie qu’il a été de nombreuses fois tenté d’abuser de son pouvoir, de dépasser les limites morales acceptables, d’aller trop loin, de dévier. Mais il a [supposément] toujours su se rappeler les motivations de ses actes, c’est-à-dire de protéger les individus sans défenses.
Qu’en pensez-vous ? Est-ce légitime, correct, bien, de laisser des citoyens normaux exercer une justice qui leur est propre ? Y a-t-il trop de possibilités de débordements ou d’excès?
Jacynthe Fournier-Rémy