Un ami, dont la femme vient du pays du soleil levant, m’avait déjà expliqué que les Japonais ressentaient une différence très marquée entre «eux» et les «autres», les «étrangers», les gaijins. Il ne s’agit pas tant de racisme que de ce sentiment de distance face à l’autre, sentiment nourri par l’appartenance à une société collectiviste fortement intégrée sur le plan ethnique et qui pousse à considérer le gaijin un peu comme un intrus. C’est pourquoi, semble-t-il, il n’y a jamais eu d’immigration importante au Japon. Or comme toutes les sociétés modernes et très avancées sur le plan technique, le Japon connaît un déclin démographique, déclin d’autant plus accentué qu’il n’est pas, comme ici, en partie compensé par l’apport de l’immigration. Mais la résistance aux gaijins est telle que le développement de la robotique se substitue à l’accueil d’une main d’oeuvre étrangère de remplacement, notamment dans le secteur des soins infirmiers: plutôt que d’être soigné, pris en charge ou réconforté par une personne humaine, fut-elle étrangère, le Japonais moyen préfère le contact avec un robot japonais. Qu’on y pense, en lieu et place d’une politique d’immigration une «robopolitique», plutôt que d’accueillir des êtres humains issus d’autres cultures, des êtres faits de chair et de sang, avec lesquels on partage une même angoisse devant la mort, on préfère fabriquer des robots! Et principalement des robots infirmiers capables de «vivre et de co-habiter avec des humains». Le «péril robot»?
BLx





