Montréal, ville rebelle

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Que cache le conflit étudiant…

Que cache le conflit étudiant pour durer si longtemps? La réponse de 70 citoyens.

Source: Élise Carrier-Martin via Ensemble bloquons la hausse

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Danger d’américanisation

Forum de la langue française – Claude Hagège s’oppose à l’enseignement intensif de l’anglais

Christian Rioux, Le Devoir, 05/07/12

Spécialiste mondialement reconnu de l’enseignement des langues secondes, le linguiste français Claude Hagège, qui intervenait hier au Forum mondial de la langue française à Québec, estime que l’enseignement intensif de l’anglais en sixième année est « inacceptable ». Selon ce partisan du multilinguisme, la décision du gouvernement de Jean Charest qui devrait toucher 20 % des classes dès l’an prochain viole l’esprit de la loi 101.
« C’est une mesure absolument inacceptable parce qu’elle crée un grave danger d’américanisation des élèves québécois, dit-il. La loi 101, qui fait du français la langue unique et nationale du Québec, est violée par cette disposition. » Selon lui, l’effet sera particulièrement néfaste sur les immigrés. « L’une des raisons principales de la loi 101, c’était l’intégration des immigrés. Si les immigrés sont maintenant anglicisés, alors la loi 101 perd tout contenu. »Claude Hagège est pourtant connu pour son plaidoyer en faveur de l’enseignement des langues secondes (Le souffle de la langue, Odile Jacob). Il estime néanmoins que, compte tenu des menaces spécifiques que l’anglais fait peser sur le français au Québec, celui-ci ne devrait pas être enseigné trop tôt. « Au Québec, l’anglais devrait être enseigné plus tard, comme n’importe quelle langue seconde, dit-il. Un enseignement plus intensif peut se concevoir dans les pays scandinaves, la Hongrie ou la Finlande, dont les langues ne sont pas parlées par d’autres que leurs nationaux. Cela se conçoit beaucoup moins pour une langue à vocation mondiale comme le français. »Selon le linguiste, qui a fait une intervention très remarquée hier au Forum mondial de la langue française, qui réunit 1200 francophones venus des cinq continents, « le français n’a pas à se soumettre à la vocation mondiale de l’anglais puisqu’il est lui-même une langue répandue dans le monde entier. Il vient en effet en seconde position aussitôt après l’anglais, bien que loin derrière, comme langue la plus répandue du monde ».

Il y a quelques années, Claude Hagège avait déjà qualifié l’enseignement de l’anglais au Québec dès la première année du primaire de « désastre » et craint qu’elle favorise « une double incompétence linguistique ». « La diversité, ce n’est pas une seule langue internationale à vocation mondiale et dominatrice. Et cela est encore plus vrai au Québec que dans le reste du monde ! »

« En guerre »

Dans un discours flamboyant, avec quelques phrases en chinois, en arabe et en peul, le linguiste polyglotte ne s’est pas gêné pour secouer les participants du Forum et rompre avec ce qu’il nomme les « ronrons consensuels permanents » ou les « assises mondaines » de la Francophonie. Pour Hagège, la Francophonie est ni plus ni moins « en guerre », non pas contre l’anglais, mais contre une américanisation qui veut imposer une langue unique sous couvert de mondialisation. Selon lui, « le français n’a pas reculé, même si l’anglais progresse beaucoup plus rapidement », et il est « l’allié des autres grandes entités culturelles », comme l’hispanophonie et la lusophonie.

Pour relever ce défi, dit-il, la Francophonie doit faire pression sur les ministères de l’Éducation des pays francophones afin de les convaincre de « donner une importance accrue à la langue française et à la diversité des cultures qu’elles n’ont pas encore ». Il faut aussi, dit-il, pousser les pays francophones du Nord à « faire le maximum pour investir dans des pays francophones qui sont encore dans des situations précaires ». Car, précise-t-il, « les chiffres dont on se gargarise [80 % des francophones devraient être en Afrique en 2050], c’est agréable. Mais, ça risque de ne pas être vrai du tout ».

En terminant, le linguiste a tenu à soutenir sans réserve la lutte des étudiants québécois, dont plusieurs manifestaient hier devant le Centre des congrès de Québec. « Permettez-moi, dit le linguiste, […] de considérer que les grèves étudiantes du Québec sont une affirmation politique digne du plus grand respect et que ce sont eux, les étudiants québécois, qui tiennent entre leurs mains l’avenir de la Francophonie. »

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Le début d’une nouvelle physique?

Le boson de Higgs découvert avec 99,9999 % de certitude

David Larousserie, Le Monde, 4/07/12

Cette fois, il n’y a plus de doute. Une nouvelle particule a bien été découverte au Centre européen de recherche nucléaire (CERN), près de Genève, grâce à l’accélérateur de particules LHC et ses deux principaux détecteurs, Atlas et CMS.

Collision de particules dans l'accélérateur LHC du CERN à Genève.

Le CERN et les deux porte-paroles de ces expériences ont annoncé avoir mis au jour un boson ressemblant fort au célèbre boson de Higgs. Cette particule, qu’il convient plus exactement de nommer « de Brout-Englert-Higgs » du nom de ses géniteurs théoriciens, est la pièce manquante au bel échafaudage construit par les physiciens pour décrire le monde de l’infiniment petit.

A l’issue de la présentation des résultats au CERN, l’Ecossais Peter Higgs, qui a donné son nom à ce Boson, a tenu à féliciter toutes les équipes ayant participé à la détection de cette particule. « C’est extraordinaire que cela soit arrivé de mon vivant », a-t-il déclaré. Le Belge François Englert, qui lui aussi avait été convié à la conférence du CERN, s’est associé à ces félicitations. Il a tenu à exprimer « sa tristesse que notre collaborateur et ami de toute une vie, Robert Brout, n’ait pas pu assister à cette extraordinaire présentation ». Englert et Brout avaient cosigné en août 1964 un article décrivant un mécanisme donnant une masse aux particules. Peter Higgs avait décrit une particule du même type le 15 septembre 1964. La dénomination populaire du boson n’a retenu que son nom, sous l’influence de Steven Weinberg (Nobel de physique 1979) qui a contribué à vulgariser cette particule.

Elle joue un rôle majeur dans la nature car, sans elle, les particules n’auraient pas de masse. C’est comme si des objets initialement sans masse traversaient un milieu visqueux et se mettaient donc à peser de plus en plus lourd. La manière d’agréger la « boue » dépendant de l’interaction avec le fameux boson. Ainsi l’électron devient l’objet que nous connaissons et peut ensuite donner naissance à des atomes, des molécules… Bref à toute la matière qui nous entoure.

Lire : « Le boson de Higgs : les raisons d’une quête »

Il s’agit de la première particule élémentaire découverte depuis 1994. Elle était la dernière à échapper aux recherches et complète admirablement le modèle standard, sorte de table de la loi de la physique qui décrit les douze particules et les trois forces qui les unissent pour former la matière ordinaire.

« UN LABORATOIRE POUR UNE NOUVELLE PHYSIQUE »

Les salles de presse et celles réservées aux physiciens étaient combles pour le lever de voile sur les différents graphiques présentant les derniers résultats obtenus en moins de deux ans de fonctionnement de l’accélérateur (dont le projet a été officiellement été lancé en 1994). Il y a désormais plus de 99,9999 % de chances que l’observation soit correcte. La masse du nouveau venu est de 125 GeV (gigaélectronvolt) environ, dans les unités utilisées par les physiciens pour peser leurs bébés. C’est 133 fois plus qu’un proton, constituant élémentaire des noyaux atomiques, par exemple.

« Nous avons fini un chapitre mais d’autres sont à écrire », a déclaré Guido Tonelli, ancien porte-parole de CMS, l’un des deux détecteurs qui a indentifié la particule. En effet, il faut d’abord vérifier que ce qui a été vu est bien le Graal attendu. Comment interagit ce boson avec les autres particules ? Tourne-t-il sur lui-même ? Bref, quelles sont toutes ses propriétés.

Lire : « Boson de Higgs : la fin de la traque »

La moindre anomalie, la moindre différence avec le boson standard, celui qui a été défini par la théorie, au lieu d’être un problème, serait même très excitante. Cela mettrait sur la voie d’une théorie au-delà de l’actuelle. « Ce boson est un laboratoire pour une nouvelle physique. Il peut ouvrir des portes. C’est très excitant », ajoute Guido Tonelli. Car sur le papier les physiciens savent que leur élégant modèle standard ne résiste pas aux très hautes énergies comme l’Univers en a connu à ses débuts.

Ils ne savent pas non plus de quoi est faite la matière noire qui baigne le cosmos. Ni même l’énergie noire qui accélère l’expansion de l’Univers. Ils voudraient bien savoir aussi ce qui donne la masse à ce fameux boson. L’histoire n’est donc pas finie. « Nous avons de quoi nous occuper avec le LHC jusqu’en 2030 ! », constate Michel Spiro, le président du conseil du CERN.

  Pour aller plus loin : voir une vidéo du CEA sur l’Atlas

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Le très remarquable Alan Turing

La machine de Turing

Pour saluer Turing

Normand Baillargeon, Voir, 23/06/12

Décidément, c’est ma semaine nécrologique! Mais je ne pouvais laisser passer le centième anniversaire de la naissance d’Alan Turing (23 juin 1912-7 juin 1954).

Ce personnage, génial, est aussi une figure tragique : il s’est suicidé après que les tribunaux lui ont imposé un traitement chimique destiné à guérir son homosexualité et qui lui avait fait… pousser des seins.

Alan Turing a été l’un des plus profonds et fascinants génies du XXe siècle. Ses travaux sont notamment à l’origine de l’ordinateur, dont il a formulé le modèle théorique dès 1936 : il n’avait alors que 24 ans ! On appelle depuis ce modèle une «Machine de Turing». Avez-vous consulté Google aujourd’hui?  Le logo était une machine de Turing!

Le travail que Turing a accompli durant la seconde guerre mondiale a longtemps  été tenu secret. Celui-ci a en effet été capital pour le déchiffrement des codes secrets d’Enigma, la machine à encryptage prétendue inviolable utilisée par les nazis afin de communiquer entre eux. Il est vraisemblable que Turing, ainsi que ses collaborateurs, ont par là considérablement raccourci la durée de la guerre.

Turing s’est donné la mort, comme je l’ai dit. Il l’a fait en croquant dans une pomme trempée dans le cyanure, comme la sorcière dans Blanche Neige et les sept nains (1937), un film qu’il adorait. La compagnie Apple nie que son logo, une pomme entamée, soit un hommage à Turing. Mais cette hypothèse conserve des défenseurs.

Pour en savoir plus, ici.

Voici un passage de mes Stéroïdes pour comprendre la philosophie consacré à une autre grande idée de Turing (on peut voir ce livre ici, mais il est semble-t-il épuisé: réédition en préparation, me dit-on…)

Le test de Turing

Vous l’aurez certainement deviné : dans les sciences cognitives, c’est l’ordinateur qui sera le candidat privilégié pour réaliser des états mentaux à l’ide d’un autre matériau que les neurones. Cette idée, en fait, est même antérieure aux sciences cognitives et elle avait été émise, comme on le verra à présent, par l’un de leurs précurseurs, le remarquable Alan Turing.

Une machine peut-elle, au moins en principe, et comme l’analyse fonctionnaliste le laisse croire, penser ? La question est très abstraite et difficile à traiter. Mais en 1950, Turing a proposé un petit jeu, qui porte depuis son nom : le « Test de Turing »XXIX Il devrait nous permettre de décider si une machine donnée pense ou non.

On pourrait réaliser ce test avec trois participants, chacun étant isolé dans une pièce. Il y a un questionneur, une autre personne et une machine. Le questionneur pose des questions aux deux autres participants, disons par l’intermédiaire d’un clavier. Les réponses lui parviennent écrites sur un écran. Le test de Turing dit que si le questionneur est incapable de distinguer la machine de la personne, la machine a passé le test et l’on pourrait alors dire qu’elle « pense ».

Turing imaginait le dialogue suivant :

 Question : Écrivez, je vous prie, un sonnet sur le Pont Forth.

Réponse : Je vais passer mon tour. Je n’ai jamais pu écrire de poésie.

Question : Ajoutez 34957 à 70764

Réponse : (après une pause d’environ 30 secondes) 105621.

Question : Jouez-vous aux échecs ?

Réponse : Oui.

Question :  J’ai mon roi en K8 et aucune autre pièce. Vous avez seulement votre roi en K6 et une tour en R1. C’est à vous de jouer, que jouez-vous ?

Réponse : (après une pause de 15 secondes) T-T8 : mat.

Nous sommes encore bien loin de pouvoir fabriquer un ordinateur qui passerait le test de Turing. Pour vous en convaincre, allez sur Internet discuter avez Éliza, à l’adresse suivante :  http://www-ai.ijs.si/eliza/eliza.html. C’est un programme conçu au MIT et qui vous propose ses services de psychothérapeute. Je suis certain qu’il ne vous faudra pas longtemps pour lui faire échouer son test de Turing.

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International Student Movement

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«Que serait la Francophonie sans le Québec?»

Le Québec accueille la Francophonie

Christian Rioux, Le Devoir, 29/06/12

Lundi prochain, la ville de Québec accueillera 1200 francophones venus d’une centaine de pays pour participer au premier grand Forum mondial sur la langue française. Cette initiative, calquée sur les grands congrès internationaux de la langue espagnole qui se tiennent tous les trois ans, rassemblera des représentants de la société civile venus de tous les coins du monde où l’on parle le français. Pendant cinq jours, des artistes, des intellectuels, des gens d’affaires tenteront de dresser le portrait de la Francophonie du xxie siècle et d’en dégager les perspectives.

Les moins jeunes se souviendront que ce rassemblement en rappelle un autre. En 1974, le Festival international de la jeunesse francophone s’était aussi tenu à Québec. Les Québécois en gardent un souvenir indélébile puisque c’est à cette occasion que les Vigneault, Leclerc et Charlebois montèrent ensemble sur la scène des plaines d’Abraham. Au son de J’ai vu le loup, le renard, le lièvre, la Francophonie découvrait alors un pays en plein chambardement et à l’offensive sur tous les fronts. Le gouvernement de Robert Bourassa venait de faire du français la seule langue officielle du Québec. Le parti de René Lévesque allait bientôt redonner à notre langue certains droits trop longtemps bafoués en cette terre d’Amérique.

Le pays que découvriront lundi les délégués francophones n’est plus tout à fait le même. Si le français y a remporté des victoires certaines, en 2012, l’ambiance n’est plus vraiment à la fête. Il y a longtemps que Metallica et Madonna ont détrôné Vigneault sur les plaines d’Abraham. La langue officielle du Québec cède aujourd’hui souvent la place à un bilinguisme de plus en plus envahissant. Charcutée par la Cour suprême du Canada, la loi 101 parvient à peine à intégrer à la majorité francophone un immigrant sur deux. Les autres vont grossir la majorité anglophone, contribuant ainsi à la lente et inéluctable érosion du français au Canada. À Montréal, seul lieu d’intégration des immigrants au Québec, l’équilibre linguistique précaire est sur le point de se rompre. Un sondage publié dans nos pages la semaine dernière révélait que, 35 ans après l’adoption de la Charte de la langue française, l’anglais est toujours considéré au Québec comme le premier facteur de réussite économique. Il arrive devant le bilinguisme et, ensuite seulement, le français. Il ne s’agit pas de nier les progrès accomplis, mais de constater que, si dans les années 70 la pente était ascendante, elle ne l’est plus du tout.

Cette morosité ambiante amène parfois les Québécois, assiégés sur leur continent, à oublier que le français demeure une des grandes langues internationales de la planète. Si ce forum devait servir à une seule chose, ce devrait être à montrer que les Québécois qui luttent pied à pied pour le respect de leur langue ne sont pas seuls et que le « tout anglais » et son avatar le globish sont de plus en plus contestés dans le monde.

En Afrique, la progression du français est plus qu’encourageante. C’est là que vivront 80 % des 700 000 000 francophones qui peupleront bientôt la planète. Même en France, si souvent négligente en la matière, on sent une sensibilité nouvelle. Dans la presse, les milieux politiques, intellectuels et scientifiques, il n’est plus rare d’entendre dénoncer l’obsession du « tout anglais ». Le changement de gouvernement y est peut-être pour quelque chose. En Suisse, des universitaires refusent de se faire imposer la médiocrité linguistique qui accompagne nécessairement l’enseignement en globish. Depuis 2012, les écoles publiques de la Malaisie ont rompu avec la tradition qui consistait à enseigner les sciences en anglais. Alors que la pensée unique anglo-américaine est de plus en plus contestée, la « ringardise » si souvent accolée à la défense du français est en train de changer de bord.

Encore faut-il que la Francophonie prenne garde à ce que son discours parfois un peu naïf sur la diversité culturelle ne serve à cautionner une idéologie multiculturelle qui sert souvent de prétexte à la diffusion de cette même pensée unique. Si la diversité culturelle est un bien à l’échelle du monde, les peuples doivent d’abord et avant tout conserver le droit inaliénable de vivre et de travailler dans leur langue. Un droit qui, faut-il le rappeler, est de moins en moins respecté au Québec, où le gouvernement, en retard d’une mode, s’entête même à vouloir rendre obligatoire l’immersion en anglais des élèves de 6e année. Des élèves dont la langue est par ailleurs souvent déjà saturée d’anglais.

Il ne faudrait pas, comme cela arrive parfois au Québec, que le discours sur la diversité culturelle et l’« ouverture à l’autre » serve de prétexte à la promotion d’un multiculturalisme et d’un bilinguisme institutionnel qui ne sont souvent qu’une forme subtile de promotion de l’anglais. La Francophonie se grandirait à faire ces nuances et à soutenir sans réserve le combat que mènent les Québécois. Un combat déterminant pour l’avenir du Québec, mais aussi pour celui de la Francophonie. Car, que serait la Francophonie sans le Québec ? Il m’arrive parfois de me poser la question.

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Tom Wesselmann au MBA

Pour ceux qui aiment la peinture et le Pop art, il y a une très belle rétrospective consacrés à Tom Wesselmann (1931-2004) au MBA.

Quelques photos volées…

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Les Étrusques à Montréal

Double inauguration hier à Pointe-à-Callière (PAC). Le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal lançait l’exposition Les Étrusques – Civilisation de l’Italie ancienne et faisait découvrir du même coup ses nouvelles salles multifonctions de la Maison-des-Marins, située de l’autre côté de la place de la Grande-Paix.

Un bel espace pour une exposition qui le mérite bien. L’institution a réuni quelque 200 pièces empruntées à 25 musées européens et américains, la plupart italiens, puisque le territoire de l’Étrurie correspond à peu près à la Toscane d’aujourd’hui.

Les Étrusques (du xe au ier siècle avant notre ère) forment l’une des grandes civilisations fondatrices de l’humanité et des cultures méditerranéennes. Moins connue que les Grecs et les Romains, parce qu’à peu près disparue des radars jusqu’au xve siècle, où l’on commence à retrouver ses traces. La directrice générale du musée PAC rêvait depuis longtemps de présenter cette exposition aux Montréalais, fascinée par le mystère qui planait encore sur ce peuple au temps où elle était étudiante en histoire. Lire la suite: Le Devoir 27/06/12.

Infos: Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal

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Les pays nordiques appuient la lutte des étudiants

Lettre de soutien

Ici dans les pays nordiques, l’accès universel à une éducation gratuite va de soi. Pourquoi? Parce que nous savons que l’éducation est l’investissement par excellence dans l’avenir d’une société. Au Danemark, en Norvège et en Suède, en plus de ne pas avoir à payer de droits de scolarité, tous les élèves reçoivent une bourse mensuelle pour couvrir une partie de leurs frais de subsistance. Cela se traduit évidemment par des impôts plus élevés, mais une éducation gratuite réduit les inégalités sociales et profite à la fois aux individus et à la société dans une perspective à long terme. Une population instruite est synonyme d’un État fort et stable, préparé pour l’avenir.

Bien que la lutte au Québec n’ait reçu que très peu de couverture médiatique dans les pays nordiques, il a toujours été possible pour nous de suivre l’impressionnant mouvement étudiant avec beaucoup d’intérêt, via Facebook et les médias internationaux.

Les étudiants du Danemark, de la Norvège et de la Suède, représentés par leurs syndicats étudiants respectifs, reconnaissent avec stupéfaction et humilité le dévouement et la persévérance des étudiants québécois. Nous chérissons nos systèmes éducatifs, mais dans un contexte où la pression politique est constante, nous nous inquiétons de l’avenir de l’éducation accessible.

Le 22 juin dernier, partout dans le monde ont été organisées des manifestations en appui au mouvement étudiant québécois. Afin de démontrer notre soutien sans réserve, les étudiants et autres sympathisants de la cause québécoise ont manifesté en face de l’ambassade du Canada à Copenhague. Ils ont remis une déclaration aux représentants de l’ambassade, de la part des syndicats étudiants nordiques.

La hausse des droits de scolarité au Québec n’est pas un problème isolé, mais l’indicateur d’une crise mondiale de l’éducation contre laquelle nous devons unir nos forces afin d’y mettre un frein.

***

Signé par : Danske Studerendes Faellesråd; Norsk Studentorganisasjon; Sveriges Förenade Studentkårer

(les syndicats étudiants du Danemark, de la Norvège et de la Suède)

Source: Le Devoir 27/06/12

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L’île d’Anticosti: Le vol du siècle?

Source: Artistes inter-disciplinaires via Ésiméac Périodique

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La domination de l’anglais: une menace pour le patrimoine de l’humanité?

Claude Hagège: « Imposer sa langue, c’est imposer sa pensée »

Faut-il s’inquiéter de la domination de la langue anglaise? Les langues nationales vont-elles disparaître? Sans chauvinisme ni ringardise, le linguiste Claude Hagège dresse un constat lucide de la situation. Rencontre.

La Semaine de la langue française, qui vient de s’achever, n’aura pas suffi à mettre du baume au coeur de Claude Hagège. Car le constat du grand linguiste est sans appel : jamais, dans l’histoire de l’humanité, une langue n’a été « comparable en extension dans le monde à ce qu’est aujourd’hui l’anglais ». Oh ! il sait bien ce que l’on va dire. Que la défense du français est un combat ranci, franchouillard, passéiste. Une lubie de vieux ronchon réfractaire à la modernité. Il n’en a cure. Car, à ses yeux, cette domination constitue une menace pour le patrimoine de l’humanité. Et fait peser sur elle un risque plus grave encore : voir cette « langue unique » déboucher sur une « pensée unique » obsédée par l’argent et le consumérisme. Que l’on se rassure, cependant : si Hagège est inquiet, il n’est pas défaitiste. La preuve, avec cet entretien où chacun en prend pour son grade…

Comment décide-t-on, comme vous, de consacrer sa vie aux langues?

Je l’ignore. Je suis né et j’ai grandi à Tunis, une ville polyglotte. Mais je ne crois pas que ce soit là une explication suffisante : mes frères, eux, n’ont pas du tout emprunté cette voie.

Enfant, quelles langues avez-vous apprises?

A la maison, nous utilisions le français. Mais mes parents m’ont fait suivre une partie de ma scolarité en arabe – ce qui montre leur ouverture d’esprit, car l’arabe était alors considéré comme une langue de colonisés. J’ai également appris l’hébreu sous ses deux formes, biblique et israélienne. Et je connaissais l’italien, qu’employaient notamment plusieurs de mes maîtres de musique.

Combien de langues parlez-vous?

S’il s’agit de dénombrer les idiomes dont je connais les règles, je puis en mentionner plusieurs centaines, comme la plupart de mes confrères linguistes. S’il s’agit de recenser ceux dans lesquels je sais m’exprimer aisément, la réponse sera plus proche de 10.

Beaucoup de Français pensent que la langue française compte parmi les plus difficiles, et, pour cette raison, qu’elle serait « supérieure » aux autres. Est-ce vraiment le cas?

Pas du tout. En premier lieu, il n’existe pas de langue « supérieure ». Le français ne s’est pas imposé au détriment du breton ou du gascon en raison de ses supposées qualités linguistiques, mais parce qu’il s’agissait de la langue du roi, puis de celle de la République. C’est toujours comme cela, d’ailleurs : un parler ne se développe jamais en raison de la richesse de son vocabulaire ou de la complexité de sa grammaire, mais parce que l’Etat qui l’utilise est puissant militairement – ce fut, entre autres choses, la colonisation – ou économiquement – c’est la « mondialisation ». En second lieu, le français est un idiome moins difficile que le russe, l’arabe, le géorgien, le peul ou, surtout, l’anglais.

L’anglais ? Mais tout le monde, ou presque, l’utilise!

Beaucoup parlent un anglais d’aéroport, ce qui est très différent ! Mais l’anglais des autochtones reste un idiome redoutable. Son orthographe, notamment, est terriblement ardue : songez que ce qui s’écrit « ou » se prononce, par exemple, de cinq manières différentes dans through, rough, bough, four et tour ! De plus, il s’agit d’une langue imprécise, qui rend d’autant moins acceptable sa prétention à l’universalité.

Imprécise?

Parfaitement. Prenez la sécurité aérienne. Le 29 décembre 1972, un avion s’est écrasé en Floride. La tour de contrôle avait ordonné : « Turn left, right now« , c’est-à-dire « Tournez à gauche, immédiatement ! » Mais le pilote avait traduit « right now » par « à droite maintenant », ce qui a provoqué la catastrophe. Voyez la diplomatie, avec la version anglaise de la fameuse résolution 242 de l’ONU de 1967, qui recommande le « withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict« . Les pays arabes estiment qu’Israël doit se retirer « des » territoires occupés – sous-entendu : de tous. Tandis qu’Israël considère qu’il lui suffit de se retirer « de » territoires occupés, c’est-à-dire d’une partie d’entre eux seulement.

Est-ce une raison pour partir si violemment en guerre contre l’anglais ?

Je ne pars pas en guerre contre l’anglais. Je pars en guerre contre ceux qui prétendent faire de l’anglais une langue universelle, car cette domination risque d’entraîner la disparition d’autres idiomes. Je combattrais avec autant d’ énergie le japonais, le chinois ou encore le français s’ils avaient la même ambition. Il se trouve que c’est aujourd’hui l’anglais qui menace les autres, puisque jamais, dans l’Histoire, une langue n’a été en usage dans une telle proportion sur les cinq continents.

En quoi est-ce gênant ? La rencontre des cultures n’est-elle pas toujours enrichissante ?

La rencontre des cultures, oui. Le problème est que la plupart des gens qui affirment « Il faut apprendre des langues étrangères » n’en apprennent qu’une : l’anglais. Ce qui fait peser une menace pour l’humanité tout entière.

A ce point ?

Seuls les gens mal informés pensent qu’une langue sert seulement à communiquer. Une langue constitue aussi une manière de penser, une façon de voir le monde, une culture. En hindi, par exemple, on utilise le même mot pour « hier » et « demain ». Cela nous étonne, mais cette population distingue entre ce qui est – aujourd’hui – et ce qui n’est pas : hier et demain, selon cette conception, appartiennent à la même catégorie. Tout idiome qui disparaît représente une perte inestimable, au même titre qu’un monument ou une oeuvre d’art.

Avec 27 pays dans l’Union européenne, n’est-il pas bien utile d’avoir l’anglais pour converser ? Nous dépensons des fortunes en traduction!

Cette idée est stupide ! La richesse de l’Europe réside précisément dans sa diversité. Comme le dit l’écrivain Umberto Eco, « la langue de l’Europe, c’est la traduction ». Car la traduction – qui coûte moins cher qu’on ne le prétend – met en relief les différences entre les cultures, les exalte, permet de comprendre la richesse de l’autre.

Mais une langue commune est bien pratique quand on voyage. Et cela ne conduit en rien à éliminer les autres!

Détrompez-vous. Toute l’Histoire le montre : les idiomes des Etats dominants conduisent souvent à la disparition de ceux des Etats dominés. Le grec a englouti le phrygien. Le latin a tué l’ibère et le gaulois. A l’heure actuelle, 25 langues disparaissent chaque année ! Comprenez bien une chose : je ne me bats pas contre l’anglais ; je me bats pour la diversité. Un proverbe arménien résume merveilleusement ma pensée : « Autant tu connais de langues, autant de fois tu es un homme. »

Vous allez plus loin, en affirmant qu’une langue unique aboutirait à une « pensée unique »…

Ce point est fondamental. Il faut bien comprendre que la langue structure la pensée d’un individu. Certains croient qu’on peut promouvoir une pensée française en anglais : ils ont tort. Imposer sa langue, c’est aussi imposer sa manière de penser. Comme l’explique le grand mathématicien Laurent Lafforgue : ce n’est pas parce que l’école de mathématiques française est influente qu’elle peut encore publier en français ; c’est parce qu’elle publie en français qu’elle est puissante, car cela la conduit à emprunter des chemins de réflexion différents.

Vous estimez aussi que l’anglais est porteur d’une certaine idéologie néolibérale…

Oui. Et celle-ci menace de détruire nos cultures dans la mesure où elle est axée essentiellement sur le profit.

Je ne vous suis pas…

Prenez le débat sur l’exception culturelle. Les Américains ont voulu imposer l’idée selon laquelle un livre ou un film devaient être considérés comme n’importe quel objet commercial. Car eux ont compris qu’à côté de l’armée, de la diplomatie et du commerce il existe aussi une guerre culturelle. Un combat qu’ils entendent gagner à la fois pour des raisons nobles – les Etats-Unis ont toujours estimé que leurs valeurs sont universelles – et moins nobles : le formatage des esprits est le meilleur moyen d’écouler les produits américains. Songez que le cinéma représente leur poste d’exportation le plus important, bien avant les armes, l’aéronautique ou l’informatique ! D’où leur volonté d’imposer l’anglais comme langue mondiale. Même si l’on note depuis deux décennies un certain recul de leur influence.

Pour quelles raisons?

D’abord, parce que les Américains ont connu une série d’échecs, en Irak et en Afghanistan, qui leur a fait prendre conscience que certaines guerres se perdaient aussi faute de compréhension des autres cultures. Ensuite, parce qu’Internet favorise la diversité : dans les dix dernières années, les langues qui ont connu la croissance la plus rapide sur la Toile sont l’arabe, le chinois, le portugais, l’espagnol et le français. Enfin, parce que les peuples se montrent attachés à leurs idiomes maternels et se révoltent peu à peu contre cette politique.

Pas en France, à vous lire… Vous vous en prenez même de manière violente aux « élites vassalisées » qui mèneraient un travail de sape contre le français.

Je maintiens. C’est d’ailleurs un invariant de l’Histoire. Le gaulois a disparu parce que les élites gauloises se sont empressées d’envoyer leurs enfants à l’école romaine. Tout comme les élites provinciales, plus tard, ont appris à leur progéniture le français au détriment des langues régionales. Les classes dominantes sont souvent les premières à adopter le parler de l’envahisseur. Elles font de même aujourd’hui avec l’anglais.

Comment l’expliquez-vous?

En adoptant la langue de l’ennemi, elles espèrent en tirer parti sur le plan matériel, ou s’assimiler à lui pour bénéficier symboliquement de son prestige. La situation devient grave quand certains se convainquent de l’infériorité de leur propre culture. Or nous en sommes là. Dans certains milieux sensibles à la mode – la publicité, notamment, mais aussi, pardonnez-moi de vous le dire, le journalisme – on recourt aux anglicismes sans aucune raison. Pourquoi dire « planning » au lieu d' »emploi du temps » ? « Coach » au lieu d' »entraîneur » ? « Lifestyle » au lieu de « mode de vie » ? « Challenge » au lieu de « défi » ?

Pour se distinguer du peuple?

Sans doute. Mais ceux qui s’adonnent à ces petits jeux se donnent l’illusion d’être modernes, alors qu’ils ne sont qu’américanisés. Et l’on en arrive à ce paradoxe : ce sont souvent les immigrés qui se disent les plus fiers de la culture française ! Il est vrai qu’eux se sont battus pour l’acquérir : ils en mesurent apparemment mieux la valeur que ceux qui se sont contentés d’en hériter.

Mais que dites-vous aux parents qui pensent bien faire en envoyant leurs enfants suivre un séjour linguistique en Angleterre ou aux Etats-Unis?

Je leur réponds : « Pourquoi pas la Russie ou l’Allemagne ? Ce sont des marchés porteurs et beaucoup moins concurrentiels, où vos enfants trouveront plus facilement de l’emploi. »

Ne craignez-vous pas d’être taxé de ringardise, voire de pétainisme?

Mais en quoi est-il ringard d’employer les mots de sa propre langue ? Et en quoi le fait de défendre la diversité devrait-il être assimilé à une idéologie fascisante ? Le français est à la base même de notre Révolution et de notre République !

Pourquoi les Québécois défendent-ils le français avec plus d’acharnement que nous-mêmes?

Parce qu’ils sont davantage conscients de la menace : ils forment un îlot de 6 millions de francophones au milieu d’un océan de 260 millions d’anglophones ! D’où leur activité néologique extraordinaire. Ce sont eux qui, par exemple, ont inventé le terme « courriel », que j’invite les lecteurs de L’Express à adopter !

La victoire de l’anglais est-elle irréversible?

Pas du tout. Des mesures positives ont d’ailleurs déjà été prises : les quotas de musique française sur les radios et les télévisions, les aides au cinéma français, etc. Hélas, l’Etat ne joue pas toujours son rôle. Il complique l’accès au marché du travail des diplômés étrangers formés chez nous, il soutient insuffisamment la francophonie, il ferme des Alliances françaises… Les Chinois, eux, ont ouvert 1 100 instituts Confucius à travers le monde. Il y en a même un à Arras !

Si une seule mesure était à prendre, quelle serait-elle?

Tout commence à l’école primaire, où il faut enseigner non pas une, mais deux langues vivantes. Car, si on n’en propose qu’une, tout le monde se ruera sur l’anglais et nous aggraverons le problème. En offrir deux, c’est s’ouvrir à la diversité.

Nicolas Sarkozy est coutumier des fautes de syntaxe : « On se demande c’est à quoi ça leur a servi… » ou encore « J’écoute, mais je tiens pas compte ». Est-ce grave, de la part d’un chef d’Etat?

Peut-être moins qu’on ne le croit. Regardez : il a relancé les ventes de La Princesse de Clèves depuis qu’il a critiqué ce livre de Mme de La Fayette ! Mais il est certain que de Gaulle et Mitterrand étaient plus cultivés et avaient un plus grand respect pour la langue.

Le français pourrait-il être le porte-étendard de la diversité culturelle dans le monde?

J’en suis persuadé, car il dispose de tous les atouts d’une grande langue internationale. Par sa diffusion sur les cinq continents, par le prestige de sa culture, par son statut de langue officielle à l’ONU, à la Commission européenne ou aux Jeux olympiques. Et aussi par la voix singulière de la France. Songez qu’après le discours de M. de Villepin à l’ONU, s’opposant à la guerre en Irak, on a assisté à un afflux d’inscriptions dans les Alliances françaises.

N’est-il pas contradictoire de vouloir promouvoir le français à l’international et de laisser mourir les langues régionales?

Vous avez raison. On ne peut pas défendre la diversité dans le monde et l’uniformité en France ! Depuis peu, notre pays a commencé d’accorder aux langues régionales la reconnaissance qu’elles méritent. Mais il aura fallu attendre qu’elles soient moribondes et ne représentent plus aucun danger pour l’unité nationale.

Il est donc bien tard…

Il est bien tard, mais il n’est pas trop tard. Il faut augmenter les moyens qui sont consacrés à ces langues, les sauver, avant que l’on ne s’aperçoive que nous avons laissé sombrer l’une des grandes richesses culturelles de la France.

Source: L’Express, 28/03/2012

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L’anglicisation de Montréal

Une entrevue avec Jean-François Lisée

Source: Le blogue de Jean-François Lisée

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Mort Ta Langue

Un petit documentaire sur l’avenir du français au Québec, réalisé par deux étudiants de Grasset, Roger Bisson et Diego Moncada Lacerte.

Source: Le blogue de Jean-François Lisée

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Un front uni pour battre les Libéraux

Pour signer l’Appel au front uni

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