Rauschenberg, Retroactive 1, 1964
Le 22 novembre 2010 marque le 47ième anniversaire du tristement célèbre assassinat de John F. Kennedy à Dallas. Son périple historique débute le 20 janvier 1961, à la suite d’un scrutin très serré contre le controversé candidat républicain Richard Nixon, lorsqu’il est élu 35ième président des États-Unis, à 43 ans. Seul président catholique à ce jour, ce personnage mythique incarne la jeunesse, l’innovation, la persévérance, le charisme et la sagesse, valeurs dont les américains d’hier et d’aujourd’hui ont grandement besoin. D’ailleurs, certains téméraires ont comparé l’actuel président Barack Obama à cette icône américaine, l’espoir d’une époque. Inspiré de Lincoln, nombreux sont ceux qui oublient que Kennedy a milité en faveur de l’abolition de la ségrégation raciale aux côtés de Martin Luther King jr, ou encore qu’il est l’auteur du projet Apollo, ce que Rétroactive 11 de Rauschenberg montre. De l’autre côté de la médaille, il est connu pour avoir relancé le programme d’armements nucléaires à des fins dissuasives et pour avoir ainsi perpétué la politique d’endiguement pratiqué par son prédécesseur Eisenhower, politique responsable de ce que l’on appellera la «Guerre Froide». On se souvient aussi de l’homme le plus puissant au monde pour avoir initié l’envoi de soldats au Viêt-Nam et pour les évènements entourant Cuba, de la Baie des Cochons à l’embargo. Cependant, John nous a tous surpris par le calme et la sagesse qu’il entretient durant le pire des affrontements circonstanciels entre le bloc de l’Ouest et le bloc de l’Est, la crise des missiles de Cuba. En effet, durant les interminables « treize jours qui ébranlèrent le monde »2, alors que le troisième conflit mondial risquait même de se profiler à l’horizon, tandis que l’humanité de cette époque tendue a les yeux rivés sur l’écran du téléviseur et que Fidel Castro se montre intraitable, Kennedy fait preuve de « leadership »3 et évite la catastrophe nucléaire. Devant l’opinion populaire et contrairement à son homologue russe, qui perd la face au milieu de ses pairs, Kennedy est sorti de cette situation en véritable héros. Cette déconvenue devant l’histoire a coûté à Khrouchtchev sa réputation et son prestige. Le visionnaire d’une nation nous a laissé trop tôt, malgré un des mandats les plus courts du règne présidentiel américain, un nom, un descendant d’immigrant irlandais, un homme, a influencé le cours de l’Histoire. Son nom, même dans la mort, reste associé à l’une des dynasties les plus influentes du XXième siècle. Cette « famille royale américaine »4, qui, malgré son pouvoir, a connu un sort plutôt tragique.
John Kennedy Jr saluant le passage du cercueil de son père
Jackie Kennedy vue par Andy Warhol, 1964
1 The Andy Warhol Musem, Artists Past & Present, http://edu.warhol.org/app_rauschenberg.html.
2 BUFFET, Cyril, La crise des missiles de Cuba, http://www.cubacrisis.net/fran/pages/premset_01.html.
3 BRAZAU, GAYLE A., Leadership and Learning, http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2508719/.
4 L’Actualité Internationale, L’Amérique rend un dernier hommage au sénateur Kennedy, http://www.france24.com/fr/20090829-lamerique-rend-dernier-hommage-senateur-kennedy-.
Olivier Vaillancourt