L’interdépendance des archives pour la traduction et l’interprétation des œuvres antiques : l’exemple de Les Essais de Montaigne
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C’est en me procurant dernièrement une version traduite en français moderne de l’œuvre Les Essais de Montaigne que l’aspect inhérent entre la traduction et « l’archivistique1 » m’est venu à l’esprit, dans la mesure où les spécialistes qui s’aventurent dans la traduction d’une œuvre écrite en langue dite vernaculaire ou en latin datant du XVIe siècle doivent inévitablement avoir recours à plusieurs archives pour ne pas traduire fautivement les mots plurivoques2 ou les idiotismes3. De plus, lorsque l’écrivain lègue des archives manuscrites à ses contemporains (c’est le cas de Montaigne), une étude graphologique est souvent nécessaire pour interpréter plus précisément l’écriture de l’auteur. On remarque également que l’utilisation de plusieurs autres archives manuscrites de l’époque, ou du moins des œuvres qui font mention des procédés calligraphiques de ladite époque, est souvent nécessaire pour la réalisation d’une interprétation éclairée, d’où l’aspect, à mon avis, d’interdépendance des archives pour la traduction et l’interprétation soignée des œuvres antiques.
1 : L’archivistique est la science des archives; les archives étant l’ensemble des documents, quelle que soit leur date ou leur nature, produits ou reçus par une personne ou un organisme pour ses besoins ou l’exercice de ses activités et conservés pour leur valeur d’information générale. (Définition inspirée du Dictionnaire terminologique de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information)
Nota bene : Le mot « archivistique » (XXIe) a été mis entre guillemets pour souligner l’aspect anachronique de l’emploi de ce néologisme contemporain pour définir la discipline à l’époque de la Renaissance française.
2 : Un mot « plurivoque » est simplement un mot ayant plusieurs sens. Le terme « polysémique » est également utilisé pour illustrer cette réalité linguistique.
3 : Un « idiotisme » est une expression propre à une langue donnée qui est impossible de traduire ad litteram. (Exempli gratia : L’expression francophone « j’ai froid » ne semble pas, d’après une discussion dernièrement menée avec Jacynthe Rémy-Fournier, Hugo Vaillancourt-Perreault, Karianne Pilote et Déreck Lévesque, pouvoir se traduire adéquatement, ou du moins sans perte du sens initial et univoque de l’expression, dans la langue berbère; les berbérophones utiliseraient davantage l’expression : « Il ne fait pas chaud »!).
Hugo Vaillancourt C.
Étudiant en Histoire & civilisations 2009-2011 Étudiant à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information, Université de Montréal



Oh, je me suis trompé, il s’agit non pas de Jacynthe, mais bien de Jasmine!