Tandis qu’à Montréal les festivals se succèdent ad nauseam, le peuple québécois s’enlise dans l’apathie politique (ceci étant la cause de cela?). Tout étourdi qu’il est par la ribambelle du présent qui le divertit à l’extrême, il en perd la mémoire et néglige le souvenir des figures héroïques susceptibles de le tirer de sa torpeur en lui rappelant que tout est possible. Ainsi de Pierre Le Moyne d’Iberville né à Montréal (on disait Ville-Marie en ces temps-là) le 16 juillet il y a 350 ans et qui, excusez du peu, fit la conquête de la Baie d’Hudson, contribua à l’expulsion des Anglais de Terre-Neuve et du Labrador, participa à la fondation de la Louisianne, etc. «Se pourrait-il que les Québécois aient un complexe avec la victoire? Qu’ils aient du mal à s’identifier à des gagnants? Ou qu’ils soient trop gentils pour le faire? La question mérite d’être débattue.» demandent Mario Beaulieu et Christian Chagnon dans un article paru le 20 juillet dans Le Devoir. Pour débattre de cette question, on ne manquera pas de lire aussi le célèbre texte d’Hubert Aquin L’art de la défaite qui malheureusement tend à confirmer cette hypothèse.
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