«When the sky falls and the earth quakes /We gonna put this back together /We wont break…» Tout cela n’était-ce que du «show» ou l’expression d’un engagement sincère? Je ne doute pas de la sincérité de tous ceux qui se sont préoccupés et qui se préoccupent encore d’Haïti, mais un an après le séisme force est de constater que ni la sincérité, ni les bons sentiments (que dire alors de l’appel à dieu…), ni même la présence par milliers d’ONG ne suffisent à l’affaire. Le désordre politique règne, le choléra sévit et l’horizon de la reconstruction attendue est au plus loin. «La situation est pire, un an après le séisme» d’après le journal Le Monde. Et pourtant, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, ne parlait-on l’année dernière de la nécessité de saisir cette «chance historique» et de faire de ce désastre l’occasion de recommencer à zéro? Que faire maintenant? Yélé, yélé, yélé (encore)?
VilajVilaj, Vilajwa
Saisir le moment opportun, le Kairos comme disaient les Grecs, semble bien être ce qui a poussé Luck Merville à fonder l’organisme VilajVilaj dont l’objectif est de «construire des villages autonomes pour assurer l’indépendance économique de ses futurs résidants». VilajVilaj bénéficie de plusieurs appuis comme Air Canada et la firme d’architecte Rayside, mais le soutien moral de l’ancien président Bill Clinton devrait certainement aider à la collecte des 28 millions encore nécessaires au projet, en quoi Merville nous invite tous à devenir un Vilajwa (Rue Frontenac et Radio-Canada). Sans discréditer le travail des ONG, Luck Merville constate cependant que durant les cinquante dernières années leurs efforts ont certes contribué à soulager la misère, mais ces organisations n’ont pas fait grand chose pour l’éradiquer à sa source: «Nous voulons des solutions à la fois économiques et humanistes. Au lieu de panser des blessures, nous voulons les guérir (…) À VilajVilaj nous ne rêvons plus de changer le monde, nous le changeons. Nous ne pensons pas à agir, nous agissons» peut-on lire sur le site de l’organisme et ici il s’explique en entrevue sur le sens général de son initiative. La construction du premier village commencera donc en février.
BLx

