Lundi soir, le 18 octobre, le gouvernement libéral de Jean Charest a imposé un bâillon à l’opposition afin d’adopter rapidement la loi 115 (anciennement 103). Cette loi remplace l’ancienne loi 104 (qui abolissait les écoles passerelles) invalidée par la Cour suprême du Canada. Concrètement, la loi 115 permet aux allophones du Québec de contourner la loi 101 car il leur devient possible d’inscrire leurs enfants dans le réseau d’éducation anglophone public (donc gratuit) à condition que les enfants aient d’abord étudié dans une école privée non-subventionnée anglaise durant trois ans (les fameuses écoles passerelles).
Lundi dernier fut donc un jour particulièrement sombre pour l’avenir et la survie de la langue française au Québec. En effet, avec ce projet de loi, les Libéraux ont créé une immense brèche dans la loi 101. Ces écoles passerelles deviendront à partir de maintenant une occasion en or pour les allophones de contourner la loi de Camille Laurin.
Pourtant, dans l’histoire du Québec, les Libéraux ont été de fervents défenseurs de la langue française, à commencer par Robert Bourassa avec sa loi 22, une loi qui imposait le français dans tous les domaines de la société québécoise (travail, administration, justice, etc.) dont l’éducation. Cette loi ne contentait ni les nationalistes, qui trouvait cette loi trop timide, ni les groupes ethnique et les anglophones, qui dénonçaient les tests que les enfants devaient passer pour joindre le réseau scolaire anglophone. Cependant, cette loi marquait les premiers pas vers l’actuelle loi 101 car pour la première fois, une loi déclarait le français comme unique langue officielle du Québec. Il y a également Claude Ryan et beaucoup d’autres libéraux qui ont défendu la place du français avec vigueur.
Pourquoi donc Jean Charest décide-t-il d’anéantir les efforts menés par ses prédécesseurs avec cette nouvelle loi? Est-ce pour faire plaisir et conserver les seuls appuis qui lui restent un peu au Québec (anglophones et allophones)?
Une chose est certaine, avec cette loi que le gouvernement Charest vient de passer, nous pouvons commencer à nous inquiéter de la survie de la langue française au Québec, surtout avec le recul du français à Montréal qui peu à peu devient majoritairement anglophone. Serons-nous la prochaine Louisiane? Espérons que non.
Simon Renaud
![image[1]](https://histoireetcivilisation.com/wp-content/uploads/2010/10/image12.png?w=500&h=334)


























Il y avait des cyclistes professionnels qui participaient au Grand prix cycliste de Montréal





