La sainteté du saint à la lumière des Lumières

À Rome ce dimanche 17 octobre, Alfred Bessette dit le «frère André», sera canonisé. Sa sainteté ne lui vient pas de son intense dévotion à Saint-Joseph, au nom duquel il fit ériger l’Oratoire sur le flanc du Mont-Royal, ni du don charitable de sa personne au réconfort des malades et des miséreux, mais bien plutôt de sa capacité à accomplir des… miracles. Pour le détail de la vie du frère André, pour comprendre le symbole de fierté qu’a représenté ce «Maurice Richard de la foi» pour les «canadiens-français» d’avant la Révolution tranquille, on se reportera au dossier préparé par Le Devoir à l’occasion de sa canonisation. Dossier duquel je tire cette information certainement prévisible mais  pas moins déconcertante: selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir, un Québécois sur trois (35%) croit aux miracles du frère André! Une telle donnée statistique ne manque pas de me faire penser au paragraphe 9 du texte de Kant Qu’est-ce que les Lumières? :

«Si donc maintenant on nous demande : « Vivons-nous actuellement dans un siècle éclairé ? », voici la réponse : « Non, mais bien dans un siècle en marche vers les lumières. » Il s’en faut encore de beaucoup , au point où en sont les choses, que les humains, considérés dans leur ensemble, soient déjà en état, ou puissent seulement y être mis, d’utiliser avec maîtrise et profit leur propre entendement, sans le secours d’autrui, dans les choses de la religion.»

«Il s’en faut encore de beaucoup» en effet, et la «marche vers les lumières» que Kant définit comme «la sortie de l’homme de sa minorité», est longue si l’on se souvient que ce texte de Kant date de 1784. Il est vrai que dans le sillage de la Modernité, «désenchantement du monde» oblige, la superstition en matière de religion tend à reculer, il est vrai aussi que ce processus d’émancipation est encore inachevé, mais le sera-t-il jamais?

BLx

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Banksy + film x 2

La séquence d’ouverture des Simpsons conçue par Banksy

Autour du tournage du très attendu film sur Banksy «Exit trought the gift shop»

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Allégorie de la mine

«Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne (…)

Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre. Qu’on détache maintenant l’un de ces prisonniers(…)

Et si on l’arrache de sa caverne par force, qu’on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu’on ne le lâche pas avant de l’avoir traîné jusqu’à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement?

Et lorsqu’il sera parvenu à la lumière, pourra-t-il, les yeux tout éblouis par son éclat, distinguer une seule des choses (…)? Il ne le pourra pas, répondit-il; du moins dès l’abord. Il aura, je pense, besoin d’habitude pour voir les objets de la région supérieure (…).

À la fin, j’imagine, ce sera le soleil lui-même à sa vraie place, qu’il pourra voir et contempler tel qu’il est.

Nécessairement dit-il.» Platon, La République, Livre VII.

BLx

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Made in China…

L’artiste chinois, Ai Weiwei, présente à Londres sa plus récente installation dans le «Turbine Hall» du Tate Modern, le célèbre musée d’art moderne et contemporain installé au bord de la Tamise dans ce qui fut une centrale électrique. L’oeuvre de Weiwei «Sunflower seeds» est démesurée, innombrable, incommensurable, mais surtout belle et émouvante (enfin on se l’imagine ainsi), elle consiste en la présentation à même le sol de 100 millions de graines de tournesol faites de… porcelaine et peintes chacune à la main! Il a fallu le concours de centaines de petites mains pour réaliser cette oeuvre à la fois colossale et infiniment délicate. Le travail a été effectué dans la ville de Jingdezhen, «capitale mondiale de la porcelaine», et cette «commande» a permis, dit-on, de sauver de la fermeture de nombreux ateliers. Devant cette multitude, que les visiteurs peuvent fouler, on pense à l’individu indifférencié, perdu dans la marée humaine, mais qui, une fois séparé, apparaît unique et absolument singulier (esseulé au point qu’on ne peut résister à l’amener chez soi, en le glissant discrètement dans sa poche…).

BLx

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Lumière d’automne

Lumière dorée, vives couleurs de la saison, le bleu du ciel ou, mieux encore, «les sanglots longs des violons de l’automne». Pour ouvrir la série «Le festival des couleurs» quelques photos de Jacynthe prises la semaine dernière au Mont-Royal. Pour la suite, faites-moi parvenir les vôtres…

BLx

Photos: Jacynthe Fournier-Rémy

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John Lennon à Montréal

Aujourd’hui le 9 octobre, John Lennon, membre fondateur des Beatles, groupe «plus populaire que Jésus» avait-il dit,  aurait eu 70 ans s’il n’avait pas été assassiné le 8 décembre 1980 à New York devant le Dakota, l’immeuble où il habitait. Au printemps 1969, John Lennon et Yoko Ono, nouvellement mariés, décidèrent de profiter de leur «voyage de noce» pour lancer une campagne en faveur de la paix. Ils donnèrent à cette action le nom de «Bed-in for peace» puisqu’il s’agissait d’inviter les journalistes  à venir discuter de la paix (et donc de la guerre au Vietnam) dans leur chambre d’hôtel où John et Yoko les recevaient au lit et en pyjama… Le premier «Bed-in» eut lieu à Amsterdam, le second à Montréal. Interdit de séjour à cette époque aux USA, Lennon avait alors fait de Montréal l’escale nord-américaine de sa tournée pour la paix. C’est donc dans la chambre 1472 de l’Hôtel Reine Élizabeth que John et Yoko s’installèrent pour quelques jours au printemps de 1969 et où le 1er juin fut enregistrée «Give peace a chance».

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10:10

Voici le video pour soutenir, à la grandeur de la planète, la campagne 10:10 dont le but est de réduire en 2010 les émissions de gaz carbonique de 10%. Ça vous dit d’y participer? «No pressure». Vous êtes d’accord, vous voulez contribuer à l’atteinte de cet objectif, ne serait-ce qu’en posant des gestes aussi simples que de privilégier le transport en commun? Tant mieux! Et c’est tant pis pour ceux qui se montrent récalcitrants. Voyez vous même le sort qui les attend…

BLx

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Hockey et philosophie

Visitez le site de la Grande Bibliothèque

BLx

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The English accent(s)

En voyant ce petit vidéo (où l’on entend malheureusement quelques gros mots…) sur la pluralité des accents anglais, je n’ai pu m’empêcher de penser à nos cousins français, plus particulièrement à la branche parisienne de la grande famille francophone, qui trouvent souvent ridicule les multiples modulations que prend la langue française à travers les accents acadien, antillais, africain, saguenayen, québécois, belge, suisse, etc. Ces Français-là s’imaginent en effet qu’ils parlent sans accent… Mais est-ce la surdité qui les rend ethnocentriques ou bien est-ce leur ethnocentrisme qui les rend sourds?

BLx

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Mystérieuse princesse hijab

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

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Apocalypse now!

Le mercredi 22 septembre à 13h au H-107, projection du film de Francis Ford Coppola  «Apocalypse Now» pour lequel il remporta la Palme d’or au Festival de Cannes en 1979 et au sujet duquel il a dit: « Apocalypse Now n’est pas un film sur le Viêt Nam, c’est le Viêt Nam. Et la façon dont nous avons réalisé Apocalypse Now ressemble à ce qu’étaient les Américains au Viêt Nam. Nous étions dans la jungle, nous étions trop nombreux, nous avions trop d’argent, trop de matériel et petit à petit, nous sommes devenus fous ». Inspiré du roman de Joseph Conrad «Au coeur des ténèbres» paru en 1899, ce film, un peu comme on remonte le cours d’une rivière jusqu’à sa source, nous conduit jusqu’à l’origine primitive de notre humanité…

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Tape art

Une nouvelle forme d’art est née! Le «Tape art», un art de rue qui nous vient de Slovénie.

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Murakami à Versailles

Ces jours-ci en France une exposition consacrée à l’artiste japonais Takashi Murakami, dont on a pu voir quelques oeuvres au Musée des beaux arts à Ottawa samedi dernier, provoque la controverse, certains crient même au scandale en raison du seul fait que cette exposition soit présentée au Château de Versailles. «Le château de Versailles est un lieu sacré qui appartient au patrimoine mondial. On ne peut pas y faire n’importe quoi», a déclaré Anne Auger, professeure de lettres à la retraite et porte-étendard d’un mouvement opposé à la venue de Murakami. Le groupe s’est baptisé «Versailles mon amour»» pouvait-on lire hier dans Le Devoir.

Un autre groupe nommé Coordination Défense de Versailles, plus radical encore dans son opposition, crie NON AUX MANGAS en prétextant que: «Versailles est le symbole de l’excellence de la France, de la gloire du Roi-soleil et du rayonnement de la France dans le monde. MURAKAMI À VERSAILLES, c’est le symbole de l’annulation du prestige de la France, du mépris de son Peuple souverain et du triomphe de la barbarie culturelle du modèle new-yorkais visant à l’hégémonie mondiale.»

Ce groupe des plus réactionnaires s’était déjà opposé en 2008 à la tenue de l’exposition Jeff Koons à Versailles a maintenant obtenu dans sa croisade contre la «barbarie» le soutien, n’est-ce pas, du prince Sixte-Henri de Bourbon-Parme, un descendant de Louis XIV…

Un caniche de Jeff Koons

Toujours dans Le Devoir on pouvait lire que le 15 septembre «les opposants vont d’ailleurs investir en grand nombre les abords du château afin de dénoncer l’inauguration de l’exposition qualifiée de «pollution visuelle», de «désordre mental» et de «vulgarité érigée en prétendues oeuvres d’art». Ils s’insurgent également contre l’exploitation de Versailles par les marchands d’art pour faire grimper le prix des oeuvres (…) La recette est connue: au contact de Versailles, les oeuvres de Murakami vont briller, et leur cote va grimper par la suite au bénéfice des collectionneurs. Ce ne sont pas des oeuvres d’art, ce sont des produits financiers, et nous ne devons pas tolérer ça à cet endroit». Une chance que le ridicule ne tue pas…

Le roi est mort! Vive Murakami!

B.L.

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Dimanche au pied de la montagne

Après avoir vu l’exposition «La Vie en Pop» samedi à Ottawa, expo formidable dont on parlera très prochainement, dimanche on a été faire un tour à la montagne…

Il y avait des cyclistes professionnels qui participaient au Grand prix cycliste de Montréal

et des funambules amateurs.

Cyclistes

Funambule

Cyclistes

Hélicoptère…

B.L.

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La loi 101 au cégep? Yes!

Faudrait-il étendre jusqu’au niveau collégial l’obligation qui est faite aux enfants d’immigrants de fréquenter l’école française au primaire et au secondaire? Faudrait-il alors modifier la loi 101 afin d’abolir la possibilité qui est donnée aux allophones (et aux francophones)  de poursuivre leurs études au cépep dans la langue de leur choix? Mais que signifie ce «libre choix»? Contribue-t-il à angliciser les allophones dans leur vie adulte? L’ouverture sur le monde que l’acquisition de l’anglais permet provoque-t-elle de façon inversement proportionnelle une fermeture à la culture d’expression française au Québec?  Ces questions touchant la loi 101 et le rapport des allophones à la langue française ont déjà été soulevées ici, mais voici qu’une étude faite par l’Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA) vient malheureusement confirmer nos pires appréhensions. À vous d’en juger, voici quelques extraits de l’article paru hier dans Le Devoir qui en fait état:

«Le fréquenter… c’est l’adopter. Une étude de l’Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA) conclut que les étudiants francophones et allophones qui choisissent d’étudier dans un cégep de langue anglaise risquent fort d’évoluer dans un milieu anglophone pour le reste de leur vie. À peine 40 % des allophones ayant fréquenté un cégep en anglais disent parler la langue de Molière au travail et la même proportion utilise le français lors de leurs achats, révèle cette étude sur les comportements linguistiques des étudiants du collégial, financée par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). On observe cette même tendance à délaisser le français au magasin et au travail chez les francophones qui ont fréquenté un cégep en anglais.»

«De volumineux questionnaires ont été distribués à 3200 étudiants de cégeps francophones et de trois cégeps anglophones de l’île de Montréal. Patrick Sabourin, doctorant en démographie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et coauteur de l’étude, s’attendait à des résultats moins polarisés. «Je m’attendais à l’influence de l’anglais sur le comportement linguistique [des étudiants fréquentant un cégep anglophone], mais je m’attendais à une plus grande diversité de comportements chez les allophones. Or, à quelques différences près, ils se comportent linguistiquement comme les Anglos», a-t-il constaté. L’une de ces différences est que les allophones qui étudient en anglais ont sensiblement plus d’amis francophones (15 %), contre 85 % des allophones qui étudient au cégep en français. Et parmi les allophones qui ont fréquenté le réseau scolaire de langue française, 40 % passent du côté anglophone au niveau collégial. Les allophones scolarisés en anglais, quant à eux, passent tous, à quelques individus près, au cégep en anglais.»

«Quant à la consommation des biens culturels, 95 % des étudiants fréquentant un cégep de langue anglaise, qu’ils soient allophones, francophones ou anglophones, ne regardent pas de films en français et à peine 20 % du temps d’écoute de télévision de ces étudiants est consacré aux émissions de langue française. «Les anglophones qui fréquentent des cégeps anglais écoutent des films en français dans une proportion de 0,3 %. C’est pratiquement nul», note-t-il.»

«En regard de cette étude, le niveau collégial serait un déterminant majeur de la langue utilisée pour le reste de notre vie. Ces conclusions sont également celles d’une étude réalisée par Robert Maheu, ex-directeur de recherche au ministère de l’Éducation, qui démontre qu’il y a une relation claire entre la langue des études supérieures et la langue de travail, et que faire ses études supérieures en anglais augmente fortement la probabilité d’avoir un emploi, un an ou deux après la fin des études, ailleurs qu’au Québec.»

B.L.

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