Syntonisons le 32 Musimax, que voyons-nous? Le palmarès des films ayant rapporté le plus d’argent, une autre des vedettes pop les plus courues du web, etc. Que croyions-nous en premier lieu ? Que la vie des artistes est simple et frivole. Les médias ne présentent pas les débuts difficiles de ces artistes. À l’exception de ces biographies d’artiste si kitchs où l’on présente les durs débuts de cette jeune actrice qui quitte son village natal du Nebraska pour aller vivre à Hollywood, la ville où tout peut se produire. Les carrières artistiques ne sont pas toutes écrites en suivant ce même gabarit. Pensons à Arcade Fire, Robert Rodrigez et plusieurs autres qui ne visent pas une vie glamour, mais veulent plutôt vivre de leur passion.
Le week-end passé, j’ai pris part au tournage d’un court métrage québécois, Catastrophe Météo de Éric Chaussé. Il s’agit d’un projet de plusieurs courts métrages dans lesquels plusieurs icônes de Montréal se font détruire de façon apocalyptique. Cette première catastrophe vise l’usine Five Rose située au vieux port de Montréal. Mon rôle était de m’occuper des repas, de bloquer la rue lors des tournages (tâche difficile puisque les automobilistes ne sont pas très galants, par exemple cette femme qui pour montrer sa colère devant l’impossibilité de passer décida de nous lancer sa cigarettes au visage avec un gentil « fuck you »), de retenir la tente qui a tenté quelques fois de s’envoler vers le canal Lachine, etc. Malgré ces complications ce fût une agréable et épuisante fin de semaine. J’ai pu me rendre compte des efforts que ces réalisateurs, preneurs de son, acteurs mettent dans un projet qui pourrait, malheureusement ne mener à rien. Jusqu’ici je ne me rendais pas compte du travail acharné de ces artistes, non simplement en cinéma, mais aussi dans toutes les autres formes d’art. Tourner pendant 3 jours entier sans être certain que les prises seront adéquates aux effets spéciaux, payer de sa poche tout le matériel et parfois même les acteurs, puisque ce ne sont pas tous les acteurs qui acceptent de participer sans cachet à un film indépendant. Vous me direz : « C’est comme ça dans tous les domaines, tu bûches sans jamais être certain de la fin. » Certes, mais j’étais, ce week-end, en complète aporie face à cela. Je croyais, de manière utopique, que le gouvernement donnait des subventions ou que ces artistes recevaient un quelconque salaire, mais non, nada. La vie d’un artiste ce n’est pas de faire le plus d’entrevues possibles et de se retrouver sur toutes les couvertures des magazines, être un artiste c’est vivre de sa passion, peu importe les risques.
Je vous présente ici deux courts métrages de Éric Chaussé, Noémie et 11 ans. Ces deux films baignent dans un univers à la fois fantaisiste et sombre. Ils présentent le monde de l’enfance d’une manière, à la fois fantastique et réaliste. Le premier présente la relation que Blanche a avec son jouet préféré, Noémie, une ballerine prise sous une cloche de verre. Noémie saura utiliser cette confiance aveugle que lui donne Blanche. Le deuxième court métrage prend place lors de la fête du jeune Antoine, qui fête ses 11 ans. Nous pouvons ici retrouver le dégoût du monde adulte et la peur de devenir grand que nous avons tous, un jour, ressentie. Vous pouvez voir d’autres courts métrages de ce réalisateur au http://www.gypsyxfilms.com/
Karianne Pilote


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