Replay: un roman rempli de mystère et de questionnements

« Qui n’a jamais rêvé de pouvoir revivre son passé fort de son expérience d’aujourd’hui? »   Qui n’a jamais pensé à ce qui pourrait advenir si nous avions la chance de retourner le temps, de changer les choses, revivre notre passé? C’est ce fantasme populaire qu’aborde Ken Grimwood, l’auteur du très célèbre roman Replay. Comme son nom l’indique, Replay est la traduction sur papier d’innombrables vœux silencieux de l’humanité. Le personnage principal Jeff Winston assiste littéralement à sa propre mort, à l’âge précoce de 43 ans. Or il va de soi, vous l’aurez deviné, qu’il ne meurt pas vraiment : « Jeff ne parvenait pas à respirer. Naturellement : on ne respire pas quand on est mort. Mais s’il était mort, pourquoi était-il conscient de ne pas parvenir à respirer? Ou de quoi que ce fut d’ailleurs? » Il prend alors conscience assez tôt qu’il n’est pas mort comme les premières lignes l’indiquent. Il se réveille donc dans une chambre démodée, au goût datant des années 60. Le plus surprenant n’est certainement pas la décoration douteuse : Jeff se réveille en pleine forme, ce qui n’est normalement pas les caractéristiques d’un homme venant tout juste de mourir d’une crise cardiaque. Quelques pages plus tard, et ce ne sera pas un dévoilement inattendu, on comprend qu’il a remonté le temps, et ce jusqu’en 1963 : Jeff a 18 ans. Il passe alors d’un homme marié, plus ou moins heureux, à un étudiant à l’université d’Emory. Sceptique, il pense tout d’abord à un complot, une blague trop bien montée. Or les morts, dans le monde réel, ne sont pas souvent vus dans les couloirs d’une université : c’est ce qu’il déduit en voyant son meilleur ami mort quelques années auparavant, ou quelques années plus tard, selon le point de vue. Jeff est bel et bien vivant, et il prend conscience de son pouvoir sur le futur. Le reste du livre sera la succession de multiples autres replètes, nom donné aux cycles qu’il vit, habillés de nombreux périples. Qu’est-il véritablement arrivé, et surtout : pourquoi?

Lorsque j’ai décidé de commencer la lecture de ce roman, j’ai tout d’abord été sceptique. L’idée alléchante, certes, n’était tout de même pas une innovation. Grimwood n’est certainement pas le premier à aborder ce sujet. De plus, je n’avais pas du tout envie d’un long préambule, ce que la quatrième de couverture nous promettait; une introduction trop longue avant d’entrer dans le vif du sujet. Or, mes craintes se montrèrent non fondées dès la première ligne : « Jeff Winston était en train de téléphoner à sa femme quand il mourut. » Heureuse de m’être trompée, j’entrai donc véritablement dans l’histoire dès les premières lignes. Je tombais donc, dès le début, amoureuse du décor des années 60, de la complexité et de la perplexité du personnage, des mots choisis, et surtout de l’intrigue. Cette intrigue qui m’a laissé hors d’haleine du début à la fin, et qui m’a empêché de quitter l’histoire.

« Qui n’a jamais rêvé de pouvoir revivre son passé fort de son expérience d’aujourd’hui? »   Certes, ce rêve infiniment alléchant n’est pas la seule question que touche le roman. Qui n’a jamais rêvé de savoir ce que se trouvait après la mort? Qui n’a jamais fait preuve d’une certaine curiosité face à ce qu’il nous arrivait lorsque l’on mourrait? Personne n’a pu répondre à cette question qui traverse les années. Bien que le roman affiche une réponse assez fictive de ce qu’il pourrait arriver, elle ouvre toutefois la porte aux questions visant d’autres possibilités qui parcourent, sans le vouloir, notre quotidien. Ce roman effleure aussi la philosophie, touche aux modes des années 60 à 80, parle du hasard, de la vie, de la famille, de la douleur, etc., bref tout pour plaire à tous! Si l’on fait abstraction d’une légère note de déjà vue et d’une fin plutôt décevante comparativement au reste de l’histoire, le roman nous envoute comme jamais en nous emportant dans un univers irréel, qui pourtant, vient tous nous rejoindre.

Nous, les humains, avoir le loisir de creuser dans le passé afin de comprendre l’humanité. Nous avons la chance et le pouvoir d’essayer de découvrir des millions de choses face à divers sujets. Or personne ne peut affirmer ce qui se passe après la vie, cette vie dont nous comprenons très peu déjà. Tout cela m’a véritablement remis en question : après tout ce que nous avons pu voir, philosophiquement ou historiquement parlant, dans quelle catégorie de croyance morbide nous rangeons-nous? Qu’est-il permis de croire? Qu’est-ce qui se rapproche le plus d’une vérité plausible face à ce qui se passe après notre mort certaine et incontournable?

Stéphanie Benoit

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Laisser un commentaire