Hanae Utamura

Hanae Utamura est une artiste active dans différents pays qui s’inscrit dans l’art contemporain par ses installations et performances. J’ai découvert son site Internet par hasard et c’est un délice pour l’esprit. Son art est conceptuel, ses concepts éclectiques, ils impliquent des contrastes tels que celui de l’eau et du sable, du mouvement et de la stabilité, etc. La photo que vous voyez ici est une de ses plus récentes oeuvres (2010) qui s’appelle 100 times I love you. Elle a demandé à cent personnes de souffler dans un sac en plastique tout en disant « Je t’aime »…Ces oeuvres sont toutes très interactives parce qu’elle veut voir et capter (elle prend sur vidéo presque toutes ses performances ou installations) les réactions populaires à la vue de choses illicites ou inhabituelles dans un contexte particulier. Ses interventions dans le désert alors qu’elle balaie et qu’elle étend de l’eau à l’aide d’une serpillière sont magnifiques.

Carolane Bilodeau

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Une réponse à “Hanae Utamura

  1. Avatar de Bruno Lacroix Bruno Lacroix

    «Souffler dans un sac», mais est-ce donc de l’art? Question légitime, qui mérite considération, à laquelle il faut répondre: oui! Mais en quoi un sac de plastique, supposément rempli du souffle de cent personnes, est-il supposé être beau et affecter ma sensibilité, m’émouvoir? Il est vrai que l’art passe ici par le concept et la réflexion, que l’émotion n’est pas proposée à la criée, de manière directe et spectaculaire. «Souffler» donc et, de surcroît, en disant «Je t’aime». Allons-y voir.
    Qu’est-ce donc cela que le souffle? Quiconque en a déjà manqué le sait très bien, le souffle c’est la vie! Et si l’on a raison de dire de quelqu’un qui meurt «qu’il rend l’âme», c’est parce qu’il ne respire plus, qu’il a rendu «son dernier souffle». Or le mot «âme» en grec se dit «psuchè», d’où nous viennent en français «psychisme» et «psychologie», l’étude de l’âme, mais allons plus loin: l’étymologie la plus ancienne de «psuchè», la plus lointaine racine du mot, se trouve dans la langue de l’Inde, le sanskrit où «psu» veut dire… «souffle». Cela permet de comprendre un peu l’importance accordée à la respiration, au travail sur le souffle, dans la pratique de la méditation par les «sages» indiens. Et vous-même, n’entendez-vous pas dans ce «psu» l’imitation du son de votre propre souffle? Voilà pourquoi «100 times I love you» est une oeuvre belle et émouvante, c’est parce que ce petit sac de plastique rempli de souffles a de l’âme.

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