Takashi Murakami, qui fit scandale à Versailles, présente maintenant à Rome deux dragons géants, Dragon in clouds, peints sur d’immenses panneaux (acrylique sur toile, 363 x 1800 cm) à la galerie Gagosian (Larry Gagosian, l’un des plus importants marchands, sinon le plus important marchand d’art contemporain a des galeries aux USA, en Europe et en Asie).
Ces tableaux impressionnent, ils en mettent plein la vue, par leur taille va sans dire, par leur iconographie manga et leur esthétique «Superflat», par leur côté éminemment pop art. Mais ce qui me retient le plus c’est leur facture, quelque chose de plus discret qui transparaît dans la manière (que l’on devine sur photo plus qu’on ne voit il est vrai): ces tableaux, comme tous les tableaux de Murakami, sont peints à la main.
Ces images qui proviennent le plus souvent d’un univers de néons et d’effets spéciaux ne sont pas ici générées par un processus numérique, elles sont peintes à la main avec de la peinture qui dégouline et dont on aperçoit les traces sous les couches de lavis (appliquées manuellement à la bombe). Le geste libre, avec de la matière rouge ou bleue, fait advenir des formes et restitue à ces créatures leur mystère, grâce à la peinture ces «dragons dans les nuages» retournent à l’opacité des légendes.
BLx




