En Russie une vague de chaleur sans précédent déclenche des feux de forêts innombrables dont la fumée envahissante contraint les moscovites à porter des masques ou carrément à abandonner la ville. Les feux enflamment aussi les forêts qui furent touchées en 1986 par le nuage radioactif de Tchernobyl et libèrent ainsi des particules éminemment toxiques. De plus, on redoute la perte de toutes les récoltes de blé.
Tandis qu’au Pakistan des inondations catastrophiques font des milliers de mort et des millions de sinistrés…
Et maintenant un iceberg trois fois grand comme l’ile de Manhatan se détache du Groenland.
La fréquence grandissante de ces bouleversements climatiques n’annonce rien de bien rassurant. On pense à Skakespeare:
«Il suffit d’un atome pour troubler l’oeil de l’esprit. A l’époque la plus glorieuse et la plus florissante de Rome, un peu avant que tombât le tout-puissant Jules César, les tombeaux laissèrent échapper leurs hôtes, et les morts en linceul allèrent, poussant des cris rauques, dans les rues de Rome. On vit aussi des astres avec des queues de flamme, des rosées de sang, des signes désastreux dans le soleil, et l’astre humide sous l’influence duquel est l’empire de Neptune s’évanouit dans une éclipse, à croire que c’était le jour du jugement. Ces mêmes signes précurseurs d’événements terribles, messagers toujours en avant des destinées, prologue des catastrophes imminentes, le ciel et la terre les ont fait apparaître dans nos climats à nos compatriotes.» Hamlet, Acte I, scène 1.
Et on se dit comme Hamlet que «le temps est détraqué», qu’il «marche de travers», qu’il est «sorti de son orbite». «Time is out of joint» (I, 5).
B.L.









