L’avenir appartient aux jeunes – Compte-rendu du CIME 2010
Les 26-27-28 mai derniers se déroulait le Colloque International du Millénaire – Événement millenium event (CIME 2010). Suite aux objectifs du millénaire que se sont données les Nations Unies en 2000 (http://www.un.org/fr/millenniumgoals/), des élus, des présidents d’organisme non-gouvernemental (ONG) et d’autres acteurs de changements provenant de plus de 25 pays se sont rassemblés pour discuter du développement du projet et pour créer de nouveaux liens. Voici un compte-rendu de mon point de vue sur ma semaine de bénévolat.
Le CIME 2010 a voulu souligner la réalité vécue par ceux qui connaissent un handicap visuel dans la francophonie du monde. En effet, il était organisé par la Magnétothèque, un ONG québécois qui enregistre des livres à voix haute pour les non-voyants, et l’Union Francophone des Aveugles.
La première journée servait, évidemment, de premier contact. D’abord, un malencontreux phénomène minait le moral de beaucoup de participants : plus de 50 délégués africains ne pouvaient se présenter au Colloque car ils n’avaient pas obtenu leur visa pour entrer au Canada. Drôle de situation pour une rencontre internationale au nom des droits de l’Homme! Ce problème revenait souvent dans les discussions publiques. Ensuite, les conférences qui se produisaient sur scène n’étaient qu’un prétexte pour découvrir les valeurs communes et les principales personnalités présentes. On y a vu le Dr. Mohamed Benkhalifa, politologue-expert international et représentant officiel à New York et à Genève au sein de l’Organisation des Nations Unies pour le compte d’un réseau d’ONG ayant le statut consultatif conféré par le Conseil Économique et Social de l’ONU, qui a organisé le Colloque et en est le porte-parole (http://www.cimeobjectif2015.org/mbenkhalifa.shtml). Il y avait aussi des représentants de la francophonie caribéenne: le maire de Sainte-Lucie Marie Galante, en Guadeloupe et un représentant de la Martinique. Beaucoup d’ONG provenant du continent africain avaient envoyé leur délégué sur les lieux, à l’hôtel Sheraton de Laval. Le dernier groupe d’importance était considéré très important pour les autres : les jeunes. Ce sont eux qui rédigent la Déclaration et les Actes du Colloque. Ce que je retiens de cette journée d’ouverture est surtout le discours du maire de Sainte-Lucie : il nous faut des décisions concrètes.
La deuxième journée était une journée de débats et de rumeurs d’associations provenant des couloirs de l’hôtel. M. Bernard Landry et Dr. Benkhalifa ont présenté des discours passionnés et productif. En effet, ils osent dire clairement ce qui semble être les intérêts de chacun, malgré des sujets à la limite de l’insulte pour certains pays. Après avoir vanté les mérites et les avancés du Québec en matière d’institutions publique, une déléguée africaine a rappelé à l’ancien premier ministre du Québec que les pays en voie de développement mourraient de faim au moment où la belle province acquérait de nouvelles institutions publiques coûteuses. Question très controversée. M. Landry a rétorqué avec brio qu’il est d’abord un Québécois et que ce pays est le plus progressiste en Amérique du Nord. Les ressources humaines du Québec sont exportées depuis longtemps dans les pays du tiers-monde et obtiennent des résultats majeurs. Le sujet était clos : les participants du Colloque étaient sur la même longueur d’onde. C’est dans cette ambiance que le dernier jour est arrivé.
Les plénières prévues pour le vendredi avaient donc trois objectifs implicites : trouver des moyens concrets pour mieux appliquer les droits de l’Homme et l’égalité entre tous par l’éducation et l’accessibilité; établir un partenariat afin d’avoir des codifications et des conventions universelles et enfin s’assurer que ces conventions sont respectées en faisant en sorte que les organismes puissent avoir une sorte de « police des conventions ». J’ai été très agréablement surpris de constater que ces plénières étaient majoritairement menées par des jeunes impliqués. Ce sont eux qui ont proposé le plus grand nombre de solutions extrêmement concrètes. Une liste de 23 solutions provenant de ces plénières a été déposée et est présentement rédigée pour être bientôt distribuée.
En conclusion, j’ai entendu bien des gens impliqués me dirent que ces rencontres internationales ne valaient rien, car les décisions prises sont floues et abstraites. Les objectifs du millénaire n’ont effectivement reçu aucun suivi jusqu’à ce jour. Par contre, ce que j’ai vu cette semaine me donne l’effet contraire : des dizaines d’alliances internationales ont vu le jour, une liste de 23 solutions est déposée et elles ne resteront pas inactives. Les participants se rencontraient hors des conférences pour monter des projets extrêmement concrets. Plusieurs répercussions du Colloque sont encore en cours de rédaction, comme la Déclaration de Laval et les Actes du Colloque. Je posterai les nouvelles sur le sujet ici lorsqu’elles seront disponibles. Pour plus d’informations sur le CIME 2010, voir le site officiel du Colloque : http://www.cimeobjectif2015.org/.
Ðéreck Lévesque

