Mais qui est-ce donc?
Archives mensuelles : février 2010
Conrad Kirouac, alias?
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Owen Palett
Quelques photos prises samedi soir au Théâtre Outremont lors du spectacle donné par Owen Palett, musicien torontois encore récemment connu sous le nom de «Final Fantasy». Violoniste exceptionnel, maître du «beat box», mais surtout virtuose du «loop pedal», un dispositif qu’il «manipule» du bout des pieds et qui lui permet d’enregistrer en direct, sur scène, des échantillons de ce qu’il vient d’exécuter pour aussitôt les repasser en boucle afin de jouer par dessus. Et sa voix puissante emplit le théâtre tandis que les lignes mélodiques s’ajoutent et se superposent; époustouflant!
Le dernier disque d’Owen Palett s’intitule The Heartland.
B.L.
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Les Essais, d’après Montaigne
DU LOUP BLEU ET DE MICHEL TANNER
THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI
LE
VENDREDI
26 FÉVRIER
À
20 H
BILLETS EN VENTE
À
LA COOP
DU
COLLÈGE
DU
15 AU 19 FÉVRIER
Pour télécharger le programme de soirée, cliquez ici
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Nietzsche dans le métro
Mercredi dernier, je rentrais chez moi par la navette et le métro. J’étais assise dans le coin du wagon, en face d’une dame d’origine vietnamienne qui, elle, se trouvait adossée à une pub que je pouvais voir en partie seulement. Soudain, un très jeune homme m’aborde, poliment mais de façon très résolue. Il me dit bonjour en anglais et me demande si je parle anglais ou français. Je lui réponds que je suis francophone. Bien sûr, je l’observe attentivement. Il n’a pas l’air menaçant, au contraire ! Il a quelque chose de poupin, comme un grand bébé aux cheveux noirs et aux yeux bleus, les joues très roses. Encore un peu et il pourrait être un personnage de la famille von Trapp dans «La mélodie du bonheur». Il me semble candide et fonceur, parfaitement persuadé de son fait et même téléguidé par une sorte de mission. Je ne pouvais pas mieux dire en parlant de mission car la première chose qu’il me dit en français, c’est : «Connaissez-vous Dieu ?» Je lui réponds calmement que je suis plutôt athée. Il semble un peu surpris mais pas du tout désarçonné pour autant. Il me dit que lui, il sait que Dieu existe. Je l’interromps immédiatement pour répliquer qu’il «croit» que Dieu existe et non qu’il le «sait». Il s’entête en répétant non, il «sait» que Dieu existe et que c’est une parfaite certitude pour lui. Gentiment mais fermement, je lui dis que si Dieu était l’objet d’un savoir certain et démontrable, tous les non-croyants seraient alors des imbéciles qui ne comprennent rien à rien et qu’il n’y aurait alors qu’une seule religion qui soit la vraie science. Évidemment, il hésite parce qu’il est poli, il ne veut pas me traiter d’imbécile puisqu’il veut me convertir. Il ouvre alors un livre et il me montre un passage où l’on parle du semeur et de la semence, de la foi du cultivateur. Je lui dis que ce passage est peut-être beau pour lui mais que ce n’est pas convaincant. Il me dit alors qu’il est missionnaire mormon, d’origine américaine, envoyé ici pour recruter de nouveaux fidèles. Je lui dis alors que moi aussi je peux croire en certaines choses mais que je n’ai absolument pas besoin de croire en un être surnaturel. Et tandis qu’il proteste vivement, j’aperçois devant moi, stupéfaite, une phrase sur le panneau publicitaire devant lequel est adossée ma voisine de wagon vietnamienne. La voici, cette phrase incroyablement postée devant moi : «La croyance forte ne prouve que sa force, et non la vérité de ce qu’on croit» signée Friedrich Nietzsche. À sa lecture mon jeune ami semble foudroyé, il me fuit presque paniqué. Et moi, je n’en reviens pas de cette phrase qui vient à mon secours dans le métro, un vrai «hasard objectif» comme dirait Hegel. La dame vietnamienne semble avoir suivi notre conversation et elle rit doucement. Je ne sais toujours pas quel est l’organisme qui est à l’origine de cette pub mais je me dis que contre les sectaires, Nietzsche est redoutablement efficace. Notre missionnaire mormon descend à la prochaine station, l’air ahuri.
Christiane Gauthier
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