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Que cache le conflit étudiant pour durer si longtemps? La réponse de 70 citoyens.
Source: Élise Carrier-Martin via Ensemble bloquons la hausse
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Christian Rioux, Le Devoir, 05/07/12
Il y a quelques années, Claude Hagège avait déjà qualifié l’enseignement de l’anglais au Québec dès la première année du primaire de « désastre » et craint qu’elle favorise « une double incompétence linguistique ». « La diversité, ce n’est pas une seule langue internationale à vocation mondiale et dominatrice. Et cela est encore plus vrai au Québec que dans le reste du monde ! »
« En guerre »
Dans un discours flamboyant, avec quelques phrases en chinois, en arabe et en peul, le linguiste polyglotte ne s’est pas gêné pour secouer les participants du Forum et rompre avec ce qu’il nomme les « ronrons consensuels permanents » ou les « assises mondaines » de la Francophonie. Pour Hagège, la Francophonie est ni plus ni moins « en guerre », non pas contre l’anglais, mais contre une américanisation qui veut imposer une langue unique sous couvert de mondialisation. Selon lui, « le français n’a pas reculé, même si l’anglais progresse beaucoup plus rapidement », et il est « l’allié des autres grandes entités culturelles », comme l’hispanophonie et la lusophonie.
Pour relever ce défi, dit-il, la Francophonie doit faire pression sur les ministères de l’Éducation des pays francophones afin de les convaincre de « donner une importance accrue à la langue française et à la diversité des cultures qu’elles n’ont pas encore ». Il faut aussi, dit-il, pousser les pays francophones du Nord à « faire le maximum pour investir dans des pays francophones qui sont encore dans des situations précaires ». Car, précise-t-il, « les chiffres dont on se gargarise [80 % des francophones devraient être en Afrique en 2050], c’est agréable. Mais, ça risque de ne pas être vrai du tout ».
En terminant, le linguiste a tenu à soutenir sans réserve la lutte des étudiants québécois, dont plusieurs manifestaient hier devant le Centre des congrès de Québec. « Permettez-moi, dit le linguiste, […] de considérer que les grèves étudiantes du Québec sont une affirmation politique digne du plus grand respect et que ce sont eux, les étudiants québécois, qui tiennent entre leurs mains l’avenir de la Francophonie. »
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David Larousserie, Le Monde, 4/07/12

Le CERN et les deux porte-paroles de ces expériences ont annoncé avoir mis au jour un boson ressemblant fort au célèbre boson de Higgs. Cette particule, qu’il convient plus exactement de nommer « de Brout-Englert-Higgs » du nom de ses géniteurs théoriciens, est la pièce manquante au bel échafaudage construit par les physiciens pour décrire le monde de l’infiniment petit.
A l’issue de la présentation des résultats au CERN, l’Ecossais Peter Higgs, qui a donné son nom à ce Boson, a tenu à féliciter toutes les équipes ayant participé à la détection de cette particule. « C’est extraordinaire que cela soit arrivé de mon vivant », a-t-il déclaré. Le Belge François Englert, qui lui aussi avait été convié à la conférence du CERN, s’est associé à ces félicitations. Il a tenu à exprimer « sa tristesse que notre collaborateur et ami de toute une vie, Robert Brout, n’ait pas pu assister à cette extraordinaire présentation ». Englert et Brout avaient cosigné en août 1964 un article décrivant un mécanisme donnant une masse aux particules. Peter Higgs avait décrit une particule du même type le 15 septembre 1964. La dénomination populaire du boson n’a retenu que son nom, sous l’influence de Steven Weinberg (Nobel de physique 1979) qui a contribué à vulgariser cette particule.
Elle joue un rôle majeur dans la nature car, sans elle, les particules n’auraient pas de masse. C’est comme si des objets initialement sans masse traversaient un milieu visqueux et se mettaient donc à peser de plus en plus lourd. La manière d’agréger la « boue » dépendant de l’interaction avec le fameux boson. Ainsi l’électron devient l’objet que nous connaissons et peut ensuite donner naissance à des atomes, des molécules… Bref à toute la matière qui nous entoure.
Lire : « Le boson de Higgs : les raisons d’une quête »
Il s’agit de la première particule élémentaire découverte depuis 1994. Elle était la dernière à échapper aux recherches et complète admirablement le modèle standard, sorte de table de la loi de la physique qui décrit les douze particules et les trois forces qui les unissent pour former la matière ordinaire.
« UN LABORATOIRE POUR UNE NOUVELLE PHYSIQUE »
Les salles de presse et celles réservées aux physiciens étaient combles pour le lever de voile sur les différents graphiques présentant les derniers résultats obtenus en moins de deux ans de fonctionnement de l’accélérateur (dont le projet a été officiellement été lancé en 1994). Il y a désormais plus de 99,9999 % de chances que l’observation soit correcte. La masse du nouveau venu est de 125 GeV (gigaélectronvolt) environ, dans les unités utilisées par les physiciens pour peser leurs bébés. C’est 133 fois plus qu’un proton, constituant élémentaire des noyaux atomiques, par exemple.
« Nous avons fini un chapitre mais d’autres sont à écrire », a déclaré Guido Tonelli, ancien porte-parole de CMS, l’un des deux détecteurs qui a indentifié la particule. En effet, il faut d’abord vérifier que ce qui a été vu est bien le Graal attendu. Comment interagit ce boson avec les autres particules ? Tourne-t-il sur lui-même ? Bref, quelles sont toutes ses propriétés.
Lire : « Boson de Higgs : la fin de la traque »
La moindre anomalie, la moindre différence avec le boson standard, celui qui a été défini par la théorie, au lieu d’être un problème, serait même très excitante. Cela mettrait sur la voie d’une théorie au-delà de l’actuelle. « Ce boson est un laboratoire pour une nouvelle physique. Il peut ouvrir des portes. C’est très excitant », ajoute Guido Tonelli. Car sur le papier les physiciens savent que leur élégant modèle standard ne résiste pas aux très hautes énergies comme l’Univers en a connu à ses débuts.
Ils ne savent pas non plus de quoi est faite la matière noire qui baigne le cosmos. Ni même l’énergie noire qui accélère l’expansion de l’Univers. Ils voudraient bien savoir aussi ce qui donne la masse à ce fameux boson. L’histoire n’est donc pas finie. « Nous avons de quoi nous occuper avec le LHC jusqu’en 2030 ! », constate Michel Spiro, le président du conseil du CERN.
Pour aller plus loin : voir une vidéo du CEA sur l’Atlas
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