«J’aime moins la télévision qu’avant»

«J’aime moins la télévision qu’avant», c’est ce que l’écrivain et auteur de plusieurs téléromans Victor-Lévy Beaulieu aurait dit en ondes, en direct, lors du Gala des prix Gémeaux, si toutefois on le lui avait permis. Récipiendaire du Grand Prix de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision, VLB devait plutôt accepter cet hommage hors des ondes, dimanche après-midi, avant que ne commence la télédiffusion du Gala en soirée. Plus sensible à l’insulte qu’à l’hommage, VLB a refusé de se présenter. Voici donc quelques extraits de ce qu’il aurait dit, en ondes, à ceux qui font la télévision aujourd’hui:

«J’aime moins la télévision qu’avant. Depuis la multiplication des chaînes et sa concentration entre les mains de quelques propriétaires, on ne peut plus parler vraiment de qualité: le petit écran est devenu un gigantesque fourre-tout dont la médiocrité saute aux yeux dès qu’on a le courage de passer une journée devant son téléviseur. C’est que la télévision ne pense plus guère, elle se contente de plus en plus de réfléchir comme un miroir ce qu’elle croit que la société est devenue: un ramassis de faits divers que rien ne relie entre eux, sinon la bonne conscience de ses animateurs qui croient qu’en agissant ainsi, ils vous apportent la démocratisation de la télévision. Tout le monde y a désormais droit de parole, et davantage ceux qui sont tordus que les gens de santé, davantage ceux qui sont malades, paumés, imbéciles, détraqués ou devenus légumes que les citoyennes et les citoyens débordant d’un trop-plein de vie. (…)

«J’aime moins la télévision qu’avant. Ses archives sont pleines de trésors, qu’on aurait grand intérêt et grand plaisir à revoir. Mais ça demanderait du travail, donc de l’argent à investir, et nos grands diffuseurs ne veulent ni de l’un ni de l’autre. Pour la centième fois, on a droit à Scoubidou, à Ma sorcière bien-aimée, à C.S.I. Miami, à La Petite Maison dans la prairie, à Beverly Hills 90210 ou à FBI: flic et escroc. On peut désormais passer toute sa journée devant son téléviseur à ne voir que ce qu’il y a eu de moins bon à la télévision américaine des années 1960 à 1980. (…)

«J’aime moins la télévision qu’avant. Tandis que le rêve américain s’effondre, nous importons des États-Unis de plus en plus d’émissions et de films dont on ne prend même plus la peine de traduire les génériques ni les titres (par exemple, The Price Is Right). Avez-vous regardé une seule fois Qui perd gagne, cette émission sur des obèses étatsuniens qui sont récompensés quand ils maigrissent et punis quand ils ne maigrissent pas? C’est au-delà de toute indignité! (…)

«J’aime moins la télévision qu’avant. Parce qu’elle ne nous invente plus, elle nous évente. Parce qu’elle ne nous invente plus, elle nous éventre. De quoi comprendre que mon nationalisme et mon être identitaire en saignent comme cochon qu’on égorge.» Texte complet ici.

BLx

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