Archives mensuelles : mars 2013

Un entretien avec Marcel Gauchet

Dans le cadre de la série «Le 21è», diffusée à la radio de Radio-Canada, un entretien avec le philosophe français Marcel Gauchet où il est question, entre autres sujets, de la démocratie, du religieux, de l’illusion économique et de la dénégation généralisée…

http://www.radio-canada.ca/emissions/le_21e/2011-2012/chronique.asp?idChronique=181048

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Christiane Gauthier

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7 jours de grève

«Une GGI sans précédent fait fleurir les rues québécoises. 99% [Québec] est sur le terrain, à un moment où prendre part à l’action et la documenter à vif allaient encore de soi sans qu’on remette en question la légitimité d’une telle prise de parole citoyenne. Dans le feu de l’action, l’idée d’un documentaire qui rendrait hommage à l’extraordinaire vitalité du mouvement étudiant en train de se déployer apparaît comme une nécessité. Et il y a urgence.»

BLx

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Le poids de l’internet? Une grosse fraise!

Francis Patry

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Le soleil, du pain et des livres

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Le soleil

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Le pain, nourriture  du corps

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Les livres, nourriture de l’esprit

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Un dialogo tra due opere, deux oeuvres par les artistes Jannis Kounellis et Bizhan Bassiri installées à la Bibliotheca Angelica à Rome, la plus vielle bibliothèque publique d’Europe. Photos: Gabriele Malaguti.

BLx

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Lorsque la mayonnaise survit un millénaire de plus que nous

Deux photographies d’un pot de mayonnaise qui a su me faire réfléchir sur la société d’aujourd’hui.

En effet, en se penchant sur la date d’expiration, on remarque « 3013 JN 28 »!
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Bien ce que soit probablement une erreur, c’est tout de même amusant! Une durée d’un millénaire quand même!
Hugo Vaillancourt-Chapdelaine

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Montréal, la ville aux pignons… fixes

Montréal est connue pour ses pignons

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Maisons à pignons

Vélos à pignon fixe

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La lumière penche de plus en plus tard, le printemps s’en vient…

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« La démocratie dans l’enclos »

Littéralement: l’infanterie, la cavalerie, l’anti-émeute et la brigade urbaine!

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Loi 101: consultation publique

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Un lien vers la consultation publique électronique de l’Assemblée Nationale sur le projet de loi 14 modifiant la Charte de la langue française. Je trouve l’enjeu très intéressant et pertinent! Tout le monde devrait se prononcer sur la question!
Hugo Vaillancourt-Chapdelaine

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Un philosophe qui gagne à être connu

Le vendredi 15 mars à 18h

Lancement du livre de Ciriac Oloum

Max Stirner, Contestataire et affranchi

à la librairie Le Port de Tête

262, av du Mont-Royal E

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Il arrive que, par une curieuse coïncidence, certains ouvrages semblent faire écho aux évènements de l’actualité ou de l’histoire récente. Tel est le cas de l’ouvrage de Ciriac Oloum, intitulé Max Stirner, contestataire et affranchi. Toutefois, celui qui ne verrait derrière sa couverture – rouge, de surcroît – qu’un manuel présentant un auteur anarchiste passerait à côté de la substance du propos de Oloum et, par le fait même, des deux attraits de son livre.

Le premier concerne la reconstitution du contexte intellectuel duquel émane la pensée de Max Stirner (1806-1856) – Johann Caspard Schmidt de son nom de baptême. Le lecteur y découvre la place qu’occupait Stirner au sein du mouvement des jeunes hégéliens. Le projet philosophique de ce mouvement d’intellectuels Allemands de gauche consistait à s’affranchir de l’omniprésence de l’idéalisme de Hegel dans l’Allemagne du XIXe siècle, plus particulièrement, de son exaltation de l’État comme incarnation de l’esprit absolu.

À travers une traque sans merci des « idées fixes », dont la transcendance tient plus à une majuscule qu’à la réalité – la Religion, l’État, le Peuple, l’Ordre ou l’Homme –, Stirner développe une anthropologie marquée par l’égoïsme ontologique de l’individu : unique, irréductible à tout genre et toute transcendance, exclusivement identique à lui-même, le Moi s’échappe de la prison du concept pour se réapproprier le monde matériel, seul objet de jouissance.

Oloum restitue ainsi la pensée d’un philosophe souvent perçu à travers l’image qu’en rend Marx, soit celle d’un idéologue aveuglé par ces mêmes idées qu’il pense combattre et déconnecté de la réalité sur laquelle il estime s’appuyer. Mais au-delà de l’entreprise de réhabilitation, l’auteur met en relief un aspect original de la pensée stirnerienne, en l’occurrence, sa filiation avec l’existentialisme athée : loin de se réduire à être le cheval de trait de l’anarchisme individualiste, le Moi stirnerien préfigure l’individu existentialiste, condamné à la liberté et perpétuel autocréateur. Là se trouve, nous semble-t-il, le point d’orgue de la thèse développée dans Max Stirner, contestataire et affranchi.

Le second attrait réside dans la pertinence pédagogique du travail de Oloum. Professeur de philosophie au collégial, son ouvrage devrait rencontrer un certain écho auprès de ceux qui s’intéressent aux conceptions de l’être humain – que ce soit à titre de professeur ou d’étudiant. Ainsi, on n’aura manqué de remarquer en quoi Max Stirner, contestataire et affranchi s’insèrerait harmonieusement dans un cursus de philosophie, ne serait-ce que pour traiter le problème du déterminisme et du libre-arbitre ou encore du développement de l’existentialisme. Accessibles sans sacrifier quoi que ce soit à la superficialité, érudites sans être obscures, les pages de l’ouvrage de Oloum présentent l’équilibre propre à stimuler la réflexion et la curiosité du lecteur.

Bref, il s’agit d’un volume qui trouvera aussi bien sa place dans une bibliothèque que dans une salle de cours.

Pascal Solignac

OLOUM Ciriac, Max Stirner, contestataire et affranchi, préface de Lucien Ayissi, Paris : L’Harmattan, 2012. 119 p. Éthique, politique et science. ISBN9782296965027.

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Ciriac Oloum

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NYC 9/02/13

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Dimanche matin

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L’histoire de l’enseignement de l’histoire

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L’incendie de l’édifice du Parlement à Montréal, alors capitale du Canada, incendie déclenché par des membres de la communauté anglo-montréalaise le 25 avril 1849. Peinture attribuée à Joseph Légaré.

Lisa-Marie Gervais, Le Devoir, 9/02/13

L’enseignement de l’histoire comme champ de bataille. Quand ce ne sont pas les didacticiens et les historiens qui s’y affrontent, ce sont les partisans d’une histoire nationale et ceux de l’histoire sociale qui s’entredéchirent sur le « quoi » et le « comment » enseigner le Québec aux jeunes. L’histoire de ce conflit se répète… et ça ne date pas d’hier.
Yvan Lamonde, historien des idées au Québec et professeur au département de littérature de l’Université McGill, n’a pas été étonné de lire cette semaine dans Le Devoir que se profilait à nouveau la querelle entre les tenants d’une histoire nationale (portée par les membres de la Coalition pour l’histoire) et ceux d’une approche sociale. « Ça m’a donné un sentiment d’éternel recommencement de l’histoire. Pour un historien, c’est pas banal », a-t-il dit, un sourire dans la voix.

Pour comprendre pourquoi le débat autour de l’enseignement de l’histoire se répète au Québec, rien de mieux que d’en faire l’histoire, justement. C’est ce qu’ont fait Michel Allard et ses acolytes, en coécrivant le volumineux ouvrage L’histoire nationale à l’école québécoise. Regards sur deux siècles d’enseignement. « Au moment de la fameuse crise sur l’enseignement de l’histoire, au milieu des années 2000, je me suis aperçu qu’on n’avait jamais fait l’histoire de l’enseignement de l’histoire. Alors on a fouillé », explique cet actif retraité, qui a été enseignant au primaire et au secondaire et professeur d’histoire et de didactique à l’UQAM.

Retour aux origines : 1831. Joseph-François Perrault écrit le premier véritable manuel d’histoire. Écrit ? Plutôt copié, soutient Michel Allard. En y regardant de plus près, il constate que des pans entiers du bouquin sont un calque des écrits de l’historien jésuite Pierre-François-Xavier de Charlevoix (XVIIIe siècle) et du Britannique d’origine William Smith, historien et juge en chef du Conseil législatif du Bas-Canada (début XIXe). Ce dernier fait évidemment une interprétation très favorable de la Conquête de 1760 et est très élogieux à l’endroit des Britanniques, qui auraient fait preuve d’une « sage conduite » envers le peuple franco-catholique canadien. « L’interprétation de l’histoire qui a eu longtemps cours est donc celle de Perrault, qui a copié un Britannique », explique M. Allard.

Cette interprétation de l’histoire qu’Allard qualifie de « bonententiste », parce qu’elle évite d’attiser les conflits, domine ainsi jusqu’à ce François-Xavier Garneau, premier historien canadien, publie ses propres écrits, beaucoup plus nuancés et sous-tendus par un nationalisme canadien-français, après le rapport Durham de 1839. Yvan Lamonde rappelle néanmoins l’instrumentalisation à laquelle s’est livrée l’Église et des pressions qui se sont exercées sur Garneau pour que son « histoire » tienne compte du clergé.

Selon le chercheur et spécialiste de l’histoire des manuels scolaires, Paul Aubin, également coauteur de L’histoire nationale à l’école québécoise, la confrontation entre deux visions de l’enseignement de l’histoire naît autour des années 1940, lorsqu’André Laurendeau, homme de lettres et ancien rédacteur en chef du Devoir, lance le débat : Peut-on concevoir un manuel d’histoire unique pour l’ensemble du Canada ? « Jusque-là, on avait des débats pédagogiques sur l’enseignement de l’histoire, comme “faut-il donner de l’importance à la mémorisation?”, etc. Mais là, on va avoir le premier débat idéologique. »

Écoles de Montréal et de Laval

Durant la deuxième moitié du XXe siècle, deux écoles vont s’affronter. D’un côté, l’École de Montréal, notamment portée par les historiens laïques Maurice Séguin, Michel Brunet et Guy Frégault, qui poussent davantage les idées d’origine de Garneau et qui font une interprétation plutôt nationaliste de l’histoire du Québec, sans doute en réaction à l’interprétation « bonententiste » qui avait longtemps dominé. « C’était une école que Léon Dion [politologue] qualifiait de nationaliste pessimiste parce que ces gens accordaient beaucoup d’importance au côté tragique de la Conquête », dit Yvan Lamonde. Ce sont des disciples dissidents du chanoine Lionel Groulx, qui, dans la première moitié du XXe siècle, avait implanté l’idée d’un nationalisme plus traditionnel, basé notamment sur la foi et la langue.

De l’autre, l’École de Laval (comme l’université du même nom), où l’abbé Arthur Maheux prend la tête de l’Institut d’histoire à la fin des années 1940, propose une interprétation qui met en relief les points de « bonne entente » avec le Canada, afin d’éviter des frictions historiques. Ces idées seront défendues notamment par les historiens eux aussi laïques Marcel Trudel, Fernand Ouellet et Jean Hamelin et prédomineront durant la Révolution tranquille et après. « Ils faisaient une nouvelle histoire économique et une nouvelle histoire sociale. On est à la fin des années 1950, l’Université Laval fait beaucoup d’histoire ouvrière et du mouvement syndical », rappelle Yvan Lamonde.

Tranquillement, ces deux visions se cristallisent et permettent de comprendre les conflits qui surviennent encore aujourd’hui. Avec toutes les nuances qui s’imposent, la Coalition pour l’histoire hérite de la vision nationaliste de l’École de Montréal, dénonçant un certain impérialisme de l’histoire sociale au Québec, associé aux baby-boomers, et qui a dominé dans les années 1960 à 1980, note M. Lamonde. Voilà pourquoi leur réaction d’opposition de la Coalition a été si forte en 2006, lors de la réforme du programme d’histoire au secondaire, où le ministère liait pour la première fois l’enseignement de l’histoire nationale à l’éducation de la citoyenneté. Cette tentative a été perçue comme cherchant « à mettre sous le boisseau la question nationale », constatent les quatre auteurs de L’histoire nationale à l’école québécoise.

Une société distincte

Cette fois, avec un gouvernement péquiste au pouvoir favorable à une lecture plus politique de l’histoire nationale, les positions de la Coalition ont la part belle. Même s’il comprend pourquoi, Yvan Lamonde ne peut s’empêcher de trouver « un peu ridicule » que le débat sur l’enseignement de l’histoire reprenne à chaque changement de gouvernement. Le litige n’est pas près de se régler.

Car pour lui, le fait qu’on remette sans cesse en question le contenu des programmes n’est pas le problème des seuls historiens, mais de la société québécoise entière. « Chacun est confronté avec le fait qu’il y a des noeuds, des questions non résolues. La Conquête en est un, les Rébellions en sont un autre et la Révolution tranquille aussi », avance-t-il. « À partir du moment où on n’a pas de consensus autour de l’interprétation et de la place à donner à ces événements, on reste dans l’ambivalence. »

L’histoire est toujours instrumentalisée aux profits des élites en place ou des courants de pensée dominants, insiste M. Lamonde. Les historiens en sont les interprètes. Le problème n’est pas propre au Québec. Partout dans le monde, y compris au Canada anglais, l’enseignement de l’histoire fait débat.

« Mais comment se fait-il qu’au Québec, selon les gouvernements en place, il y ait toujours un rééquilibrage ? C’est particulier que les vents tournent autant. Surtout dans une société dont la devise est Je me souviens. On se souvient de quoi ? On ne le sait pas », note-t-il. « C’est drôle que la mémoire soit aussi fluctuante et qu’on ne soit jamais capable de trouver une façon d’enseigner le programme d’histoire qui soit respectueuse de toutes les visions. En ce sens, on est peut-être une société distincte », conclut l’historien.

La position de la Coalition pour l’histoire: Revalorisation de l’enseignement de l’histoire du Québec – Une action légitime, nécessaire et urgente

Pour comprendre où commence la polémique actuelle sur l’enseignement de l’histoire, voir ici su ce blogue: Une histoire qui évacue ceux qui l’ont faite.

BLx

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Non mais, n’avez-vous jamais vu de porno?

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Plus tôt cette semaine, alors que nous revenions du Musée des Beaux Arts, nous avions un petit creux. Nous nous sommes donc arrêté dans un Subway du Plateau. Nous y consultâmes le journal Métro. Un article a retenu notre attention. Cet article traitait de la violence sexuelle causée par le visionnement de la pornographie chez les adolescents de notre génération. Ce papier disait grosso modo que nous, les hommes, étions des bêtes avides de sexe et de futurs prédateurs sexuels. Et vous mesdames, n‘avez-vous jamais eu peur de nous?

Il est vrai que dans la vulgaire opinion du commun, la libido masculine est omniprésente comparativement à celle des femmes. Cependant, par expérience, nous pouvons TOUS affirmer que cela est bien faux. Évidemment, certaines personnes sont plus « horny » que d’autres, et cela ne dépend non pas de la quantité abusive de pornographie que l’on visionne, mais bien du type de personne que l’on est. Toute la nature de l’enjeu est là. Selon Kant, l’homme est doté d’une insociable sociabilité, ce qui le pousse, fondamentalement, à s’exclure, seul, bel et bien seul, pour regarder ces vidéos proscrites. Nous avons donc une propension vers la pornographie, une attirance à la chose sexuelle. C’est bien le seul instinct qui nous reste de notre passé bestial. Le philosophe prussien, lui-même devant s’enrouler dans ses couvertures pour ne pas faillir à la tentation, a tout à fait raison lorsqu’il affirme que nous sommes pire que les bêtes. En réalité, nous transformons notre instinct primitif en quelque chose de grand, de puissant, bref, de deinos! En effet, les nombreuses pratiques sexuelles humaines ne sont pas apparues subitement avec sa diffusion facilitée, comme par Internet, elles remontent aux balbutiements de l’homme. Ce qui est « merveilleux », c’est la capacité de l’homme à transformer cet instinct trivial en plaisir. D’un autre côté, ce qui peut en inquiéter quelques-uns, c’est comment l’homme retire son plaisir de la chose. La domination, le bondage (séquestration), l’humiliation, le sadomasochisme sont toutes des pratiques nées du plaisir de l’instinct. Est-ce que cela a un quelconque rapport avec la pornographie? Évidemment! Mais la conception doit en être inversée, dans le sens où la pornographie répond à un besoin. Elle ne crée pas de pratiques sexuelles, elle en est l’image.

« Non mais tsé, c’pas vrai que c’est en 1980 à Los Angeles dans un studio de films de cul qu’on été inventé les Golden showers criss! »

L’homme peut, certes, être influencé par la pornographie, mais ne doit-il pas déjà y avoir une certaine attirance pour les pratiques sexuelles plus radicales afin de s’y adonner? La pornographie n’est que le reflet de nos propres fantasmes, la visionner ne pourrait être que bénéfique, car elle entraîne un effet de catharsis. Au lieu de mettre en pratique nos fantasmes, parfois irréalisables, il nous est permis, grâce à la porno, de les assouvir. À la base, pour consulter des vidéos qui peuvent être, disons le, malaisantes, l’individu doit être interpellé par ce type de visionnement.

En conclusion, nous croyons qu’il est totalement faux de penser que le visionnement de pornographie influence les faits et gestes sexuelles. C’est définitivement plus profond que cela, ça relève de la psychanalyse. « L’idée que la disposition à la perversion n’est pas quelque chose de rare et de particulier, mais une partie de la constitution dite normale ». (Sigmund Freud)

« Bin là côliss! C’est accessible aussi, genre y’a autant de traités philosophiques sur Internet pis l’monde vont pas les voir, l’monde aime ça le cul… » 

Nicolas Handfield et Samuel Landry

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Le RIN, 50 ans plus tard

Un colloque commémore la fondation du Rassemblement pour l’indépendance nationale le 3 mars 1963

Jean-François Nadeau, Le Devoir, 2/03/13

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C’était il y a un demi-siècle. Le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) devenait un parti politique. Pierre Bourgault, Marcel Chaput et André D’Allemagne ne sont plus là pour témoigner des premières heures de ce groupe de pression devenu parti.
Pour commémorer la fondation du parti le 3 mars 1963, un colloque : « L’influence du RIN sur l’évolution politique du Québec ». Ce sont surtout des universitaires, étudiants et professeurs, de même que d’anciens militants de la base du parti qui se sont retrouvés à discuter sous une toile sombre représentant Ludger Duvernay, dans un salon de la Société Saint-Jean-Baptiste.
Pour le politologue Denis Monière, le RIN constitue le premier parti politique québécois de masse et un des principaux facteurs de la politisation des Québécois dans les années 1960. « Le RIN est un parti qui n’existe pas strictement pour les élections, ce qui est une première chez nous. La base est importante. Les militants sont très actifs. On organise des manifestations, on s’intéresse à la vie intellectuelle et économique des membres. On les forme. En France, le Parti socialiste propose un modèle semblable. »De nouveaux intérêtsLe RIN s’intéresse à la condition des ouvriers et à la gestion des ressources naturelles. Il s’oppose aux armes atomiques et à la peine de mort. L’Indépendance, le journal du parti, en parle abondamment sous la plume notamment de Lysiane Gagnon, de Jacques Renaud, de Guy Sanche (oui, Bobino !), de Paul Chamberland, de Jacques Guay, de Claude Jasmin ou de Gil Courtemanche.

L’organisation du parti intègre des femmes à ses structures. On défend le mode de scrutin proportionnel. Les modèles viennent des luttes internationales, de groupes qui cherchent à s’affirmer : les Noirs américains, les Portoricains, les mouvements d’émancipation de tous les damnés de la terre.

« La dimension internationale est très forte au RIN, explique Denis Monière. La lutte des Noirs américains inspire notamment un sit-in, le 24 juin 1964 à la Place Ville-Marie, contre la politique du Canadien National qui refuse un congé payé aux Canadiens français. » La réalité nationale est envisagée sous le concept de la décolonisation qu’élaborent les oeuvres de Jacques Berque, d’Albert Memmi, de Frantz Fanon ou de Jean-Paul Sartre. L’esthétisme même du matériel publicitaire du RIN témoigne d’un nouveau type d’engagement en politique.

Une école politique

Le RIN offre à ses membres plusieurs grandes soirées, notamment au Forum. Vont chanter, parler et jouer pour le parti des artistes aussi différents que Gilles Vigneault, Muriel Millard, André Gagnon, Claude Léveillée ou Joël Denis. Il y aura aussi un ciné-club politique ainsi que la possibilité d’assister à de vrais cours de formation politique. Dans ces programmes de formation politique, on note que l’écrivain Hubert Aquin propose une leçon sur la fin de l’Empire austro-hongrois. La place d’Aquin au sein du RIN a été soulignée au cours de ce colloque par Nino Gabrielli. De son côté, Pierre Bourgault offre aux militants du RIN une formation sur « l’indépendance et l’esprit républicain ». Le professeur Maurice Séguin les entretient pour sa part de l’histoire de l’idée d’indépendance au Québec.

Sous l’impulsion d’Andrée Ferretti, les cours du RIN prennent une forte tangente vers la « propagande parlée et la propagande par l’action ». Toujours énergique, Andrée Ferretti témoignait d’ailleurs en avant-midi dans le cadre de ce colloque dont les actes seront publiés prochainement, assurent les organisateurs.

René Lévesque, qui ne s’entendait guère avec Pierre Bourgault, le président du RIN, aurait souhaité que ce parti ne se saborde pas en 1968 pour faire place au seul Parti québécois. « Lévesque souhaitait, et je l’ai entendu le dire, qu’un parti indépendantiste plus à gauche existe en marge du Parti québécois. Cela lui aurait permis, sur le plan électoral, de s’assurer de toujours avoir l’air du modéré. C’était le calcul stratégique de Lévesque. »

Électrisant

Louis Denoncourt, ancien candidat du RIN dans la circonscription de Laviolette, plus jeune candidat du parti en 1966, regrettait d’avoir entendu beaucoup de jeunes universitaires s’en remettre essentiellement aux écrits des intellectuels du parti pour établir son histoire et sa pensée. « Ils sont allés chercher des textes des gens d’en haut dans le parti. À la base, on n’entendait jamais parler de dissensions. Comme d’autres, j’organisais des assemblées de cuisine. On formait des gens. On manifestait. On ne perdait pas de temps à se chicaner ! C’était la réalisation de l’indépendance qui nous occupait et nous préoccupait. Avec seulement cinq cennes, on faisait des miracles. Vous savez, lorsque Pierre Bourgault venait parler, il était tellement populaire… Il était électrisant. Il politisait des gens qui ne l’étaient pas du tout. Ah oui, il était électrisant ! »

Fondé le 10 septembre 1960 comme groupe de pression et d’éducation politique, le RIN se transforme en parti sous la pression de ses membres. Ce sont eux qui le financent et qui le font vivre, observe Claude Cardinal dans sa contribution au colloque.

En 1960, les membres fondateurs du RIN ne sont qu’une vingtaine lorsqu’ils se réunissent pour une première fois à Morin Heights, dans les Laurentides. Trois ans plus tard, le parti tient des assemblées un peu partout et fait salle comble dès lors que des orateurs comme Marcel Chaput ou Pierre Bourgault y prennent la parole. Le parti comptera plus de 4000 membres en règle lors des élections de 1966, alors que son président, Pierre Bourgault, passe bien près d’être élu dans la circonscription de Duplessis, sur la Côte-Nord.

Au fond de la salle, le sociologue Guy Rocher écoute les échanges avec attention. « Je suis ici pour deux raisons, me dit-il à l’oreille. D’abord parce que ma femme et son frère, Jean Depocas, sont au nombre des fondateurs du RIN. Ensuite, pour nourrir mon espoir indépendantiste. »

BLx

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