Archives mensuelles : septembre 2012

Glossaire pour tirer au clair les discours universitaires

À mon entrée à l’Université, à l’âge de dix-neuf ans, j’avais encore l’esprit philistin; je ne savais m’exprimer que par des discours et une prose parsemés de solécismes et de barbarismes. Heureusement, ce petit carnet noir, communément nommé Glossaire pour tirer au clair les discours universitaires, m’a apporté le viatique nécessaire.

Ce projet est né d’une lubie ayant atteint mon esprit au début de ma formation à l’Université de Montréal; une microsociété qui me paraissait de prime abord hermétique et dont les acteurs s’exprimaient dans une langue qui m’était peu familière, voire incompréhensible par moments. Face à cette réalité dans laquelle je m’étais volontairement immergé, je décidai sans plus tarder de pencher à l’écrit un glossaire dans lequel se retrouveraient les substantifs, épithètes et prédicats qui m’étaient jusqu’alors d’un abord délicat.

Cette période de ma vie étant dédiée à la redécouverte de ma langue maternelle, dont je ne maitrisais, il va sans dire, que partiellement, m’a poussé à explorer les ramifications de la linguistique française, dont la pérégrination à travers le latin classique et le français médiéval. À cet effet, en plus d’intégrer à mon glossaire la définition des termes bizarroïdes lus ou entendus, j’ajoutais, pour chaque nouvelle entrée, une rubrique dédiée à l’étymologie. Qui plus est, pour m’assurer que je comprenais bien le sens parfois plurivoque d’un terme, je faisais appel à un exercice bien connu en mnémotechnique, à savoir la rédaction d’une phrase mnémonique dans laquelle ledit terme pourrait s’employer congrûment.

Lorsque j’ai entamé le projet, il m’arrivait parfois d’intégrer plus de cinq expressions par jour, desquels on peut noter des vocables aussi élémentaires que « ire », « jalon », « mire » et « adéquation ». Cette activité est d’autant plus fascinante d’un point de vue archivistique, car chaque trouvaille possède sa propre historicité. En ce sens, il m’est possible de vous indiquer que le vocable « ire » a été trouvé dans un article de presse écrite, que le terme « jalon » provient du discours d’un chargé de cours, que le mot « mire » m’a été dévoilé par mon frère aîné et que le substantif « adéquation » a été utilisé par un professeur à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information.

Après maintenant plus de dix mois de rédaction, l’élargissement de mon vocabulaire qui en a résulté, autant à l’écrit qu’à l’oral, est éloquent. Ainsi, en plus d’avoir acquis un niveau langagier plus élevé que la rudimentaire littératie, ce petit carnet m’a permis de répudier l’ignorance au profit de la connaissance.

Hugo Vaillancourt Chapdelaine

1 commentaire

Classé dans Uncategorized

Poésie, Sandwichs et autres Soirs qui penchent

Montréal, le 22 septembre 2012

Poésie

Poésie

Poésie et soir qui penche

Poésie

Poésie

Poésie

Poésie et danse

Poésie et soir qui penche

Poésie et danse

Poésie et danse

Poésie

Poésie

Poésie

Party

Et les sandwichs…

POÉSIE, SANDWICHS ET AUTRES SOIRS QUI PENCHENT. Une production ATTITUDE LOCOMOTIVE, présentée dans le cadre  du 18è FESTIVAL INTERNATIONAL DE LITTÉRATURE (FIL)
BLx

Ode à l’ennemi

Pas de pitié
les pauvres ouistitis
pourriront dans leur jus
Pas de pitié
le dos de la morue
ne sera pas ménagé
Cycle
Un tricycle
à ongle de pasteur
va jeter sa gourme
sur les autels de nos présidences
Pas de pitié !
Mourez
vils carnivores
Mourez
cochons de crosseurs de fréchets de cochons d’huile de cochons de caïmans de ronfleurs de calices de cochons de rhubarbes de ciboires d’hosties de bordels de putains de saints-sacrements d’hosties de bordels de putains de folles herbes de tabernacles de calices de putains de cochons
Le petit doigt
fera merveille
dans le fessier
de l’abesse
Baisse
tes culottes
Nous ne sommes plus
des garçons
prévenants
Pas de pitié !
Les aubes ridubonlantes
crèvent et crèvent
l’odeur pâle
des maisons en chaleur
La dame
au doigt de porcelaine
se masturbe
sur les aines
de ma cravate
blasphémeuse
L’ouïe
Le rot des cochers
Le diame-dame
luit
sur les parchemins de stupre
Les dos cadencés
protègent
les prunes puînées
Les prés
Les possédants
La puce de la mère supérieure
Le clos
des gens
ardents
La vedette râpe
son sperme
de femme
Oulllllll – Hahiya-diad-loup !
La loupe freinée
provoque
la diarrhée des sédentaires
Pas de pitié
Mourez chiens de gueux
Mourez baveurs de lanternes
Crossez fumier de bourgeois !
La lèpre
oscille
dans vos cheveux
pourris
Crossez vos banalités
Sucez vos filles !
Pas de pitié
Mourez
dans votre gueuse d’insignifiance
Pétez
Roulez
Crossez
Chiez
Bandez
Mourez
Puez
Vous êtes des incolores
Pas de pitié !

Claude Gauvreau, État Mixte, 1951

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

15 HERTZ, Sylvain Bouthillette

Galerie Trois points, jusqu’au 6 octobre

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

« Charlie Hebdo » publie de nouvelles caricatures de Mahomet

L’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo consacre la une de son édition du 19 septembre aux manifestations qui agitent le monde musulman depuis une semaine. Avec le ton qui lui est propre, le journal publie de nouvelles caricatures de Mahomet, dont certaines – en quatrième de couverture surtout – mettent en scène le prophète musulman dans des positions particulièrement osées. Une publication qui inquiète le ministère de l’intérieur, dans un contexte particulièrement tendu.

La radio RTL affirme en effet que « le numéro de Charlie à paraître mercredi est sur le bureau du ministre Manuel Valls depuis la mi-journée ». Pour éviter tout incident, le ministre de l’intérieur a décidé de renforcer la sécurité autour des locaux de l’hebdomadaire. Mais tous les membres du gouvernement ne se sont pas montrés aussi solidaires. Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, en visite au Caire, a même « condamné » ces caricatures, affirmant sur iTélé être « contre les provocations en cette période hostile ».

Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a dit pour sa part sa « désapprobation face à tout excès » « dans le contexte actuel » et appelé à « l’esprit de responsabilité de chacun ».  « La liberté d’expression constitue l’un des principes fondamentaux de notre république. Cette liberté s’exerce dans le cadre de la loi et sous le contrôle des tribunaux, dès lors qu’ils sont saisis », rappelle aussi Jean-Marc Ayrault.

Le premier ministre souligne enfin l’existence en France du « principe de laïcité qui est, avec les valeurs de tolérance et de respect des convictions religieuses, au cœur de [son] pacte républicain ».

« NE PAS JETER DE L’HUILE SUR LE FEU »

Interrogé par l’AFP, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a lancé un « appel au calme ». Il a déclaré « apprendre avec beaucoup d’étonnement, de tristesse et d’inquiétude une publication qui risque d’exacerber l’indignation générale du monde musulman ». « J’appelle à ne pas verser de l’huile sur le feu », a-t-il lancé.

« Mais je regrette que l’incitation à la haine religieuse ne soit pas réprimée par la loi comme l’est l’incitation à la haine raciale. Nous avions fait appel au tribunal d’instance de Paris, après les caricatures qu’avait publiées Charlie Hebdo en 2006, mais notre plainte n’avait pas été retenue. »

Le recteur de la Grande Mosquée estime qu’un tel interdit « pouvait donner un coup de frein à l’exacerbation que risque de provoquer la publication de nouvelles caricatures, après la diffusion de la vidéo sur le Prophète qui est à l’origine de l’indignation générale du monde musulman ».

« D’ores et déjà, j’incite au calme, à la paix, mais je suis très inquiet devant les débordements qui risquent de se produire samedi, lors des manifestations dans plusieurs villes de France pour protester contre la diffusion du film Innocence of Muslims ».

De son côté, si Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM) s’est dit « profondément attaché à la liberté d’expression », il a exprimé néanmoins « sa profonde inquiétude face à cet acte irresponsable qui, dans un contexte très tendu, risque d’exacerber les tensions et de provoquer des réactions préjudiciables ».

« Rien ne peut justifier l’insulte et l’incitation à la haine », souligne le président du CFCM, qui « lance un appel pressant aux musulmans de France à ne pas céder à la provocation » et les « exhorte à exprimer leur indignation dans la sérénité avec des moyens légaux ».

Après avoir observé que Charlie Hebdo « n’est pas à sa première provocation », le président de l’observatoire de l’islamophobie Abdallah Zekri a estimé que l’hebdomadaire « aurait mieux fait de ne pas publier ces caricatures insultantes dans une situation déjà tendue ». « Mais, a regretté M. Zekri, il a privilégié ses intérêts commerciaux car il mise sur une augmentation de ses ventes. »

CHARB SE JUSTIFIE

Le directeur de la publication de Charlie Hebdo, Charb, a reconnu au micro de RTL que les nouvelles caricatures pouvaient faire « polémique ». Mais le journaliste s’est justifié en expliquant que « si on commence à se poser la question de savoir si on a le droit de dessiner ou pas Mahomet, si c’est dangereux ou pas de le faire, la question d’après ça va être ‘est-ce qu’on peut représenter des musulmans dans le journal ?’, puis la question d’après ça va être ‘est-ce qu’on peut représenter des êtres humains dans le journal ?’, etc., et à la fin on ne représentera plus rien, et la poignée d’extrémistes qui s’agitent dans le monde et en France aura gagné ».

L’an dernier, les locaux de Charlie Hebdo avaient déjà été incendiés après la publication de caricatures de Mahomet. Charb est d’ailleurs toujours sous protection policière depuis cette affaire.

Source: Le Monde, 18/09/2012

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Liza Lacroix à Soho

http://lizalacroix.tumblr.com/

http://www.facebook.com/CandamillInc

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Je parle français/ I speak English

Vivre and let vivre

Je parle français.

I speak English.

J’aime parler français. C’est la langue que j’ai apprise en premier. La langue de ma famille, de quelques-uns de mes ancêtres (les autres, c’était des Indiens d’Amérique), la langue dans laquelle je travaille, dans laquelle je vis, dans laquelle je dis « Je t’aime » quand je le ressens vraiment.

I also learned English because, well… the whole fucking world speaks it (!) and I didn’t want to look like « Huh? » on trips to Old Orchard Beach. And let’s face it. What’s better than a good movie in its original version? Dubbing can suck balls. Big balls. That being said, learning another language is fun, mind opening and fucking useful when you need to take a piss in the middle of Oakland.

Je n’ai pas perdu mon français parce que je me suis mise à apprendre l’anglais.

And I didn’t suddenly become a « Canada lover freak » because I spoke some English to get myself out of trouble or to get some jokes on my own.

Nous vivons dans un état français entouré de puissances anglophones. C’est normal de vouloir protéger ses acquis, ses fondements. C’est normal de vouloir protéger sa langue.

Mais protéger quelque chose, ça ne veut pas dire ANÉANTIR ce qu’il y a autour. Je n’ai jamais entendu un dentiste dire : « Votre molaire est mal en point. Pour la protéger, on va vous arracher les 4 dents qui l’encerclent. »

So why the hell some people are … I don’t know… afraid?

Yes. Afraid.

Afraid of Quebec finally wanting to be what it should? A nice little country where we speak strong French, and where other beautiful cultures can blossom.

On a élu Pauline. En quoi ça veut dire ANGLAIS = CACA ? Pourquoi anglophones et francophones se sentent-ils autant menacés les uns par les autres. On n’est quand même pas en 1750, viarge. J’ai pourtant lu des affaires atroces sur le net dans les deux derniers jours.

“I give this bitch a month before someone with better aim comes forth and does what must be done.”

-An idiot

That idiot said that! About Pauline! Not in his diary. On the Internet. Which is, by the way, the most fucking public thing in the world.

J’ai lu des affaires du genre « Pauline est une nazie, une terroriste ». Que la loi 101 mènerait à un holocauste.

Mais dans quel calice de cauchemar je me suis réveillée moé? En quoi protéger le français annihile le reste?

C’est quoi cette manie de se sentir constamment menacé? Et là, sortez-moi pas vos cours d’histoire. Je la connais votre chanson. Aussi étrange que ça puisse paraître, je suis allée à l’école longtemps. Alors oui, je connais le passé. Mais là, je parle de maintenant. De demain. Pouvons-nous juste vivre? Passer à autre chose? C’est bien plate les Plaines d’Abraham, parce qu’on a perdu pis toute, mais pouvons-nous juste vivre ensemble maintenant? Rangez vos mousquets, crisse.

You’re an anglophone and you hate frenchies? WHY DO YOU STAY? Please leave. Ontario or Alberta will be happy to welcome you. If you don’t hate frenchies enough to leave, please stay. We’d be happy to keep you. But stop thinking we want you to die, damn it. We don’t. Pauline doesn’t either. All we want is mutual respect.

Tu es francophone et t’arrives pas à te faire servir en français à Montréal? Exige-le. T’as le droit de le faire. T’es chez vous. C’est comme demander au monde d’enlever leurs bottes quand ils rentrent chez vous. Ça se fait poliment. De façon courtoise et civilisée. J’te jure, ton arme de poing pas enregistrée est inutile. Juste un sourire et un s’il vous plaît. Tout ce qu’on obtient avec du respect, c’est plus de respect.

You don’t speak French? It’s allright, my lad. Take ALL THE TIME YOU NEED to learn some words. You will find it very useful when you will need to take a piss in the middle of Roberval.

Tu ne comprends pas l’anglais? Pas grave, buddy. Copie-colle tout ça dans Google Translate. Apprends. Petit à petit. De fil en aiguille, tu vas bonifier ton vocabulaire et tu vas voir que Les Griffin, c’est drôle en tabarnak en anglais. Ce jour-là, quand tu vas rire les jokes en version originale, l’anglais ne te fera plus chier dans tes culottes.

La haine. Quel drôle de feeling. Pas drôle dans le sens « haha ». Drôle dans le sens « j’comprends pas ».

Hate comes from fear. Fear comes from ignorance.

Si collectivement, nous étions moins ignorants, on s’haïrait certainement moins.

Moi, j’suis partante pour essayer. Essayer d’être moins ignorante.

Who’s with me?

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Le journalisme de données: un exemple de mathématisation du réel

Le journalisme de données, ou l’art de faire parler les chiffres

Trois questions sur un genre journalistique en pleine mutation

Fabien Deglise, Le Devoir, 10/09/12

Le journalisme de données – ou l’art de faire parler les chiffres et les statistiques au nom du public à l’information – n’est pas né de la dernière pluie de données en format électronique, qui s’intensifie au rythme de la numérisation des activités humaines. Genre longtemps dans la marge, apprécié surtout des journalistes un peu geek qui aimaient affronter des piles de papier et entrer à la main des chiffres dans des feuilles de tableurs, ce type de journalisme trouve toutefois un deuxième souffle aujourd’hui, porté par la masse d’information en format binaire désormais générée chaque jour tant par les gouvernements et les services publics que par les humains eux-mêmes socialisant par ordinateurs et tablettes interposés.

La semaine dernière à Montréal, avec une conférence intitulée Data, récits et Cie, le groupe de recherche sur les médias, la technologie et la culture, Media@McGill, en collaboration avec Radio-Canada, a tenu salon sur le sujet pour réfléchir à haute voix sur les espoirs, l’avenir et les contraintes de ce genre en mutation. Panorama des discussions en trois questions.

Qu’est-ce que le journalisme de données ?

Appelé data journalism du côté du New York Times ou The Guardian de Londres, qui explorent sérieusement le genre depuis quelques années, le journalisme de données consiste en grande partie à croiser des bases de données dans le but de documenter le présent, et ce, en dressant des portraits inédits de l’activité humaine. Il vise également à creuser dans les masses gigantesques de données produites chaque jour pour aller au-delà de la complexité de ces bases et rendre intelligible à un grand nombre les informations qu’elles contiennent.

Des exemples ? The Gazette a récemment présenté en ligne une carte interactive de Montréal sur laquelle il est possible de voir les endroits de la métropole où il s’est produit, entre 2006 et 2010, le plus grand nombre d’accidents impliquant des cyclistes et des véhicules motorisés. Le projet repose sur la géolocalisation des 3742 rapports d’accidents détenus par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Ailleurs, le journalisme de données a fait naître sur le papier numérique de La Presse une carte permettant de voir pour qui votre voisinage a voté à l’avant-dernier scrutin provincial. Pour arriver à ce résultat, le quotidien a inscrit dans l’espace géographique les résultats électoraux par bureau de vote pour faire apparaître sur une carte les couleurs politiques par quartier.

En Allemagne, le projet OpenDataCity a développé une application permettant de suivre à la trace les retards des trains de l’ensemble du réseau allemand, pour mieux les dénoncer, s’entend. Dans un autre registre, ce type de journalisme a donné forme le printemps dernier à une ligne du temps (ggi.xkr.ca) permettant de suivre la chronologie de ce que l’on a appelé le « printemps érable » par l’entremise des contenus numériques produits par les citoyens en lien avec cette crise sociale.

Les contraintes du journalisme de données ?

Même s’il trouve son énergie dans des masses infinitésimales d’information, le journalisme de données, lui, doit composer avec beaucoup de limites. La première est certainement l’accès aux bases de données des organismes publics, mais également leur peu de diversité. L’ouverture de ces données, qui s’est amorcée dans les dernières années sous la pression de groupes de programmeurs, comme Montréal Ouvert et Québec Ouvert et du mouvement mondial de l’« open data », comme on dit en Ontario, est encore timide.

La qualité inégale de ses bases de données et leur format varié posent également problème ou compliquent le travail des personnes chargées de manipuler ces données pour les rendre plus claires. Au-delà de la matière première, le journalisme de données doit également composer avec des contraintes organisationnelles dans les salles de rédaction où cette forme hybride de journalisme vient un peu bouleverser les structures traditionnelles. Le genre fait intervenir en effet une nouvelle composante dans le processus de production de l’information : un programmeur. Pis, résume Jonathan Stray, adepte du genre et membre de l’Overview Project, il fait entrer dans ces salles une nouvelle logique de travail par équipe multidisciplinaire devant mettre en symbiose un journaliste, ce programmeur et un graphiste pour orchestrer la visualisation des informations extraites. Le journalisme de données s’inscrit aussi dans une autre temporalité. Plusieurs jours ou semaines sont parfois nécessaires pour obtenir une réponse à une question. Parfois, des heures de programmation peuvent ne mener nulle part, et les détenteurs de cordons de la bourse dans les entreprises de presse ne sont généralement pas très chauds à cette idée.

L’avenir du journalisme de données ?

L’avenir est prometteur, estiment les artisans de cette mutation, mais les promesses viennent toutefois avec des conditions. En effet, pour le moment, les bases de données les plus accessibles permettent surtout d’explorer des champs de la connaissance qui alimentent ce que l’on appelle le journalisme de service : recenser les restaurants qui n’ont pas passé les inspections sanitaires, géolocaliser des zones à risques pour les cyclistes ou les piétons dans une ville, géolocaliser les politiques municipales d’arrosage, l’état des patinoires en hiver, la qualité de l’eau dans les piscines publiques…

Or, pour acquérir ses lettres de noblesse, le journalisme de données, en format 2.0, va devoir de plus en plus s’aventurer dans d’autres sphères comme celles du journalisme politique, social ou économique. C’est un peu d’ailleurs ce que cherche à faire Québec Ouvert en lançant dans quelques jours son premier « hacketon » sur le thème « luttons contre la corruption ». L’événement vise à trouver dans les bases de données des façons de déceler la corruption et, du coup, de l’enrayer. Pour faciliter l’extension des territoires d’exploration, les journalistes devraient également commencer à faire part collectivement aux institutions publiques de leurs besoins en matière de données, comme cela s’est fait en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne, mais également, croit M. Stray, à formuler des questions en regardant des bases de données, questions qui, à l’instar du journalisme classique, sont également – et forcément – le point de départ du journalisme de données.

2 Commentaires

Classé dans Uncategorized

Inch’Allah

Inch’Allah, le dernier film d’Anaïs Barbeau-Lavalette

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

«Rapailler l’homme», un film sur Gaston Miron

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Un anglo parle aux francos

Bonjour,

Mon nom est Josh et, je l’avoue, je suis anglophone.
En fait, je suis assez typique pour un anglo montréalais ; je suis Juif.

Comme la plupart des Juifs ici, je suis allé à une école protestante, parce que, à cette époque, les écoles catholiques nous voulaient pas vraiment de nous.

J’ai donc passé tous les matins de mon enfance à apprendre les chansons traditionnelles chrétiennes –que seul les Juifs de Montréal chantent, comme Jesus loves me, this I know, for the Bible tells me so et Onward Christian Soldiers.

Malheureusement, pendant que j’apprenais tous ces hymnes protestants, je n’ai pas appris beaucoup de français. Les écoles anglaises du Québec n’enseignaient pas bien cette langue dans ma jeunesse.

À l’école secondaire, mon prof de français était Mme Schwartz. Elle m’a appris le français trois heures par semaine avec un accent anglais du West End – qui provenait en partie de Paris et en partie du centre commercial Cavendish. Mais mon français devenait incompréhensible dès que j’allais à l’est de la Charcuterie Schwartz.

J’ai grandi sur une rue de Montréal qui s’appelait Deleppy. À 15 ans, j’ai appris qu’elle se nommait plutôt De L’épée. Je l’ai découvert lorsque j’ai pris un taxi pour la première fois et que le chauffeur (un francophone) est passé deux fois sous le panneau indiquant le nom de ma rue sans la trouver.

Après l’école secondaire, j’ai déménagé au centre-ville de Montréal, où j’ai finalement commencé à comprendre comment notre ville fonctionnait. Je vivais dans un quartier plein de francophones, près de « Gene Manz » Street… apparemment un cousin anglais de Jeanne Mance, le nom utilisé par tous les francophones que j’ai rencontrés. (Même chose pour Pine Avenue, que les francophones appelaient Avenue Des Pins.)

Lentement, j’ai appris à m’adapter, à mieux parler français et à vivre dans cette ville francophone pleine d’anglophones, d’allophones, de xylophones !

J’ai travaillé en français, j’ai flirté en français, j’ai même voté pour René Lévesque en 1976, pour booster le pouvoir du français.

Par la suite, ma femme (aussi anglophone) et moi avons envoyé notre fils dans des écoles francophones durant huit ans. Au début, il parlait d’ailleurs une langue bâtarde où apparaissaient des phrases comme : « Dad, I want a collation . »

Aujourd’hui encore, il pense que « dépanneur » est un mot standard en anglais, partout Canada, comme « métro » et « autoroute ».

Notre but était de s’assurer qu’il parle français beaucoup mieux que moi. Et nous avons réussi. À 16 ans, il est bilingue et totalement gêné d’entendre mon accent anglo d’avant-la-loi-101, qui me fait prononcer ‘Longay’ au lieu du Longueuil.

Et je pense que mon histoire est typique de beaucoup d’entre nous. La communauté autour de moi a changé et s’est énormément adaptée en 30 ans.

Nos grands-parents et leurs ancêtres ne parlaient pas du tout français ; ils étaient trop occupés par leur lutte quotidienne pour survivre.

Maintenant, presque tous les anglophones envoient leurs enfants en immersion ou à l’école française. Et beaucoup de ces enfants ont l’accent québécois d’un bûcheron et la sophistication d’un sommelier.

« Dad, passe-moé le Grand Cru Château Dépanneur 2004, s’il te plaît. »

De plus en plus, ils marient des francophones et élèvent leurs enfants en français, comme le révèle le sondage de L’actualité, dans son numéro en kiosque ce vendredi.

Nous sommes aussi de plus en plus nombreux à lire La Presse et L’actualité. Nous regardons presque tous le hockey sur RDS, depuis que CBC a commencé à favoriser les Leafs de Toronto. Personnellement, je suis un fan de Di Stasio et Désautels, entre autres.

Pour emprunter une blague d’Yvon Deschamps: « On ne peut plus se moquer de nos anglophones, ils sont devenues  bilingues! Ils nous comprennent. »

Cela dit, il semble que nous ne connaissons pas Normand Brathwaite, Véronique Cloutier, ni de nombreuses autres vedettes francophones sur lesquelles L’actualité nous a testés. Même moi, je ne connais pas vraiment Marie-Mai. Mais bon, je ne connais pas non plus 99 % des jeunes chanteurs pop canadiens-anglais.

Comme la plupart des anglos, je regarde la télévision américaine. Posez-nous des questions sur Charlie Rose, Larry David et des shows comme Modern Family ou  Downton Abbey – une fabuleuse série dramatique sur PBS, que tout le monde regarde, ici et sur le reste du continent.

Je suis désolé que la plupart d’entre nous ne connaissent pas le nom du maire de la ville de Québec, mais nous ne connaissons pas le maire de Toronto non plus !

Oui, beaucoup d’entre nous sont solidaires avec les rêves et les peurs du Québec francophone, mais, comme L’actualité l’a découvert, beaucoup sont tout simplement fatigués de la politique québécoise.

La chose importante, c’est que 80% des anglophones disent qu’ils se définissent comme Québécois dans le sondage, une affirmation que nous n’aurions jamais faite il y a même une décennie. (Et c’est même plus que le nombre de personnes qui s’identifient comme Ontariens chez nos voisins).

Nous, anglos, avons choisi de rester ici alors que des centaines de milliers d’autres sont partis (bien que leurs enfants aient été nombreux à revenir étudier et vivre ici parce que leur ville natale leur manquait).

Nous, anglos, aimons Montréal, alors que trop de francophones l’abandonnent pour la banlieue. Peut-être que nous avons besoin d’un nouvelle Loi «301», qui empêche les francophones de quitter l’Île, afin de s’assurer que Montréal reste francophone ?

Comme de nombreux anglos, j’ai essayé de vivre ailleurs, mais ma ville m’a toujours manqué. J’ai trouvé Ottawa trop prudente, alors que Toronto se réveillait trop tôt et que Vancouver ne se réveillait pas du tout.

Je suis Montréalais dans mon sang. C’est une ville que j’aime beaucoup ; une ville totalement imprévisible, chaotique et plus vibrantes qu’aucune autres au Canada.

C’est une ville tolérante, parfois frustrante, mais  toujours amusante.

C’est un grand laboratoire où la langue française et la langue anglaise se mélangent comme dans aucune autre ville sur la planète. Un endroit où le stand-up comic Sugar Sammy peut faire un show où se mêlent l’anglais et le français et vendre plus de 30 000 billets.

Non, les anglos et les francos ne se mélangent pas assez dans leur vie personnelle… Cela va prendre du temps.

Si on se fie au sondage, 80 % d’entre nous n’ont jamais eu une vraie conversation avec un francophone. Mais là encore, comme le Québec est francophone à 80 %, ça signifie que seulement 4% des francophones ont eu une vraie conversation avec un anglophone.

À qui la faute? À personne, à mon avis.

Traverser les cultures est un business difficile partout dans le monde et seulement une minorité de gens peuvent réussir à le faire.

Le point important pour moi, c’est que les choses s’améliorent rapidement ici au Québec ; notre communauté anglophone évolue plus rapidement que beaucoup d’habitants du monde occidental.

Le Québec est un lieu fascinant et il nous a rendus, nous les anglophones, plus intéressants aussi. Je pense que, à l’image de mon voyage de la rue Deleppy à la rue De L’Épée, notre communauté a parcouru un long chemin au cours des années.

Mais c’est un voyage qui vient de commencer, et il faut que nous fassions tous preuve de patience, de générosité et d’empathie pour l’aider. Avec ça, je crois qu’on pourra construire une communauté anglophone forte dans un Québec francophone fort, un endroit où les deux solitudes ne feront qu’un.

Mon nom est Josh et, je l’avoue, je suis toujours anglophone.

À la prochaine !

Source: L’actualité.com/ Le blogue de Josh Freed

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Un Anglo réprimande les Anglos

Message d’Urbania: Nous avons vu passer ce message sur Facebook et nous avons contacté son auteure pour lui offrir de le partager sur notre blogue. Son message va comme suit…

As an Anglophone, primarily, I am APPALED by the amount of HATE I have been seeing these past few weeks. I’ve actually seen people say THEY ARE SAD that Pauline Marois was not assassinated tonight.Let me inform your West Island brain; you live in an Anglophone community, you WILL NOT be evacuated in the next few weeks. The West Island will remain as it is because Politics do not work that way.

IT IS A MINORITY GOVERNMENT MEANING they need people to agree with them AND besides, what will really change in your little anglo world? Bigger writing in French for “CENTRE COMMERCIAL FAIRVIEW”?

If you cared at all about the political life of your province you would see that in the past few years QUEBEC has voted more and more for progressive/leftist parties, MEANING: Social housings, women`s rights, taxation of large companies, generic (cheaper) prescription drugs and more rights for the poor. WE ARE QUEBEC. You were BORN/CHOSE TO LIVE HERE and are very lucky to live in the most progressive province in Canada.

But guess what? Canada has not helped you in any way. Stephen Harper is a fucking asshole that will fuck you over and over again in the name of profit. Be mad at your parents and your adult selves for not choosing to learn the French language in a French province. HOW IS THIS NEW?!?! This has been a FRENCH province for YEARS. Now YOU as an ADULT will perhaps realize that in order to live somewhere where the primary language is French YOU SHOULD LEARN IT. It is a dying language in Canada and your inability to understand why francophone want to preserve it IS RACIST.

Think of the change we can demonstrate to the world by letting go of our NEO-LIBERAL leaders. Sure I did not vote for the PQ but I am in every way a separatist because no matter how “BEAUTIFUL” Canada is, borders are imaginary and as long as one of them is willing to understand how FUCKED UP this country is, I will support its separation hoping for a LEFTIST party that will truly make an example of true human right.

FUCK, YOU MAKE ME ASHAMED TO BE AN ANGLOPHONE IN QUEBEC.

Source: Urbania.ca
BLx

2 Commentaires

Classé dans Uncategorized

VICTOIRE!

Hommages et félicitations aux étudiants qui ont mené une lutte historique grâce à laquelle «Nous sommes arrivés à ce qui commence».http://www.facebook.com/bloquonslahausse

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Attentat contre la première ministre au Métropolis

Un homme armé a tué une personne et en a blessé une autre grièvement lors du discours de victoire de la nouvelle première ministre du Québec, Pauline Marois, dans la nuit de mardi à mercredi, au Métropolis. La Presse, 5/09/12

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Aujourd’hui je vote!

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

De la justice

Court métrage documentaire présentant une série de réflexions sur la judiciarisation à partir du conflit étudiant québécois. Étudiants, professeurs, avocat et juriste témoignent des effets à court et à long terme de ce phénomène inquiétant sur la société québécoise.

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized